4 avril 2008
Seuls Le Havre et Marseille devraient conserver leurs écoles nationales de la marine marchande. Celles de Saint-Malo et Nantes sont menacées de fermeture.Le secrétaire d'Etat aux Transports Dominique Bussereau a annoncé mardi soir aux armateurs français qu'il allait renationaliser les écoles de la marine marchande et réduire leur nombre de quatre à deux (lire Le Télégramme d'hier). Conséquence : les établissements de Saint-Malo et Nantes vont être rayés de la carte. « Ce serait la fin de l'histoire et de la culture maritimes en Bretagne, la fin de notre sensibilité collective », s'insurge le président de la Région Jean-Yves Le Drian, très remonté contre la décision du secrétaire d'Etat aux transports. Dès février, celui-ci s'était rendu à Saint-Malo où il avait tiré la sonnette d'alarme : les préconisations des armateurs portaient déjà sur deux écoles nationales au Havre et à Marseille.
« Une claqueà la maritimité »
Cette décision aurait pour conséquence de priver la Bretagne, premier bassin d'emplois maritimes, de tout établissement de formation d'officiers. « C'est une claque à la maritimité bretonne », tempête le président de la région. « Ça l'est d'autant plus que les marins bretons forment la moitié des inscrits maritimes, et que nous avons quatre lycées spécialisés. »La renationalisation des écoles mettrait aussi un terme au processus de régionalisation engagé par la loi de 2004, mais resté en panne depuis lors faute de décrets d'application. Quoique englué dans on ne sait quel bourbier politico-administratif, ce transfert annoncé avait conduit le conseil régional à investir dans l'établissement de Saint-Malo dont la propriété lui semblait promise. Il a ainsi contribué pour 310.000 euros au financement du simulateur-machine et du centre de formation à la sécurité et au sauvetage.
Un patrimoine de valeur
Pour l'Etat, cette affaire est tout bénéfice. En fermant l'établissement malouin, il compte bien sûr réduire ses dépenses de fonctionnement. Et en remettant la main sur le grand bâtiment de pierre, perché sur les remparts face à la mer, il se garde un joli patrimoine immobilier. Au prix du mètre carré dans la cité corsaire, ça vaut une petite fortune. « Je n'insisterai pas sur le sujet, mais il y a lieu de penser qu'il pourrait y avoir une opération immobilière là-dessous », commente Jean-Yves Le Drian, amer. Dès hier, le président de la région a sollicité un entretien avec Dominique Bussereau, auquel il va demander de geler l'application des décisions qu'il vient d'annoncer. Il compte que ce moratoire lui permettra de préparer la défense de l'école malouine. Une défense qu'il a déjà anticipée, en confiant à un cabinet spécialisé la recherche de pistes alternatives pour sauver l'établissement. « Le contenu de cette étude devrait pouvoir être présenté à la fin de ce mois », annonce le président de région.
Sur internet
L'école de Saint-Malo : www.hydrosaintmalo.frL'école de Nantes :www.hydro-nantes.org
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