21 mars 2008
Les violences au Tibet n'ont pas le même retentissement à Pékin que chez les pro-tibétains. Les causes du conflit restent encore floues. Faute de pourparlers entre les deux camps, le recours à la force semble inévitable.
Mouvement incontrôlable
Les images tournées par un caméraman militaire chinois ne confortent pas tout à fait cette version. La première manifestation, à Lhassa le 10 mars, a commencé de façon pacifique. Pour une raison inconnue, une échauffourée s'est produite entre la police et quelques moines. Les plus âgés d'entre eux ont tenté sans succès de calmer leurs cadets. A partir de ce moment, Lhassa s'est enflammée et les premières victimes semblent avoir été effectivement des Chinois Han. Ce sont leurs boutiques qui ont été incendiées au cours des premières vingt-quatre heures. Dès lors, le mouvement, nourri par un ressentiment accumulé depuis des décennies, est devenu incontrôlable. Les appels à la retenue du dalaï lama lui-même n'ont plus été entendus par ses jeunes partisans tandis que les autorités chinoises, obéissant à leurs vieux réflexes, faisaient évacuer les touristes et interdisaient les lieux à la presse étrangère.
Pourparlers impossibles
Dès lors, tout était imaginable et on n'aura pas avant très longtemps un compte rendu objectif de ces évènements.Ce qu'ils ont révélé, en tout cas, c'est la raison pour laquelle les pourparlers n'ont jamais pu s'engager entre le gouvernement chinois et le gouvernement tibétain en exil.Les manifestations de protestation contre l'occupation ont largement débordé de la Région autonome du Tibet. Elles se sont produites dans quatre autres provinces voisines, le Sechuan, le Qinghaï, le Yunnan et le Gansu.
Nouvel appel du dalaï lama
Si 1,3 million de Tibétains résident dans la Région autonome, il y en a 1,5 million à l'extérieur des frontières de celle-ci. Et le dalaï lama entend que le sort de l'ensemble de ses compatriotes soit traité dans le cadre des négociations qu'il vient, à nouveau, de proposer d'ouvrir avec les dirigeants communistes.Inutile de dire que l'idée de redessiner les frontières des provinces chinoises pour permettre au chef spirituel des Tibétains de revenir à Lhassa n'enthousiasme personne dans l'équipe dirigeante de Pékin. Et que, donc, la solution de force apparaît comme la seule issue.
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