19 mars 2008
La course contre la montre s'est poursuivie, hier, pour tenter de récupérer le fioul lourd déversé accidentellement, dimanche, dans l'estuaire de la Loire.À la suite d'une rupture de canalisation, dimanche, au cours du chargement en « fioul soute » du pétrolier l'Ocean Quest, à la raffinerie Total de Donges (44), 400 tonnes de cet hydrocarbure particulièrement toxique se sont échappées dans la Loire (Le Télégramme d'hier). Cette pollution (300 t sur les berges de la Loire, 100 t dans l'estuaire ligérien) a des répercussions en raison, non pas de sa taille, « mais de la zone humide qu'elle touche. Cet estuaire est fragile, indispensable et magnifique », a notamment déclaré Jean-Louis Borloo, ministre de l'Écologie, lors de sa venue sur le site, lundi. Un estuaire d'ailleurs classé Natura 2000.Le nettoyage des berges a commencé lundi avec l'ouverture de plusieurs chantiers de dépollution au nord et au sud de la Loire. L'objectif est d'enlever le maximum de produits polluants, afin qu'ils ne soient pas repris par les marées, risquant de souiller d'autres zones du littoral. Ainsi, 50 t solides et 100 t liquides ont été ramassées, lundi et hier, sur le site de Donges. Hier, des barrages flottants ont été installés pour protéger les prises d'eau de la centrale de Cordemais, tout comme l'un des principaux étiers alimentant les marais salants de Guérande. Le baliseur Charles-Babin a été réquisitionné pour poser des barrages flottants afin de protéger une zone humide particulièrement sensible, La Percée du Carnet. D'autres barrages vont être mis en place pour défendre les roselières.
Total prenden charge les coûts
En Loire et à son embouchure, le bâtiment de soutien et d'assistance dépollution (BSAD) Argonaute et une paire de chalutiers remorquent un filet anti-pollution. Ils sont guidés par un hélicoptère de la Sécurité civile.Selon le directeur de la raffinerie, il est encore trop tôt pour connaître les causes de cette rupture. Le groupe Total a fait savoir qu'il s'excusait « auprès des riverains et des collectivités touchées par ce déversement accidentel ». La compagnie pétrolière confirme « son engagement pris auprès des communes de prendre en charge les coûts de nettoyage liés à cette pollution ». Un temps de nettoyage difficile à évaluer.
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