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Allogreffe enfant. Brest en sursis ?

19 mars 2008

Le 12 octobre dernier, l'association Céline et Stéphane Leucémie Espoir avait rassemblé 2.500 manifestants à Brest pour défendre la proximité des soins. <br/>Photo archives Eugène Le Droff

Des enfants aujourd'hui soignés à Brest vont peut-être devoir bientôt rejoindre Rennes ou Nantes pour bénéficier du même traitement. Des parents et des associations se battent contre ce projet.Un collectif de parents d'enfants qui ont pu être soignés à Brest ces dernières années rencontre ce matin, le directeur de l'Agence régionale d'hospitalisation de Bretagne (ARH). Leur objectif est d'obtenir le maintien, au CHU de Brest, de deux activités pédiatriques.

Transfertsur Rennes ou Nantes

Les allogreffes et la neurochirurgie pédiatriques sont, en effet, menacées par une réorganisation interrégionale. Les allogreffes consistent à greffer au patient, via une perfusion, la moelle osseuse d'un donneur compatible, pour soigner une leucémie. Un traitement autorisé à Brest depuis 2002 et qui impose un séjour isolé en chambre stérile. Un choc à la tête ou une tumeur au cerveau peuvent nécessiter le recours à la neurochirurgie.Le projet de schéma interrégional d'organisation sanitaire (SIOS) veut regrouper ces activités sur les CHU de Rennes et de Nantes, distants seulement de 100 km, pour toute la population de quatre régions (Bretagne, Pays-de-la-Loire, Poitou-Charentes et Centre).L'association Céline et Stéphane Leucémie Espoir du Finistère a alerté le public en juin dernier sur ce projet qui obligerait les familles à faire 250 ou 300 km pour faire soigner leur enfant. Un comble au moment où le plan cancer veut faire de la proximité de la famille une priorité.

2.500 manifestantsà Brest le 12 octobre

La suite des événements a confirmé les craintes de l'association. En septembre, l'agence nationale de biomédecine livrait un avis positif sur le projet de regroupement à Rennes et Nantes de ces activités. Un avis renouvelé une seconde fois depuis.Le 12 octobre, 2.500 personnes ont manifesté à Brest pour défendre la proximité des soins. Le 13 novembre, les 21 membres du Comité régional d'organisation sanitaire (Cros) ont voté à une très forte majorité pour le maintien des deux activités à Brest. La totalité des députés et sénateurs du Finistère ont réagi d'une seule voix auprès du gouvernement. Malgré tout cela, la machine administrative poursuit son chemin et les derniers échos sont très défavorables à Brest.L'allogreffe concerne heureusement très peu d'enfants. Dans une région comme la Bretagne, dix enfants leucémiques par an auront besoin d'une allogreffe.

15 à 20 familles par an

Le CHU de Brest, depuis 2002, en a réalisé entre deux et cinq par an. Si l'on ajoute les petits patients de neurochirurgie, cela représente entre quinze et vingt familles par an qui devront quitter Brest pour Rennes ou Nantes. Paradoxe, en cas d'urgence, si l'enfant n'est pas transportable, les services brestois auront tout de même la responsabilité de le prendre en charge, a précisé l'ARH en septembre dernier.Comme 40 % des centres d'allogreffes en France, l'hôpital Morvan accueille à la fois des adultes et des enfants. Les 14 chambres stériles récentes ont reçu de l'association Céline et Stéphane, 300.000 € d'équipements : écrans plats, films, ordinateurs pour sortir les patients de leur isolement. Adultes et enfants confondus, le service d'hématologie de Brest effectue entre 20 et 25 allogreffes par an.L'association Céline et Stéphane estime que le CHU de Rennes n'a ni la capacité, ni des conditions d'accueil comparables à celles de Brest. À Rennes, les quatre chambres stériles du service d'hématologie pédiatrique sont situées dans l'hôpital Sud tandis qu'un nouveau service pour adultes de 12 chambres ouvrira en 2009 à Pontchaillou, situé, lui, dans le centre-ville.

Réunion le 1 er avril

La prochaine étape de la procédure administrative sera la réunion, le 1 er avril, des 15 membres de la commission exécutive (Comex) de l'ARH de Bretagne, qui donnera un avis. Ces 15 personnes sont, entre autres, des directeurs d'organismes d'assurance-maladie et des DASS. Deux conseillers régionaux disposent de voix consultatives.« Comme le dossier est sensible, cet avis sera transmis au ministre de la Santé et à la Direction de l'hospitalisation et de l'organisation des soins avant la décision finale qui sera prise par les quatre ARH de l'interrégions », précise l'agence bretonne.

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