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Morbihan

Éoliennes de Dinéault. A l'arrêt et bientôt clôturées

15 mars 2008

Par son arrêté municipal, le maire de Dinéault interrompt, une nouvelle fois, le fonctionnement des quatre éoliennes installées sur sa commune. <br/>Photo archives Le Télégramme

L'éolienne folle de Dinéault (29) pourrait bien créer un précédent. À la suite de l'incident, le maire de la commune a pris un arrêté obligeant, entre autres, les propriétaires à clôturer le site. Une première.« Il faut raison garder ». Stéphane Poulmar, le porte-parole des industriels bretons de l'éolien, n'accepte pas la décision prise, hier, par le maire de Dinéault. Ce dernier, suite à la frayeur causée en début de semaine dernière par une éolienne emballée en pleine tempête (Le Télégramme de mardi et jeudi), a publié un arrêté municipal pour le moins draconien.Le maire ordonne aux deux propriétaires « de stopper immédiatement l'exploitation des quatre éoliennes installées » et n'autorisera la reprise de la production qu'à deux conditions. D'une part, il demande qu'une expertise indépendante soit réalisée, conformément aux normes européennes en vigueur. De l'autre, il exige que les deux propriétaires procèdent « à la clôture du site à distance raisonnable des éoliennes » et qu'ils « mettent en place des panneaux d'information interdisant l'accès aux tiers ». Ces deux conditions lui auraient été soufflées par les services de la préfecture.

Décision sageou excessive ?

Si Stéphane Poulmar assure « ne pas être opposé à la mise en place de contrôles périodiques », il s'interroge sur la légalité de l'obligation de clôture et plus largement, sur son utilité. « Ça me paraît un peu excessif. L'impact d'une telle mesure serait seulement symbolique. Et franchement pas souhaitable ». De son côté, Éric Ferrec, président de la fédération « Vent de Folie » salue « une sage décision ». Et son compère de l'association des Abers, Bernard Le Borgne, de rappeler que « cela fait longtemps que nous nous battons pour que cette mesure soit appliquée. Je suis content de voir que la préfecture nous a écoutés ».

« Entre trois et cinq foisla hauteur de l'éolienne »

Reste une question concernant la pose de la clôture : qu'entend-on par « distance raisonnable » ? Stéphane Poulmar ne peut imaginer qu'une installation de grillage en limite de propriété.Les anti-éoliens vont plus loin. Pour eux, la clôture doit encercler la zone de risque. « En cas de projection, la distance de sécurité est comprise entre trois et cinq fois la hauteur de l'éolienne », assure Éric Ferrec.Pour les engins de Dinéault mesurant 41,5 mètres de haut, pales comprises, cela voudrait dire poser un grillage à 200 mètres de la structure. Et si l'exploitant n'est pas propriétaire des parcelles limitrophes ? « Il peut louer les terrains voisins et obtenir une autorisation de grillager », avance Bernard Le Borgne. Ce qui deviendrait très, très compliqué.

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