14 mars 2008
Les « caisses sont vides », la croissance faiblit, et l'inflation accentue les crispations : difficile de réunir autant de handicaps pour un seul président ! Alors, et quelle que soit la leçon des municipales, Sarkozy a la ferme intention d'attaquer dans le vif.
Guerre froide planétaire
Entre récession et inflation, la Banque centrale européenne (BCE), elle, reste scotchée sur l'inflation. Pas de baisse des taux européens au programme, ce qui peut s'avérer une faute.En attendant, la BCE se retrouve totalement isolée dans la guerre froide planétaire où tous les pays du bloc dollar, c'est-à-dire la Chine, le Japon et l'Amérique du Sud, se collent à la baisse sur la devise américaine. Les Européens n'ont donc pas d'alliés.
Cerné de toutes parts
Principale conséquence, les exportations souffrent, notre industrie et nos usines sont de plus en plus menacées, et la croissance capote. L'Allemagne est l'exception. Elle continue de cartonner à l'export, contrairement à la France, l'Italie, l'Espagne, notamment.Nicolas Sarkozy, qui prend la présidence de l'Europe au 1 e r juillet, est cerné de toutes parts : le pétrole flambe, l'euro est trop fort, et l'inflation arrive à grandes enjambées, nourrie par la baisse des taux américains. La totale !L'inflation, c'est la tuile de l'hiver. On ne peut plus compter sur la mondialisation pour modérer les prix de l'alimentaire et des matières premières. En France, mais pas seulement en France, les consommateurs sont exaspérés par l'érosion du pouvoir d'achat. Les pressions vont devenir fortes sur les salaires. Monnaie, inflation, valse des prix : Nicolas Sarkozy est face au mur de l'argent.
Une opportunitépolitique
Que faire ? En campagne, François Fillon, Xavier Bertrand, Christine Lagarde ont fermement démenti les assertions socialistes d'une hausse de la CSG, voire de la TVA, d'ici à la fin de l'année. Les comptes publics dévissent car la croissance atteindra péniblement 1,5 %. La Sécu pourrait creuser un trou de douze milliards : la réforme de la protection sociale est donc capitale ! L'ensemble des déficits publics - État et collectivités locales - a de bonnes chances de dépasser la barre des 3 % : à Bruxelles et Berlin, on rappelle aux Français qu'ils doivent vraiment prendre le taureau par les cornes.À Bercy, Eric Woerth gère au plus serré. L'État n'a pas d'argent pour un nouveau soutien à la demande type choc fiscal, par ailleurs très controversé. Pas question non plus d'une rigueur à la Juppé, modèle 95, qui avait mis un million de personnes dans la rue.La crise venue d'Amérique fait mal. Pour Nicolas Sarkozy, elle peut devenir une chance. En tout cas, une opportunité politique pour la conduite du changement que les Français ne peuvent de toute façon plus esquiver.
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