13 mars 2008
Du jamais vu depuis belle lurette : à Brest, Quimper, Concarneau, Quimperlé Landerneau, Châteaulin et même Morlaix (cantonales), il y aura des triangulaires, dimanche. Avec une exception notable : Carhaix...C'est le monde à l'envers. Tout laissait entrevoir une triangulaire à Carhaix au second tour et voilà que la ville, qui a l'art de se distinguer des autres, échappe à la vague des triangulaires urbaines dans le Finistère. À Moëlan-sur-Mer (6.500 habitants), on va même assister à une quadrangulaire puisque quatre listes ont obtenu un score suffisant pour se maintenir au second tour, scénario rarissime.
Volonté d'émancipation
À quoi faut-il attribuer cette prolifération inhabituelle ? À une évidente volonté d'émancipation de certaines formations, lasse du jeu des poids lourds UMP-PS agissant comme un rouleau compresseur sur la diversité électorale. Le MoDem en constitue l'exemple le plus frappant, au point de choisir des accords à géométrie variable qui ne contribuent pas à la lisibilité politique du parti de François Bayrou. Mais à Quimper comme à Brest, c'est clair : il n'y a d'alliance avec personne. Le MoDem brestois se retire de la course, sans consigne ni alliance, et celui de Quimper sera en lice au second tour face au PS (Poignant) et à l'UMP (Ramonet). Les socialistes et leurs alliés boivent du petit-lait.
Brest : voie royale
À Brest, la triangulaire se profilait de longue date, tant les dissensions au sein de la droite semblaient rédhibitoires. Les listes conduites par Laurent Prunier (UMP) et Fortuné Pellicano (Div. droite) font office de rue de Siam et de rue Jean-Jaurès sur le chemin qui conduit François Cuillandre (PS) vers la mairie.Bien plus palpitant s'annonce le duel pour les cantonales entre Reza Salami (PS) et Fortuné Pellicano sur le canton de Brest-centre. Les électeurs de droite vont-ils sacrifier le seul des dix cantons brestois appartenant à leur couleur pour sanctionner le remuant Fortuné Pellicano ? Suspense.
PS : danger à Quimperléet Concarneau
La volonté d'émancipation, elle se manifeste aussi à gauche. Et de façon spectaculaire à Quimperlé où la liste menée par la LCR (Ligue communiste révolutionnaire) a atteint un score-record de 15 %, très directement lié à la situation sociale de ce secteur. En se maintenant, elle fait peser une menace directe sur la municipalité socialiste sortante qui, devant l'urgence de la situation, a même changé de tête de liste entre les deux tours. Idem à Concarneau où une liste de gauche anti-libérale a décidé de se maintenir, menaçant d'une bascule à droite cette ville tenue depuis 1983 par le député-maire PS Gilbert Le Bris qui a décidé de passer le relais. Mais à qui ?
Les Verts se rebiffent
Les Verts, eux aussi, manifestent leur volonté d'émancipation dans deux villes où le climat est parfois tendu avec le PS. À Landerneau, ils maintiennent leur liste au second tour, au grand dam du maire sortant Jean-Pierre Thomin (PS) mais à Morlaix, un accord a finalement été trouvé avec le maire socialiste Michel Le Goff. Il ne porte que sur les municipales et ce dernier va donc devoir affronter une triangulaire, le même jour, pour le renouvellement de son poste de conseiller général puisque les Verts ont décidé de maintenir un candidat. Si on s'en tient à leur score dans le secteur, la partie s'annonce délicate pour le sortant.
Double enjeu à Châteaulin
Dans d'autres villes du département (Guipavas, Ergué-Gabéric, Clohars-Carnoët...), des triangulaires sont également à l'affiche mais on suivra avec attention celle qui va se jouer à Châteaulin où deux sièges sont en jeu. Pendant six ans, Yolande Boyer (PS) n'a pas eu d'opposition, la droite n'ayant pas présenté de liste face à elle. La nature ayant horreur du vide, trois listes de droite sont allées à l'assaut du premier tour. Et, surprise, la liste de Yolande Boyer n'est arrivée qu'en seconde position malgré l'éparpillement des voix de droite. Elle se retrouve, du coup, en situation délicate à l'abord d'un deuxième tour où elle joue gros : son fauteuil de maire et son siège de sénatrice. Une défaite lui barrerait la route à une nouvelle investiture du PS pour les sénatoriales de septembre.
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