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France

Téléphonie fixe. Le boom du net

28 février 2008

Trois opérateurs (Orange, Free, Neuf Cégétel) se partagent 90 % du marché de la téléphonie sur internet.<br/>Photo François Destoc

Alors que la téléphonie mobile est une nouvelle fois dans le collimateur des associations de consommateurs, la téléphonie fixe sur le net fait le bonheur des opérateurs.Combien d'appels aujourd'hui passés vers des numéros commençant par 087 ou 09 ? Des quantités. Normal, 28 % des abonnés de téléphonie fixe, contre 12 % début 2006, ont désormais opté pour la téléphonie par VoIP, autrement dit la téléphonie par internet. Soit dix millions d'abonnements : cinq millions cumulés à une ligne classique et cinq millions pour une ligne IP seule (dégroupage total et ADSL nu). Une véritable explosion du secteur puisqu'il a gagné 4,2 millions d'abonnés en un an (+75,5 %).

Des offres alléchantes

Logiquement, dans le même temps, la téléphonie fixe classique poursuit son déclin avec 700.000 abonnés en moins chaque trimestre, selon l'Arcep, l'autorité de régulation des communications électroniques et des postes (*).Les raisons du succès de la téléphonie sur le net ? Des offres « triple play » alléchantes, couplant le téléphone illimité, en France et parfois sur de multiples destinations, avec internet et télé pour 30 à 40 €/mois en général. Et déjà le « quadruple play » arrive avec la téléphonie mobile par IP en plus.Résultat : un appel sur trois venant d'une ligne fixe passe par internet et les communications vers l'international explosent (+ 36 % en un an).

De plus en plusde réclamations

De l'autre côté du miroir, ce boom coïncide avec une augmentation des recours et contentieux. Dans le dernier rapport de la DGCCRF, la téléphonie et internet décrochent la palme des plaintes des consommateurs (28,11 %) : inexécution totale ou partielle de la prestation (28 %), non prise en compte des demandes de résiliations (17 %), contestation de la facture (12 %) et souscription forcée d'abonnement (5 %). Le gouvernement, avec la loi Chatel du 3 janvier 2008, veut y remédier. Des mesures sont annoncées : amélioration des conditions de sortie des contrats, préavis de résiliations et délais de restitution des avances ramenés à 10 jours, hotlines accessibles via des numéros non-surtaxés...

La téléphonie classiquepas encore condamnée

Malgré cela, est-ce que l'avènement de la téléphonie par IP sonne le glas de la téléphonie classique ? À l'Afutt, l'association française des utilisateurs de télécommunications, on n'y croit pas, « pas à moyen terme ». « C'est trop risqué pour des gens qui doivent être joignables, comme les médecins, par exemple... », explique Christophe Bongars. « Garder une ligne classique est une assurance tant que les délais d'intervention ne réduisent pas. » Ajouté à une population âgée parfois réfractaire et encore 2 % de zones non couvertes par l'ADSL, la téléphonie classique n'est pas encore condamnée.(*) Dans son observatoire des marchés du troisième trimestre 2007 (arcep.fr)

Afutt : 01.47.41.09.11. sur le net, afutt.org

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