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Côtes-d'Armor

Nantes. Ayrault en grand favori

21 février 2008

Aménagements urbains, grands équipements, vie culturelle foisonnante, essor économique et démographique, notoriété de la ville : depuis 19 ans, le courant passe entre Jean-Marc Ayrault et « sa » ville. <br/>Photo Aurélien Douillard

Municipales 2008Les éléphants sont de sortie. Sur l'île de Nantes, l'imposant pachyderme de Royal de Luxe vient de sortir de son hangar. En ville, le chef du contre-gouverne-ment PS mène campagne tambour battant. Serein, Ayrault ? Jamais !Quelques mois après les législatives qu'il a remportées avec 66 % des voix, le député-maire a relancé sa machine à gagner. Une machine bien rodée qui lui a déjà valu douze victoires dont cinq municipales.La 13 e est-elle assurée ? Même si tout le laisse croire, Jean-Marc Ayrault s'est lancé dans la bataille avec la même ardeur qu'en 1977 lorsqu'il a conquis la mairie de Saint-Herblain, à l'âge de 26 ans. Il n'admettra jamais qu'une élection est jouée d'avance : c'est dans sa nature de combattant, c'est sa volonté d'être le mieux élu possible, et c'est sa stratégie de mobilisation populaire. Parce que les 49 % d'abstentions de 2001 ne lui ont pas plu.Lorsqu'il a quitté Saint-Herblain en 1989 pour venir chiper la ville-centre à la droite, cette dernière était fragilisée par six années d'un mandat conservateur, peu communicant et sans éclat.

« La belle endormie »

Jean-Marc Ayrault qui débarquait de sa cité périurbaine auréolé de l'image flatteuse d'un maire bâtisseur, aménageur et animateur, arrivait à point nommé pour secouer « la belle endormie ».Elle n'attendait que ça et s'est donnée dès le premier tour au prince venu la réveiller. Les Nantais voulaient du changement, ils ont été servis ! Aménagements urbains, grands équipements, vie culturelle foisonnante, essor économique, poussée démographique, notoriété de la ville, stature politique du maire : Nantes, caressée dans le sens du poil, se « boboïsait » à plaisir, découvrait les délices de l'orgueil... et remerciait son héros en lui épargnant le ballottage. Ça fait 19 ans que ça dure.

Le carrefour des droites

La droite n'a jamais réussi à aligner de candidat capable d'inquiéter Ayrault. En 1995, l'éphémère ministre Elisabeth Hubert qui prend à la hussarde un RPR nantais dont l'importante frange traditionnelle n'apprécie pas la manière, vole en éclats. L'échec est cuisant. Six ans plus tard, l'UDF Jean-Luc Harousseau fait les frais de la division. Aujourd'hui, c'est aussi une centriste, l'UMP Sophie Jozan qui relève le défi. A-t-elle réuni son camp ? Ce n'est pas gagné, à en juger par sa liste où la « droite des valeurs » façon Boutin brille par son absence. À cela s'ajoute une autre difficulté : le MoDem Benoît Blineau va grignoter au centre une liste UMP qui enthousiasme peu sa droite.De son côté, le candidat PS a su rallier une gauche largement plurielle à laquelle il ne manque que les extrêmes (LCR, LO, PT ont chacun leur liste) et l'artiste « M. Mouch » (Pierre Combarnous pour l'état civil) qui a réuni des acteurs de la vie culturelle.

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