11 février 2008
Les déclarations du chef de l'Eglise anglicane sur la charia ont provoqué un tollé en Grande-Bretagne. Hier, catholiques et sunnites sont entrés dans la controverse.En déclarant, jeudi, que l'adoption de certains aspects de la loi islamique en Grande-Bretagne était « inévitable », le chef de l'Eglise anglicane, Rowan Williams, a provoqué un tollé, même s'il s'est défendu le lendemain d'avoir jamais proposé la création d'un système légal parallèle basé sur la charia (lire notre encadré). Il avait suggéré en effet que les musulmans puissent choisir entre un tribunal islamique et un tribunal civil pour résoudre certaines disputes comme les divorces.
La loi est la mêmepour tous
Rowan Williams a toutefois souligné qu'il n'y avait pas de place pour « les châtiments extrêmes » et la discrimination envers les femmes en Grande-Bretagne.Le gouvernement et l'opposition ont, eux, vivement réagi en rappelant que la loi devait être la même pour tous, mais l'affaire a vite pris une vaste ampleur médiatique et la réaction du public a été massive. Le site internet de la BBC a ainsi reçu quelque 17.000 messages. Et, selon un sondage du Sunday Telegraph, les deux tiers des membres dirigeants de l'Eglise désapprouvent les propos de Rowan Williams.Hier, les catholiques et les sunnites sont, à leur tour, entrés dans la controverse. Cormac Murphy-O'Connor, chef des catholiques d'Angleterre et du pays de Galles - qui sont 4,5 millions - a fermement rejeté les propos de l'archevêque de Canterbury. « Quand les gens viennent dans ce pays ils doivent respecter les lois locales », a-t-il souligné dans une interview au Sunday Telegraph publiée hier. « Les lois de ce pays n'admettent pas les mariages forcés ou la polygamie », a-t-il relevé.
Le dialogue encouragé
Au Caire, un responsable de l'université al-Azhar, autorité reconnue du monde sunnite, a, en revanche, salué la prise de position du chef anglican. Selon cheikh Abdel Fattah Allam, ces propos « encouragent le dialogue entre les cultures et les civilisations dans un cadre de respect mutuel des religions ».
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