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Finistère

Les cafés-concerts la mettent en sourdine

11 janvier 2008

Depuis quelques jours, les cafetiers quimpérois qui organisent des concerts font grise mine. La raison : une lettre de la Direction régionale des affaires culturelles (Drac) reçue récemment qui les invite à acquitter une licence d'entrepreneur de spectacle. S'ils ne le font pas ils sont passibles de cinq mois de fermeture et de 30.000 € d'amende. Bigre !

À l'image de Youenn Manchec, musicien du groupe Boxty, ci-dessus à la flûte, un collectif de musiciens quimpérois proteste contre une directive de la Drac qui complique la vie des cafetiers organisateurs de concerts. (Photo archives Le Télégramme)

Depuis des décennies Quimper offre un plateau assez varié de cafés-concerts. Récemment, les cafetiers amateurs de musique l'ont mise en sourdine après avoir reçu une lettre de la Drac les invitant à prendre une licence d'entrepreneur de spectacle au-delà de six concerts par an. « 450 €, ça n'est pas excessif. Mais pour l'obtenir il faut aussi passer sous les fourches caudines d'une commission spécifique, explique Serge Cabon, auteur-compositeur-interprète qui a pris la tête d'un comité de contestation. Avec à la clé, généralement, de lourds travaux d'isolation que ne peuvent supporter ces petits commerçants ».À Rennes, où le même problème s'est posé il y a quelques mois, un cafetier a joué le jeu. Après avoir investi assez lourdement il s'est entendu dire qu'il ne pouvait recevoir que 18 personnes dans son établissement. « Comment rentabiliser une soirée dans ce cas-là », interroge Youenn Manchec, un des musiciens du groupe Boxty. « Ce qui est fou, c'est que dans le cadre d'une scène ouverte, improvisée, aucune licence ou respect des normes de sécurité ou sonores ne sont exigés ».Depuis que ces missives ont été expédiées, le silence est roi sur les scènes des cafés-concerts quimpérois. « Ça se comprend. Qui va se risquer à organiser quelque chose sachant que l'amende peut atteindre 30.000 €. C'est de la folie », poursuit Serge Cabon.

Une pétitionpour protester

Il y a quelques jours, un collectif de musiciens quimpérois a lancé sur le net une pétition de protestation (*). « Nous avons recueilli plus de 1.800 signatures. Dans les commentaires laissés par les internautes nous avons appris, que dans le pays, il y a réellement deux poids deux mesures, dans la manière d'appliquer la législation ». C'est un fait. À Béziers, par exemple - et nous avons vérifié auprès de responsables de bars-cabarets - une simple déclaration à la Société des auteurs compositeurs éditeurs de musique (Sacem) suffit pour organiser régulièrement des concerts.Pour le collectif de musiciens quimpérois, le coup est rude. « Ça représente un sacré manque à gagner pour nous. On a vraiment le sentiment qu'on fait tout pour laminer les intermittents du spectacle. Beaucoup sont passés au RMI ces derniers mois ». Et Youenn Manchec de montrer une lettre qu'il a reçue récemment de sa caisse de retraite l'incitant vivement à envisager une formation professionnelle. Surprenant non ?* http://lapetition.com numéro 1438.mort annoncée de la musique vivante.

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