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Morbihan

Lycéens en grève. La grande vadrouille

5 décembre 2007

Le bac pro en trois ans, ils n'en veulent pas. Trop court pour apprendre un métier. Alors, les lycéens de Pleyben, Pont-de-Buis et Châteaulin (29) ont décidé de manifester leur mécontentement. Et comme l'union fait la force, ils se sont donné rendez-vous, hier en début d'après-midi, sur le rond-point du Pouillot, en bordure de la cité de l'Aulne.

Partout en Bretagne, des lycéens ont manifesté, hier, pour exprimer leur opposition à la volonté du ministre de l'Éducation nationale, Xavier Darcos, de généraliser le bac professionnel en trois ans, contre quatre actuellement. À Châteaulin (29), quelque 300 lycéens venus de la ville, mais aussi de Pleyben et de Pont-de-Buis, ont défilé, bloquant au passage les automobilistes. (Photo V.L.)

Une manifestation en zone rurale, ça se mérite. Surtout quand on est jeune, lycéen et non-titulaire du permis de conduire. Les élèves de Pleyben et de Pont-de-Buis en ont fait l'expérience, hier. Les premiers ont marché 2 h 30, les seconds à peine moins. Pour aller où ? À Châteaulin, point de rendez-vous des lycéens en colère. Une bien belle balade sur les vieilles routes du pays, encadrée, s'il vous plaît, par des forces de l'ordre reconverties pour l'occasion en accompagnateurs attentifs.« Ils nous ont même proposé de mettre nos sacs dans leur fourgon », avoue un lycéen de Pleyben, tout étonné de découvrir que « les gendarmes aussi peuvent être sympas ».

« Derrière le BEPil y a des élèves »

La journée avait donc plutôt bien commencé, et autant le dire tout de suite, s'est déroulée sans incident majeur.À 13 h 30, quelque 300 lycéens bloquaient le rond-point du Pouillot, à l'entrée de Châteaulin. La raison de leur mobilisation ? « On est là pour dire non au gouvernement et à la réforme Darcos », crie une jeune fille. Son camarade, Jean-Charles, porte-parole du lycée de l'Aulne, approfondit : « Derrière le BEP, il y a des élèves. Des élèves qui ont besoin de temps pour progresser, pour apprendre un métier. Là, on veut supprimer une année d'enseignement et, en plus, le diplôme du BEP. Notre formation va être dévalorisée. Je ne manifeste pas pour moi, j'arrive en fin de cursus, mais pour ceux qui viennent après ».Ce message, les lycéens l'ont répété par petits groupes aux automobilistes bloqués, souvent réceptifs, parfois irrités. Comme cet homme d'une cinquantaine d'années, « convoqué à Quimper à 15 h 30 », qui ne peut se permettre d'attendre. Rien de bien grave.Quelques secondes plus tard, il sera relâché sur demande des forces de l'ordre. « On est un peu là pour ménager la chèvre et le chou, pour éviter tout énervement », explique le capitaine Bernard Tadier, responsable de la quarantaine de gendarmes présents sur le site.

Passe ton bac d'abord !

Mission accomplie. Le blocus a été levé à la tombée de la nuit sans que personne n'ait perdu son calme. Une certaine proximité s'est même installée entre les élèves et leurs chaperons. « Deux gars de BEP m'ont posé des questions sur mon métier », raconte un représentant des forces de l'ordre, persuadé de les avoir convaincus. On les retrouvera, peut-être, sur les bancs de l'école de gendarmerie. Dans quatre ans... ou trois, si la réforme Darcos est appliquée. Car bientôt, même pour devenir gendarme, le bac sera exigé. En tout cas, c'est dans les tuyaux.

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