30 octobre 2007
Le moral des gendarmes n'est pas au mieux. Deux rapports internes dans le Gers et en Bretagne en font état. Pour le Finistère, les écrits sont accablants. Salaires, heures et charges de travail, comparaison avec les policiers... Un constat sans concession qui épingle à tout va.
« Cela fait six mois que le malaise est perceptible », confiait hier le colonel Philippe Henry, un commandant du groupement du Finistère qui assume pleinement ce rapport moral guère brillant.Et encore, ce dernier a été rédigé avant la divulgation, la semaine dernière, d'une éventuelle suppression de 8.000 à 10.000 emplois de policiers et de gendarmes et la disparition de la moitié des brigades de gendarmerie.Depuis deux ans, date du dernier bilan en Finistère, l'officier estime que le moral s'est fortement dégradé. Pire, il annonce une aggravation dans les douze prochains mois.
« Le plus pour ceuxqui en font le moins »
« La crise de confiance dans l'institution est assez forte, écrit-il. Les militaires estiment manquer tout à la fois de reconnaissance et de considération.Personne n'est épargné jusqu'au sommet de la hiérarchie. Il est à craindre une reprise de la contestation ouverte si aucune mesure concrète n'est annoncée à l'issue ».Alors que révèle le bilan des dires de ses 860 hommes au képi ? D'abord un sentiment d'injustice vis-à-vis de la police. « Les policiers voient une partie de leurs heures supplémentaires payées quand il est estimé que les militaires peuvent bien attendre un rattrapage (...) Les gendarmes prennent conscience que finalement, accepter de servir l'Etat en consacrant plus de temps que leurs homologues policiers à la mission, ne leur rapporte rien puisqu'ils passent systématiquement après ceux qui ont un pouvoir de nuisance sociale ». Les syndicats de police apprécieront.
Déçus du gouvernement
La deuxième pique est toute aussi acerbe : « Travailler plus pour gagner plus est en contradiction flagrante avec la réalité des heures exercées par les gendarmes par rapport aux policiers : ceux qui gagnent le plus en sécurité publique sont ceux qui en font le moins ». Le gouvernement essuie également les plâtres. Les gendarmes se montreraient particulièrement déçus des premières prises de position, du discours du ministre de la Défense à la nouvelle grille indiciaire sur le long terme. Stigmatisant une charge de travail croissante et un niveau de vie en baisse. « L'impression d'être corvéable à merci domine partout ».La Justice en prend aussi pour son grade : « Les militaires ont la conviction qu'il leur est demandé de plus en plus de travail pour permettre aux autres administrations et à la Justice, engluées dans les 35 heures, de fonctionner ».Rapport complet sur notre site internet www.letelegramme.com
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