• LeTélégramme.com

Pontivy

TVA à 5,5%. Baisse des prix ou augmentation de salaire ?

29 avril 2009

Le 1erjuillet prochain, la TVA dans la restauration devrait passer de 19,6% à 5,5%. Si cette mesure est bien accueillie par les commerçants pontivyens, les réactions divergent quant à l'application de cette baisse.

  • Le café fait partie des produits concernés par la baisse des prix en compensation de l'instauration de la TVA à 5,5%.
  • Elle était désirée depuis longtemps déjà! À partir du 1erjuillet prochain, elle sera effective. Dans deux mois en effet, la TVA appliquée par les restaurateurs va passer de 19,6% à 5,5%. C'est en tout cas ce qu'a annoncé hier, le secrétaire d'État au Commerce Hervé Novelli, à l'issue des états généraux de la restauration. En contrepartie, les représentants syndicaux devraient s'engager «à baisser de 11,8% les prix de certains produits comme le café, l'eau minérale ou le plat du jour, et à créer 40.000 emplois». C'est bien évidemment avec une joie non dissimulée que Rachel Bouillon a accueilli cette nouvelle, hier midi. Il est vrai que la patronne de l'Auberge des Forges a été une ardente militante de la TVA à 5,5%. Depuis le début du mois de janvier, elle en avait même fait un argument commercial en proposant, chaque lundi, un repas à 5,5 €.

    Baisse du prix des menus pour certains...

    «Dès le 1erjuillet, je vais répercuter cette baisse, affirmait-elle. Le menu, entrée-plat-dessert avec le café, que je propose aujourd'hui à 11 €, passera donc à 10 €». Patron du restaurant Martin, Philippe Guitton, affirme lui aussi vouloir répercuter cette baisse. «Le menu affiché aujourd'hui à 9,80 € devrait diminuer d'un euro», assure-t-il tout en s'interrogeant sur la réelle efficacité de cette mesure. «Nous sommes déjà nombreux à faire des efforts sur les prix, et je ne sais pas si cela permettra de faire venir le client. Car aujourd'hui, c'est surtout avec la baisse de la fréquentation que nous devons composer», explique-t-il. Les dégâts collatéraux de la crise économique et financière, Denis Le Mouëllic, patron du restaurant Le Cul de Poule, doit, lui aussi, les assumer. Et il reste plutôt dubitatif sur les engagements d'embauches affichés par les représentants syndicaux de la profession. «Ça passe d'abord par la reprise économique et une augmentation du nombre de clients, assure-t-il. Tant qu'il n'y aura pas de nécessité à employer quelqu'un, les employeurs n'embaucheront pas».

    Revalorisation des salaires pour d'autres

    À défaut d'embaucher, certains souhaitent toutefois privilégier le personnel existant. «Je préfère augmenter mes salariés que baisser le prix des consommations», affirme Christophe Jaffredo, le patron du bar Le Plaza. Pour lui, pas question donc de baisser le prix du petit noir au comptoir. «Nous subissons annuellement deux augmentations sur les produits que nous achetons, précise-t-il. Nous ne les répercutons pas forcément puisque depuis deux ans, je n'ai pas changé mes prix». Pour Jean-Luc Le Moing, patron du bar Le Rivoli, le constat apparaît identique. «Les coûts augmentent mais les prix sont depuis deux ans identiques au comptoir», explique-t-il. Comme son voisin de la rue Nationale, il semble plutôt opter pour une augmentation de son personnel plutôt qu'une baisse des prix. Prudent, il souhaite toutefois «en discuter avec ses collègues», avant d'arrêter une position définitive.

    • Dominique Perrot

    © Copyright Le Télégramme 2009