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Saint-Thégonnec

Multisons de Saint-Thégonnec. Pas sur la même longueur d'onde [Video]

26 juin 2009

Le multisons ouvre ses portes ce soir, à 20 h. Mercredi, lors d'une réunion publique, les organisateurs du multisons ont tenté d'apaiser les craintes d'une cinquantaine de riverains. Ces derniers, par moments très remontés, ont laissé échapper leur colère.

  • «Vous nous mettez devant le fait accompli», a protesté la cinquantaine de riverains, mercredi soir, à la salle des associations.
  • Le multisons lâchera ses premiers décibels, ce soir, à 20 h, au lieu-dit Goaz Huon. Cet après-midi, une trentaine de camions devraient investir le champ de quatre hectares. Les organisateurs de l'événement s'affaireront aux dernières mises au point logistiques avec, notamment, le fléchage et la pose de barrières sur le site. Près de 5.000 teufeurs sont attendus jusqu'à dimanche.

    Des débats houleux

    «Nous n'avons rien à cacher et tout à prouver». Mercredi soir, devant une cinquantaine de riverains, les organisateurs ont décidé de jouer la carte de la transparence. En présence du sous-préfet, Jean-Yves Chiaro et du maire, Yvon Abiven, ils ont tenté, pendant près de deux heures, de répondre aux multiples interrogations de la population.

    Les débats se sont déroulés dans une ambiance conflictuelle. Certains riverains n'hésitant pas à remettre en cause la tenue même de la manifestation. «La municipalité, le propriétaire du terrain et la population ne souhaitent pas accueillir cette fête. Alors comment se fait-il que le multisons soit maintenu ? C'est aberrant !», s'est exclamé un habitant de la commune. Visiblement, le principe de réquisition, initié cette semaine par la préfecture du Finistère, a fortement irrité l'audience.

    "Qui paiera les dégâts ?"

    «Vous nous mettez devant le fait accompli. J'ai très peur pour nos cultures et nos vaches. Enfermées, les bêtes risquent de se blesser. Qui paiera les dégâts ?», tempête une agricultrice. Jean-Habib Mimassi, l'organisateur de l'association Techno'Tonomy, tente alors de pacifier les échanges. «Avant le festival, nous procédons à un état des lieux des cultures. Si nous constatons des dégradations après notre passage, nous mettons la main à la poche», assure le jeune Brestois de 26 ans.

    «Je ne suis pas contre la musique électronique mais il serait bon que vous cessiez de vous nomadiser afin de ne pas déranger la population», continue l'agricultrice. C'est le moment que choisit le sous-préfet pour intervenir: «Nous mettons en oeuvre des moyens afin de garantir la sécurité sur le site. Cet encadrement limite considérablement les risques liés à ce genre de rassemblement», a tempéré Jean-Yves Chiaro.

    «Nous ne sommes pas des marginaux»

    Touché mais loin d'être abattu en sortant de la réunion, Jean-Habib Mimassi relativise. «À chaque réunion, l'incompréhension est partout la même. Pourtant, nous nous efforçons de gommer l'image négative qui nous colle à la peau depuis de nombreuses années».

    Il poursuit : «Nous ne sommes pas des marginaux, mais des personnes autonomes et responsables. J'invite d'ailleurs les habitants de la commune à venir découvrir notre multisons et, de fait, à se faire une idée plus précise de notre univers». À la place inconfortable du médiateur, le maire, Yvon Abiven, estime «qu'il ne faut pas jouer avec les peurs de la population. La sécurité sera garantie durant le week-end. Le seul problème est le bruit. Je ne connais pas le taux de nuisances que la sonorisation engendrera», avant de conclure avec humour en direction des organisateurs : «J'espère que tout se passera bien et que l'an prochain... vous irez voir ailleurs !».

    • Steven Lecornu

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