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France

Congrès de Versailles. Sarkozy face aux parlementaires

22 juin 2009 à 15h15

Nicolas Sarkozy a annoncé devant le Parlement réuni en Congrès qu'il procèderait mercredi au remaniement du gouvernement. Nicolas Sarkozy, arrivé à 14h51 en voiture en compagnie de son épouse Carla Bruni-Sarkozy, est devenu le premier président depuis 1873 à énoncer son discours devant le Parlement, réuni pour l'occasion en Congrès dans l'aile du Midi du château de Versailles.

  • Pour d&eacute;buter son expos&eacute;, Nicolas Sarkozy&nbsp;a d&eacute;clar&eacute; devant le Congr&egrave;s que la crise &eacute;conomique n'&eacute;tait &quot;pas finie&quot;, ajoutant: &quot;nous ne savons pas quand elle se terminera&quot;. (Photo MaxPPP)<br />
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  • Les déclarations clés du président devant le Congrès de Versailles :


    Remaniement du gouvernement
    Le gouvernement de François Fillon sera remanié mercredi et présentera par ailleurs un «emprunt» pour financer son programme : «Mercredi avec le Premier ministre, nous procéderons à un remaniement du gouvernement», a-t-il annoncé.
     «Son premier travail sera de réfléchir à nos priorités nationales et à la mise en place d'un emprunt pour les financer», a-t-il ajouté, précisant que ces priorités seront fixées avec le Parlement et les partenaires sociaux «dès le 1er juillet».


    Emprunt national
    Création d'un emprunt national "pour financer les priorités du gouvernement".

    Crise économique

    "La crise économique n'es pas finie, nous ne savons pas quand elle se terminera".
    "Tout licencié économique" doit "pouvoir garder son salaire et recevoir une formation pendant un an".

    La Burqa
    "La burqa est un signe «d'asservissement» de la femme et elle ne sera pas la bienvenue sur le territoire de la République française». La burqa «n'est pas un problème religieux», a-t-il estimé, mais «un problème de liberté».


    Droits d'auteurs et Hadopi : "Jusqu'au bout"
     «Comment pourrait-il y avoir dans notre société des zones de non-droit? En défendant le droit d'auteur, je défends l'idée que je me fais de la liberté, de l'avenir de la culture, de la création.Voilà pourquoi j'irai jusqu'au bout».

    Réforme des retraites
    "le temps de la décision" sur la réforme des retraites serait "mi-2010"; "tout sera sur la table", y compris le relèvement de l'âge de départ.

    Egalité sur des "critères sociaux" et "non ethniques"
    "Notre modèle d'intégration ne fonctionne plus" car "au lieu de produire de l'égalité il produit de l'inégalité", "au lieu de produire de la cohésion, il produit du ressentiment. Pour atteindre l'égalité il faudra savoir donner plus à ceux qui ont moins", sans toutefois "rouvrir le débat sur la discrimination positive. Il ne faudra pas le faire sur des critères ethniques contraires à nos principes fondamentaux mais il faut le faire sur des critères sociaux", "ce sera la priorité du prochain gouvernement".

    Pas de politique de rigueur, ni de hausse des impôts après la crise
    Le président a annoncé devant le Congrès qu'il ne mènerait pas "une politique de rigueur" et n'augmenterait "pas les impôts" au moment de la reprise économique.

    Conditions carcérales
    L'état des prisons françaises est "une honte pour la République". "La détention est une épreuve dure, elle ne doit pas être dégradante. Comment espérer réinsérer dans nos sociétés ceux qu'on aura privé pendant des années de toute dignité".

    "L'état de nos prisons, nous le savons tous, est une honte pour notre République, quel que soit par ailleurs le dévouement du personnel pénitentiaire".

    "Nous construirons donc d'autres prisons, nous construirons des places dans les hôpitaux pour les détenus souffrant de troubles psychiatriques, c'est une nécessité pour la liberté de tous. C'est une nécessité morale, ce sera un impératif du prochain gouvernement".


    Réforme des collectivités locales 
    Nicolas Sarkozy souhaite engager la «réduction du nombre des élus régionaux et départementaux». La réforme portera aussi sur les compétences des différentes collectivités.

    Congrès de Versailles. Les réactions

    -Jean-Marc Ayrault (PS) : "Cela fait un peu pschitt et pschitt". "On attendait un discours plus fort, plus ambitieux, plus concret. Il n'était pas au rendez-vous"

    -Martine Aubry (PS) : "Le président de la République laisse les Français seuls face à leurs problèmes et face à la crise", il "n'a fait que leur confirmer que ce sont eux qui payeront la politique d'austérité". 

    -François Chérèque  (CFDT) : Il y a des "contradictions énormes".
    "Le président de la République nous dit 'il ne faut pas transmettre la dette aux futures générations. Mais en même temps, il nous annonce un emprunt supplémentaire qui n'est rien d'autre qu'une
    future dette".

    -Jean-Luc Mélenchon (PS) : "Le président a inauguré son nouveau pouvoir de parole sans réplique en faisant un réquisitoire contre le modèle social républicain". "A mi-mandat, après tant de coupes claires, c'est une nouvelle feuille de route libérale qui est promulguée".

    -Jacques Voisin (CFTC) : "Le président propose une sortie très claire du système capitaliste et on a envie de le prendre au mot". "Il a dit qu'il fallait tirer les leçons de la crise (...) il y a une ambition affichée mais il reste beaucoup de doutes sur les moyens".

    -Claude Bartolone (PS)  : "J'ai l'impression qu'il y avait une impasse faite sur la politique qui était menée depuis la dernière élection présidentielle". "J'ai l'impression d'un très grand écart
    entre ce qu'il a fallu faire pour réunir ce Congrès, un très grand écart entre les politiques qui ont été menées jusqu'à présent et les annonces qui nous sont faites».

    -Cécile Duflot (Les Verts) : "Après l'écoute du discours de Versailles, il est légitime de se demander s'il était nécessaire de bousculer la Constitution et de dépenser près d'un million d'euros pour assister à une compilation d'annonces déjà vues".

    -Xavier Bertrand (UMP) : "C'est un discours particulièrement fort. Ce n'est pas un discours comme les autres. Il prend toute la mesure de la crise et il indique aujourd'hui ce qui est maintenant interdit. Dépenser n'importe comment, c'est interdit. Le statu quo en matière de collectivités territoriales, c'est interdit".

    -Laurent Fabius (PS) : "Le président s'exprime comme s'il n'était pas au pouvoir". "Pas un mot sur les problèmes de justice sociale. J'ai trouvé cela très, très court. J'ai trouvé cela assez faible et décevant".

    -Jean-Claude Mailly (FO) : "Globalement, on voit une contradiction dans le discours entre un rappel des principes et valeurs républicains et ensuite des esquisses de pistes qui vont remettre en cause ces même principes".

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