3 novembre 2009
Cela fait neuf mois qu'Obama est aux commandes des États-Unis. Si le ton du changement a été donné, la lenteur à réformer le pays tient aux nombreuses résistances qui ont vu le jour chez des adversaires plus coriaces que prévu.
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Passera ou passera pas ? La très controversée réforme de l'assurance-santé devrait être adoptée d'ici à la fête de Thanksgiving, à la fin du mois. Mais comme le dit Valerie Jarrett, la conseillère et amie du Président, ce sera bien un «compromis». Oubliées la Sécurité sociale à l'européenne et l'obligation légale pour tous d'être couverts. Un peu plus de 30 millions d'Américains qui n'étaient pas assurés pourront l'être grâce à de nouvelles offres publiques ou privées. La médecine préventive sera réhabilitée, les assureurs privés ne pourront plus augmenter les cotisations de ceux qui s'inscrivent avec une maladie préexistante : «C'est une révolution» et non «une réformette» ne cesse de clamer l'entourage de Barack Obama en commentant les cinq textes de réforme issus du Congrès, et jamais un Président depuis 1945 n'aura signé une loi qui modifie à ce point le paysage de la santé publique aux Etats-Unis.
«Pas assez fort» pour trancher
Mais cette capacité de Barack Obama à mettre en commun les enthousiasmes de ses amis les plus pressants comme les états d'âme de ses partisans les plus frileux, ou les extrémismes de ses pires adversaires, a un peu brouillé son image de grand réformateur. On s'en aperçoit sur le terrain. A Daytona, en Floride, dans une région sévèrement touchée par la crise et où le chômage a depuis longtemps passé la barre des 10%, la militante démocrate Eileen Morrison évoque ainsi ses frustrations de voir son Président «être à l'écoute» mais «pas assez fort» pour trancher et s'imposer. Si elle vante «les capacités intellectuelles remarquables de Barack Obama», par rapport à «l'autisme et aux méthodes de cow-boy» de son prédécesseur George W. Bush, Eileen Morrison souhaite que le Président accélère les réformes «pendant qu'il est encore temps». Cet appel de la base vaut aussi pour d'autres élans ralentis sérieusement par les propres amis de Barack Obama.
C'est l'évidence en ce qui concerne la «Climate Bill» que les élus démocrates des Etats charbonniers veulent affaiblir pour ne pas subir les foudres de leurs électeurs lorsque les centrales thermiques fermeront. C'est flagrant dès que l'on évoque l'imminence de la décision du Président d'envoyer davantage de troupes en Afghanistan, une guerre devenue aussi impopulaire que celle contre l'Irak.
L'étoffe d'un bon Commander in Chief
Malgré tout, Barack Obama, prix Nobel de la paix 2009, reste apprécié. Même si sa cote d'amour a plongé de 20 points depuis son investiture, les Américains disent à travers les sondages qu'il a l'étoffe d'un bon Commander in Chief. Le chroniqueur conservateur George Will concède que l'image des Etats-Unis s'est nettement améliorée dans le monde mais que sur les grands dossiers de l'Iran, de l'Afghanistan, du Proche-Orient ou des relations avec la Russie et la Chine, «aucun progrès tangible n'a été enregistré». Ce à quoi les lieutenants d'Obama répondent en choeur en ce début de semaine-anniversaire : «Il n'est là que depuis neuf mois !»
En neuf mois de présidence, Barack Obama n'a pas encore réglé le lourd problème racial qui pèse sur les Etats-Unis. Les inégalités et le racisme continuent d'être au goût du jour, malgré quelques signaux encourageants.
C'était, et c'est toujours l'un des grands défis d'Obama, et l'un des grands espoirs suscités par son arrivée au pouvoir. Au lendemain de l'élection de Barack Obama, ils étaient 67 % d'américains à penser que ce premier président noir serait à même de trouver une solution aux problèmes de discrimination raciale du pays. Aujourd'hui, ils ne sont plus que 56 %, selon un sondage Gallup.
Pourtant, encore aujourd'hui, la symbolique d'un président noir à la tête de la première puissance mondiale reste importante. Et au-delà de la persistance de nombre d'inégalités, " tout est devenu possible pour la communauté noire", explique Arwin Smallwood, jeune professeur d'histoire afro-américaine à l'université de Memphis, dans une interview au Monde. En témoigne l'élection avec 46 voix d'avance d'un maire afro-américain, James Youg, à Philadelphia, Mississipi (ancien fief du Ku Klux Klan). Et Arwin Smallwood de conclure : "De toute évidence, l'accession du premier Noir à la Maison Blanche inspirera très certainement de nombreux Afro-Américains à se présenter à toutes sortes de fonctions électives. C'est ça l'effet Obama." Une question de temps.
De l'annonce de la fermeture de Guantanamo à la crise automobile américaine, les neuf premiers mois de la présidence d'Obama n'ont pas été de tout repos.
4 novembre 2008. Election de Barack Obama, 47 ans, à la tête des Etats-Unis. Il en devient le 44e président, et surtout le premier président noir.
20 janvier 2009. Investiture de Barack Obama. Il prend alors officiellement ses fonctions, remplaçant George W. Bush.
22 janvier 2009. Première mesure phare : il ordonne la fermeture de la prison de Guantanamo dans un délai d'un an. Un délai qui se révélera difficile à respecter.
17 février 2009. Promulgation d'un plan de relance de 787 milliards de dollars.
27 février 2009. Annonce d'un "retrait progressif des troupes en Afghanistan". Il doit être terminé d'ici fin 2011.
10 mars 2009. Allègement des sanctions économiques contre Cuba.
30 mars 2009. Présentation d'un plan de sauvetage de l'industrie automobile américaine, alors en grande difficultée.
21 mai 2009. Le Congrès refuse de voter l'allocation de 80 millions de dollars visant à financer la fermeture de Guantanamo.
31 mai 2009. Après le dépôt de bilan de General Motors, l'Etat intervient en injectant 30 milliards de dollars dans le constructeur, et en prenant 60 % de son capital.
4 juin 2009. Discours d'Obama au Caire prônant "un nouveau départ" entre l'Amérique et le monde arabo-musulman.
7 juillet 2009. Obama et Medvedev signent un accord visant à réduire 30 % de l'arsenal nucléaire des Etats-Unis et de la Russie.
27 juillet 2009. Lancement de la "prime à la casse" aux Etats-Unis.
6 août 2009. Un sondage révèle une chute de la popularité d'Obama (il est à 50 %).
17 septembre 2009. Abandon du projet de bouclier anti-missile en Europe.
9 octobre 2009. Barack Obama se voit attribuer le prix Nobel de la Paix 2009.
4 novembre 2009. Obama fête les un an de son investiture.
Source : lexpress.fr
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