6 novembre 2008
Barack Obama est devenu cette nuit le premier Noir à accéder à la Maison Blanche et devient le 44e président des Etats-Unis.
"Le changement est arrivé en Amérique," vient de déclarer Barack Obama lors de son premier discours de président élu des Etats-Unis, devant une foule en liesse à Chicago (Illinois, nord).
"Il a fallu longtemps. Mais ce soir, grâce à ce que nous avons accompli aujourd'hui et pendant cette élection, en ce moment historique, le changement est arrivé en Amérique", a affirmé le premier Noir élu à la Maison Blanche, depuis une tribune installée dans l'immense jardin public Grant Park, cerné de gratte-ciels illuminés au bord du lac Michigan.
Un rêve toujours vivant
"Si jamais quelqu'un doute encore que l'Amérique est un endroit où tout est possible, qui se demande si le rêve de nos pères fondateurs est toujours vivant, qui doute encore du pouvoir de notre démocratie, la réponse lui est donnée ce soir", a-t-il fait valoir, devant 65.000 personnes. "C'est votre victoire", a-t-il assuré à ses partisans, réunis en masse pour pour célébrer l'élection du sénateur de l'Illinois à la Maison Blanche.
Retour sur la nuit
Dès 5 heures, heure française, selon les chaînes CBS, CNN, ABC et Fox, M. Obama avait dépassé le seuil de 270 grands électeurs qui l'assure d'entrer à la Maison Blanche. L'annonce simultanée sur les chaînes de télévision a alors provoqué une énorme liesse à Chicago, fief du vainqueur, qui devait prendre la parole devant des dizaines de milliers de partisans enthousiastes.
Historique!
L'élection de M. Obama est historique, dans un pays où les Noirs n'avaient de facto pas accès aux bureaux de vote il y a encore un demi-siècle. "Qui aurait cru qu'un Noir d'une quarantaine d'années, nommé Barack Obama, deviendrait un jour le candidat du parti démocrate?", avait-il lui-même souligné il y a quelques mois. Sa victoire, très attendue dans de nombreux pays, survient après huit ans d'administration Bush, qui a aliéné l'opinion publique étrangère par une politique jugée souvent agressive et unilatérale.
En fonction le 20 janvier
M. Obama, qui entrera en fonction le 20 janvier, va hériter d'une situation économique extrêmement difficile. Les Etats-Unis, au bord de la récession, traversent leur plus grave crise financière depuis celle de 1929. Le pays est engagé dans deux guerres, en Irak et en Afghanistan. Le prochain président qui a fait campagne sur le thème de "l'espoir" et du "changement" va avoir la lourde tâche de relancer l'économie du pays, gérer les guerres d'Irak et d'Afghanistan, composer avec un déficit public proche de 500 milliards de dollars et restaurer l'image ternie du pays à l'étranger.
Des impôts à l'Irak
M. Obama a promis de baisser les impôts pour 95% des salariés, d'engager une politique de grands travaux et de garantir une couverture santé pour tous. Sur le plan international, il a promis de retirer les soldats américains d'Irak "de façon responsable" dans un délai de 16 mois et de concentrer les efforts à la lutte contre Al-Qaïda et les talibans. Il s'est engagé à fermer la prison de Guantanamo.
L'incarnation du rêve
Agé de 47 ans, fils d'un homme noir du Kenya et d'une mère blanche du Kansas, M. Obama se veut l'incarnation du rêve du militant des droits civiques Martin Luther King et est souvent comparé à John Kennedy pour son charisme et l'espoir de changement qu'il a soulevé durant la campagne. Il a mené sa campagne au nom de "l'unité" des Américains et pour restaurer "le rêve américain", brisé selon lui.
Une participation exceptionnelle
La participation a été à la hauteur de cette élection historique. "La participation est phénoménale", a indiqué Jean Jensen, responsable des opérations électorales pour la Virginie, en soulignant que plus de 40% des électeurs enregistrés avaient voté à 10H00 (15H00 GMT). Le Missouri, a également connu une affluence inédite, et l'Ohio était bien parti pour une participation record de 80%, selon le bureau du secrétariat d'Etat. Des experts s'attendaient à ce qu'au moins 130 millions d'Américains se prononcent pour choisir un successeur à l'impopulaire président George W. Bush qui occupe la Maison Blanche depuis huit ans.
Retour à Chicago
Les ultimes sondages publiés hier accordaient à M. Obama une avance de 2 à 11 points au niveau national, lui attribuant au moins 50% d'intentions de vote. Jusqu'au dernier moment, les candidats ont continué à faire campagne. M. Obama s'est ainsi rendu dans l'Indiana (nord) après avoir voté chez lui, à Chicago, avec son épouse et ses deux filles sous l'objectif des caméras de télévision. Il devait prononcer un discours en soirée devant ses partisans réunis dans un grand parc de Chicago.
Avantagé par la crise
Le sénateur de l'Illinois a pris un avantage décisif sur son adversaire républicain John McCain à la faveur de la crise financière. Selon des sondages, les Américains lui faisant davantage confiance sur les dossiers économiques. Il est en outre apparu solide et convaincant lors des trois débats télévisés qui l'ont opposé à John McCain.
Environ 66% des électeurs américains ont participé à l'élection présidentielle de mardi, un record jamais dépassé depuis 1908, selon le site spécialisé indépendant RealClearPolitics.
Le démocrate Barack Obama a remporté une victoire nette mardi, avec 52% des voix contre 47% à son adversaire républicain John McCain, selon des résultats non définitifs. En 1960, le taux de participation pour l'élection de John Fitzgerald Kennedy s'était établi à 63,1%. En 2004, pour la réélection du républicain sortant George W. Bush, la participation avait été de 55,3%.
Le républicain John McCain vient de reconnaitre sa défaite et indique avoir téléphoné à son adversaire démocrate Barack Obama pour le féliciter pour sa victoire à l'élection présidentielle américaine.
Le président George W. Bush vient d'appeler celui qui doit lui succéder, le démocrate Barack Obama, pour le féliciter de sa victoire lors d'une "superbe" soirée électorale.
"Monsieur le président élu, mes félicitations ! Quelle nuit superbe pour vous, votre famille et vos partisans. Laura et moi appelons pour vous féliciter, vous et votre charmante épouse", a dit M. Bush selon sa porte-parole.
"Félicitations"
"Je promets que cette transition se passera en douceur. Vous êtes sur le point d'entreprendre l'un des plus grands voyages de votre vie. Félicitations, je vous souhaite d'y trouver du plaisir", a dit M. Bush, selon Mme Perino. M. Bush a invité M. Obama et sa famille à venir à la Maison Blanche prochainement, a dit Mme Perino.
M. Bush a ensuite appelé l'adversaire malheureux de M. Obama, John McCain. "John, vous avez donné tout ce que vous pouviez. Je suis fier de vous, et je suis désolé que cela n'ait pas marché", a dit M. Bush.
Kogelo, le village kényan de la grand-mère paternelle de Barack Obama, a accueilli aujourd'hui dans la liesse l'élection du sénateur à la présidence américaine, comme le gouvernement kényan qui a immédiatement déclaré un jour férié pour cet évènement "historique".
Embrassades, cris de victoire ont retenti dans l'assistance qui avait suivi sur un écran géant pendant toute la nuit la soirée électorale américaine à Kogelo, village de l'ouest du Kenya situé à une soixantaine de kilomètres de la ville de Kisumu.
"Le sénateur Obama est notre nouveau président. Dieu a répondu à nos prières", commentait un pasteur au milieu de chants d'allégresse d'une chorale. "Cette victoire nous fait vraiment du bien", lançait dans l'assemblée, Roselyne Ayaro, en brandissant un portrait de Barack Obama. "Je suis si heureux. Je n'ai pas dormi de la nuit", s'exclamait en jubilant Joseph Otieno, habitant du village. Avant de prendre le chemin de l'école après une nuit d'émotions et de festivités, les enfants de Kogelo dansaient, le visage empli de joie.
Jour férié
Le président kényan Mwai Kibaki a décrété jeudi journée fériée pour l'élection "historique" de Barack Obama, a annoncé la présidence kényane, quelques minutes après l'annonce de la victoire de M. Obama, précisant que M. Kibaki avait adressé un message de félicitation au président élu. "La victoire du sénateur Obama est la victoire de notre pays, en raison de ses racines, ici au Kenya", a commenté M. Kibaki. Sarah Obama, grand-mère paternelle du nouveau président américain, vit à Kogelo. Elle est la troisième épouse du grand-père de Barack Obama. Aucun lien biologique ne les unit mais le nouveau président la considère comme sa grand-mère. A Nairobi, dès 7h (04h00 GMT), une centaine de personnes se sont rassemblées sur l'esplanade d'un centre de conférence du centre-ville, sautant en groupes et criant "Yes, we can", sur fond de rythmes reggae d'une désormais célébre chanson kényane en faveur de Barack Obama. "Nous disons "baraka !" (bénédiction en langue swahili); il va apporter de la bénédiction et de l'espoir à travers le monde; je me sens très encouragé!", lançait Danson Mwangoto, 44 ans, pasteur.
"Je suis très excité, c'est historique et ça nous rend très fiers !", renchérissait dans un large sourire Luke Seurey, 28 ans, homme d'affaires, qui a voyagé toute la nuit depuis Mombasa pour être à Nairobi au matin. "Pour la première fois, les Américains ont reconnu l'importance des Noirs", selon lui. "Obama a réussi à surmonter tous les obstacles, en particulier sa couleur de peau et le fait qu'il allait à l'encontre de l'establishment politique en Amérique", s'enthousiasmait Victor Adundo, avocat de 24 ans.
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