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Obama élu président des Etats-Unis

L'analyse de notre envoyé spécial aux Etats-Unis, Hubert Coudurier.

6 novembre 2008

La victoire d'Obama était attendue. Nette et sans bavure, contrairement aux "Recount" de l'élection de 2000 en Floride, elle marque la fin d'une époque. Celle de la révolution conservatrice lancée par Ronald Reagan au début des années 80.


Certes, on ne peut occulter le facteur racial qui en fait une élection historique. Pour la première fois, les Etats-Unis portent à la magistrature suprême un afro-américain.
Mais Obama n'aurait pas été élu s'il n'était pas d'abord apparu plus rassurant que McCain, imprévisible et surtout hors-sujet. Concentrant son propos sur la politique étrangère quand les Américains veulent tourner la page de la guerre en Irak et passant à côté des remèdes à apporter à l'explosion de la bulle financière qui ébranle les fondements du système capitaliste.
Récemment, un papier du New-york Times évoquait la film "Devine qui vient diner" avec Sydney Poitier pour bien marquer à quel point cette réalité d'une Amérique WASP (*) appartient désormais au passé.
Quarante ans après, les jeunes noirs sont moins préoccupés par le racisme que par la crise économique et l'émergence de la Chine qui pourrait faire perdre à l'Amérique son statut de super-puissance.
Outre le fait que Bush est accusé d'avoir affaibli l'image de son pays à l'étranger, les Etats-Unis sont conscients de la nécessité de remédier à leurs défaillances en matière d'infrastructures et de couverture sociale. De surcroit, les Républicains sont accusés d'avoir dilapidé les acquis de la présidence Clinton en triplant la dette publique. Il n'empêche, un nouveau plan de stimulation de l'économie d'environ 200 milliarsd de dollars pourrait être annoncé dans les prochains semaines.
C'est dire si l'on redécouvre outre-atlantique, les vertus d'une troisième voie à l'européenne. La nomination de Larry Summers ou de Tim Gaeithner au Trésor est envisagée. Bill Richardson et John Kerry sont sur les rangs pour le poste de secrétaire d'Etat. Comme Susan Rice au Conseil de sécurité et Richard Dantzig à la Défense. Enfin Tom Dashley pourrait être le nouveau secrétaire général de la Maison Blanche.
Une nouvelle ère s'ouvre pour laquelle Barack Obama devra préciser ses odtrines dans de nombreux domaines. Mais en dépit d'un certain flou notamment sur l'ouverture des négociations avec l'Iran, l'hommme est professionnel, déterminé. Ce ne sera pas un nouveau Jimmy Carter et les Européens devront peut-être déchanter quand il leur demandera de s'engager financièrement sur l'Irak en parrallèle au désengagement américain.
La fenêtre ayant permis à nicolas Sarkozy d'occuper le terrain au Moyen-Orient ou durant la crise géorgienne va peut-être se refermer.
 
*White anglo-saxon protestant

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