20 janvier 2009
Inconnu du grand public il y a encore quatre ans, Barack Obama va devenir aujourd'hui l'homme le plus puissant de la planète. Il est attendu par les Américains tel un sauveur pour les tirer de la crise économique.
A 47 ans, Barack Obama, métis considéré comme le premier «Noir» à conquérir la Maison Blanche, a convaincu une majorité d'Américains qu'il avait la carrure pour relancer l'économie et conclure deux guerres, en Irak et en Afghanistan. Pas moins. Alors même qu'il était un quasi inconnu pour ses concitoyens, il y a seulement quatre ans.
Un jeune sénateur au charisme fou
L'ascension politique fulgurante du nouveau président des États-Unis a débuté en juillet 2004. Les Américains découvrent alors le charisme de ce jeune élu du Sénat de l'Illinois qui prononce un émouvant discours devant la convention démocrate. «Il n'y a pas une Amérique de gauche et une Amérique conservatrice, il y a les États-Unis d'Amérique. Il n'y a pas une Amérique noire et une Amérique blanche et une Amérique latino ou asiatique, il y a les États-Unis d'Amérique... nous ne faisons qu'un», lance-t-il, arrachant des larmes à l'auditoire.
Corde sensible
Ce discours ne suffira pas à apporter la victoire à John Kerry à la présidentielle. Mais son appel à l'union fait vibrer une corde sensible dans un pays marqué par les divisions de l'ère républicaine. Son désir de réconciliation coïncide avec un parcours personnel «unique», relève David Mendell, son biographe. Fils d'une mère blanche et d'un père kenyan venu étudier à Hawaii, Barack Hussein Obama est né en 1961 à Honolulu. «Son apparence est celle d'un Noir», observe David Mendell, «mais il a grandi dans un environnement blanc, avec beaucoup d'influence asiatique autour de lui à Hawaï, puis en Indonésie». Le résultat de ce mélange fait, selon lui, qu'Obama «ne se sent mal à l'aise nulle part» dans un pays où Blancs et Noirs vivent encore largement séparés.
Le déclic Lehmann Brothers
Sa campagne présidentielle est lancée officiellement le 10 février 2007. S'ensuit la longue bataille des primaires démocrates contre sa rivale Hillary Clinton, qui jette l'éponge en juin 2008. Obama n'a plus qu'un seul adversaire, le républicain John McCain. Les deux hommes sont au coude-à-coude dans les sondages quand, le 15 septembre, la banque Lehmann Brothers dépose le bilan, déclenchant un séisme financier. Obama reprend un avantage qu'il ne perdra plus.
Une nette victoire
Obama l'emporte nettement, le 4 novembre, avec 53% des voix. «Le changement est arrivé en Amérique», lance-t-il à ses partisans, dont beaucoup sont en larmes à l'idée de voir un Noir s'emparer de la Maison Blanche. En prêtant serment aujourd'hui, le 44e président pourra mesurer le chemin parcouru... à toute vitesse.
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