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Tour de France 2009

Tour de France. Dans la roue de Laurent Jalabert

3 juillet 2009

Laurent Jalabert, retraité depuis fin 2002, s'apprête à «couvrir» son septième Tour de France pour les besoins de la télévision et de la radio. «Jaja» portera également un nouveau regard sur la course, celui du sélectionneur de l'équipe de France.

  • Laurent Jalabert, ici au départ des championnats de France à Saint-Brieuc en compagnie de son frère Nicolas, aura plusieurs «casquettes» sur le Tour 2009. Photo Patrick Tellier
  • SON FAVORI. «L'homme à battre, c'est Alberto Contador. Il est tellement complet. C'est l'un des meilleurs grimpeurs du peloton et en contre-la-montre, il est au niveau des cadors. Maintenant, à lui de courir juste. Avoir Lance Armstrong dans son équipe peut être un atout mais aussi un handicap. L'Américain, lui, a la science de la course. Il peut aussi être un allié. Andy Schleck est mon autre favori même s'il a des lacunes en chrono. Cadel Evans, qui est un suiveur, et Carlos Sastre vont surveiller les débats à mon avis. Ce ne sont pas des garçons qui prennent beaucoup d'initiatives».

    LE RETOUR D'ARMSTRONG. «Quand il annoncé son retour à la compétition, je n'ai pas trop compris la manoeuvre. Avec le recul, je me dis que ce n'est pas une mauvaise chose. Il y a de l'incertitude... On l'aime ou on le déteste mais c'est quelqu'un qui ne laisse jamais indifférent. C'est un athlète hors-normes. Cela dit, je le crois pas capable de re-gagner le Tour. Je le vois davantage dans les cinq premiers du général. Je pense qu'il sera trop ?court?. J'imagine qu'il a envie de mettre un point d'honneur à faire taire ceux qui pensaient qu'il ne serait jamais au niveau. C'est plus facile de le critiquer que de faire ce qu'il fait».

    LES FRANCAIS. «A ce niveau-là, restons lucides, ils ne sont pas nombreux à pouvoir gagner des étapes. A eux de saisir les opportunités, d'être ambitieux. Cela dit, un coureur français peut très bien terminer dans les dix premiers à Paris. Dans une course de mouvements, tout reste possible même si sur le papier, c'est compliqué. Il y a quelques années, François Simon (6e en 2001) y était parvenu. Mais cela ne va pas se faire tout seul».

    LE VENTOUX. «Ça m'aurait fait suer de devoir me coltiner le mont Ventoux la veille de l'arrivée finale. Personne ne sera assuré d'aller au bout à un jour de la fin. Maintenant, en tant que suiveur, je dois reconnaître que c'est une belle attraction. La dernière semaine, en règle générale, les coureurs campent sur leurs positions. Là, sur une montée aussi difficile, tout pourra être remis en question. Un mauvais jour, un problème... Souvenez-vous de Laurent Fignon en 1989 ».

    DEUX ÉTAPES SANS OREILLETTES. «C'est une très bonne chose. L'absence d'oreillette a changé la donne dimanche sur le championnat de France où le danger semblait permanent dans l'esprit des coureurs. Ils avaient peur de se faire piéger, ils ne savaient pas comment s'y prendre. Que ceux qui disent que cela n'a pas joué m'expliquent pourquoi ils étaient sur le bord de la route à donner des consignes. Cela faisait lontemps que l'on avait pas assisté à une telle course. Quand j'ai commencé à courir, il n'y avait pas d'oreillette. Quand elles ont fait leur apparition dans les pelotons, je faisais comme tout le monde. Mais ça me gonflait un peu et il m'est arrivé d'oublier de brancher le cable...»

    NOUVEAU REGARD. «Mon rôle de sélectionneur, par la force des choses, va m'amener à regarder différement la course. Je serais à nouveau sur la moto en tête de la course et j'espère voir un maximum de coureurs français arriver à ma hauteur. Ce qui me plaisent actuellement ? David Le Lay, Maxime Bouet, Dimitri Champion...»

    LA VICTOIRE DE CHAMPION. «La victoire de Dimitri Champion ne m'a pas surpris plus que cela. Il est allé chercher le titre, il n'a certainement pas gagné par hasard. Il a fait rouler son équipier et il a attaqué, rien à dire. Cela dit, j'espère que les coureurs des équipes du Pro Tour vont se remettre en question. Ils sont censés être meilleurs parce qu'ils participent à des courses plus diffciles et ils n'ont même pas été capables de déjouer les plans d'une formation de troisième division (Bretagne-Schuller). A leur place, j'aurais vraiment été vexé. J'espère qu'ils sont touchés dans leur amour-propre».

    • Recueilli par Philippe Priser

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