30 décembre 2008 à 15h45
A l'unanimité, moins une voix (Jean-Yves Cozan) et une abstention, le conseil général a dit oui, hier, au projet de parc marin. 52 des 54 conseillers généraux se sont prononcés favorablement alors qu'il y a six ans, lors d'une première consultation, le conseil général avait répondu « non, sauf si... ». Depuis, la nouvelle loi sur les parcs naturels marins a changé la donne.
Sujet à controverses, voire à affrontements le long du littoral de la mer d'Iroise, le projet de parc marin semble avoir, au contraire, des vertus consensuelles au sein du conseil général. Hier, droite et gauche ont voté dans un bel ensemble en faveur de ce projet, le seul opposant, Jean-Yves Cozan n'appartenant à aucun des groupes de l'assemblée départementale. Il naviguait donc doublement en solitaire.
« Il n'apportera rien »
A la pointe de l'opposition à ce parc marin, le conseiller général d'Ouessant a longuement critiqué ce projet, reprenant ses arguments souvent évoqués dans nos colonnes sur l'inutilité de ce parc, notamment pour les insulaires auxquels, selon lui, il n'apportera rien. Il y voit également une mise sous tutelle de la future agence des aires marines qui sera créée, l'an prochain, à Brest, et balaye, un à un, tous les arguments en faveur de ce projet. Et, comme souvent, il achève son propos en promettant de nouvelles « manifestations »... Philippe Paul (Douarnenez) se montre moins offensif, parlant tout à la fois de « bon projet » et « d'inquiétudes pas apaisées », évoquant les réserves émises par les plaisanciers, mais également le vote favorable des pêcheurs professionnels de Douarnenez... Bref, selon lui, il y a du pour et du contre, ce qui l'amène à s'abstenir « plus, dit-il, pour des questions de forme que de fond ».
« Une chance » et « une reconnaissance »
A l'exception de ces deux conseillers généraux, c'est un élan unanime qui s'est manifesté chez les autres intervenants, le président Pierre Maille ouvrant la voie en se disant « très favorable à ce projet » qui entre totalement dans la démarche de développement durable initiée par le conseil général. Il rappelle, au passage, que la nouvelle loi sur les parcs marins, votée en début d'année, a bien répondu aux attentes émises à la pointe bretonne. Marie-Françoise Le Guen, parlant au nom de l'opposition de droite, prend des accents tout aussi enthousiastes quand elle indique que ce projet et la création de l'agence des aires marines à Brest « constituent une nouvelle reconnaissance de la vocation maritime du Finistère et un signe de confiance », tandis que Chantal Simon-Guillou (PS) rappelle l'opposition qu'avait suscité naguère la création du Parc d'Armorique (« Réserve d'Indiens », disait le slogan) devenu aujourd'hui une structure unanimement appréciée. Parlant de « chance à saisir » et de « trop de temps perdu » elle conclut : « Ce parc sera ce que nous voudrons en faire ». L'enquête publique est actuellement en cours dans 24 communes littorales, mais n'importe qui peut s'exprimer, par écrit, à l'adresse suivante : Monsieur le président de la commission d'enquête pour le parc marin, Préfecture du Finistère, 29320 Quimper CEDEX.
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