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Législatives 2007

Législatives Côtes-d'Armor. 4-1, 3-2 ou 2-3 ?

30 décembre 2008 à 15h49

C'est par un score de 4 à 1 que la gauche avait emporté les législatives 2002. En s'imposant à Lamballe-Loudéac, Marc Le Fur avait sauvé l'honneur à droite, qui se remettait difficilement du cuisant 5-0 encaissé en 1997. Qu'en sera-t-il cette année ? Au jeu des pronostics, à l'issue de la première mi-temps, toutes les hypothèses sont encore permises. Si Guingamp et Saint-Brieuc offrent deux belles occasions à la gauche, Marc Le Fur, sur l'aile droite, a pris une bonne option pour réduire la marque à 2-1 ! La fin de la rencontre se jouera donc au centre ! Car c'est bien le MoDem qui jouera les arbitres à Dinan et à Lannion. Ceux qui ont raté le début de la partie (ils sont plus de 33 %), joueront aussi un rôle important dans le match. Alors 4-1 ou 3-2 pour la gauche, ou 2-3 pour la droite ?

Consultez ici la carte des résultats du premier tour dans les Côtes-d'Armorcliquez ici

Dinan. Balle au centre après le premier tour

Cinq ans après, l'histoire se répète à Dinan. L'UMP Michel Vaspart devance, à nouveau, le député PS sortant Jean Gaubert, à l'issue du premier tour.
Sauf que l'écart est aujourd'hui insignifiant et que le socialiste se retrouve en meilleure posture qu'en 2002 pour aborder le second tour. Ceci étant, ce sont sans doute les électeurs du MoDem qui feront la différence. De fait, les deux candidats flirtent avec les 39 % (respectivement 38,87 et 38,86 %). Le représentant de la majorité présidentielle ne recueille que deux voix de plus que son adversaire. Il y a cinq ans, l'écart se montait à 1.400 voix (2,40 %) au détriment de Jean Gaubert qui, finalement, l'avait emporté de 147 voix. Reste qu'une élection n'est jamais gagnée d'avance. Certes, le candidat du PS peut compter sur un potentiel de reports non négligeable des voix de gauche : Anne-Marie Boudou (3,64 %) confirme la présence des Verts, même si elle perd un demi-point par rapport à Martine Lucas en 2002 ; Marion Doucet (LCR), avec 2,68 %, double quasiment le score de son prédécesseur ; quant au PC, qui avait perdu la moitié de son influence en 2002, il stagne à 2,10 %. Mais, en tout état de cause, Jean Gaubert aura besoin d'une partie des voix qui se sont portées sur Anne-Marie Crolais, dimanche, pour faire la différence.
À droite le compte n'y est pas
Ces électeurs de l'UDF-MoDem sont encore plus précieux pour Michel Vaspart.
De fait, en additionnant les voix du FN (2,43 % contre 5,91 % en 2002), du MPF (1,48 %), voire du CNPT (1,11 %), le compte n'y est pas, à droite. Les voix centristes joueront donc pleinement leur rôle d'arbitre. Enfin, les candidats auront sans aucun doute intérêt à essayer de mobiliser les abstentionnistes. 3 % de votants en moins par rapport au scrutin de 2002, cela représente en effet 2.740 voix. Ce qui mérite assurément réflexion dans un contexte aussi serré.

Lannion-Paimpol. Une femme, mais laquelle ?

Seule certitude, pour la première fois, la circonscription Lannion-Paimpol élira une députée.
Mais bien malin qui peut prédire l'issue du duel entre Marie-Dominique Furet (UMP) et Corinne Erhel (PS). La candidate UMP a créé la surprise, en arrivant en tête du premier tour avec 34,16 % des voix. Mais son avance n'est pas significative : seulement 415 voix de plus que la candidate socialiste, qui arrive juste derrière, avec 33,54 %. Marie-Dominique Furet n'améliore pas non plus le score de l'UMP Jacques Saleün, qui avait recueilli 33,72 % des voix en 2002. La pole position de la droite s'explique plutôt par un tassement du PS. Corinne Erhel reste près de trois points en deçà du score d'Alain Gouriou, qui avait réuni 36,13 % des voix en 2002. Mais, dans le même temps, les habituels alliés du PS, laminés à la présidentielle, reprennent des couleurs : Isabelle Métayer (Les Verts) obtient un demi-point de plus qu'en 2002, à 4,95 %, tandis que Claudine Féjean (PC) gagne un point, à 4,40 %. Le total des voix de gauche (PS, PC, Verts, UDB) atteint 45 %, voire 49 % si on y ajoute les voix de l'extrême-gauche (LO, LCR). Ce total était le même en 2002, lorsqu'Alain Gouriou avait de justesse sauvé son siège, mais le poids relatif de l'extrême-gauche y est plus important. D'autant que la LCR (près de 3 % des voix) a déjà lancé un appel pour « battre Marie-Dominique Furet ».

Lamballe-Loudéac. Marc Le Fur comme dans un fauteuil

S'il se montrait très satisfait de son score (48,02 %) dimanche, Marc Le Fur (UMP) a appelé ses électeurs à rester mobilisés au second tour.
Quant à Loïc Cauret (PS), déçu de l'issue du premier tour (34,70 %), il appelait dimanche soir à provoquer un sursaut face à la vague bleue. De fait, le candidat UMP a rassemblé au-delà de ses troupes. Chez le Front national d'abord, puisque Pierre-Marie Launay n'a obtenu que 2,22 %, contre 5,03 % en 2002. Le faible score de Geoffroy de Longuemar (2,93 %), candidat du MoDem, laisse penser qu'une forte majorité des électeurs de François Bayrou, lors de la présidentielle, ont cette fois voté pour le député sortant. Très implanté dans la circonscription, très présent sur le terrain, Marc Le Fur a raflé la majorité à Loudéac (50,80 %) et a sérieusement accroché Loïc Cauret à Lamballe, avec 41,02 % contre 42,99 %. Des chiffres qui ont laissé perplexe le candidat socialiste, jugeant « insuffisant » son résultat dans la commune dont il est pourtant le maire. Peut-on encore espérer un retournement de situation, dans une circonscription où l'alternance est la règle depuis 1993 ? Loïc Cauret veut encore y croire. « Il faut mobiliser ceux qui ne se sont pas déplacés pour voter et observer les reports de voix ». Sur ce dernier point, le total des voix de gauche du premier tour semble insuffisant pour empêcher Marc Le Fur de retrouver son fauteuil.

Guingamp. Le bastion de la gauche imprenable ?

Dimanche, les électeurs auront le choix entre deux bulletins féminins, ceux de Marie-Renée Oget (PS) et de Marie-Elisabeth Bague (UMP).
La candidate socialiste aborde ce deuxième tour avec un matelas de voix confortable. Elle est arrivée en tête de la 4 e circonscription, avec 32,61 % des suffrages, mieux qu'en 2002 (26,21 %). Hier, elle a obtenu le soutien du PC (12,48 %), du Parti radical de gauche (2,25 %) et de l'alliance UDB-Verts (4,93 %). Elle pourra également compter, logiquement, sur les voix empochées par les autres formations de gauche. Au total, dimanche soir, la gauche pesait 57,41 % dans les urnes. Marie-Elisabeth Bague part avec un capital de voix moins confortable (26,16 %). Pour rattraper Marie-Renée Oget, elle devra récupérer les 10,22 % des voix de Marie-Françoise Droniou (UDF-MoDem), ratisser large à droite et capter parmi les abstentionnistes. Cette gymnastique électorale sera-t-elle suffisante ? La partie s'annonce difficile. Hier soir, l'équation s'est compliquée. Marie-Françoise Droniou a annoncé qu'elle ne donnait aucune consigne de vote à ses électeurs. Ce premier tour des élections législatives a montré que la 4 e circonscription est bien ancrée à gauche, tout en confirmant une certaine bipolarisation du paysage politique, au détriment des autres formations. Mais dimanche, le duel droite-gauche ne devrait pas réserver de réelle surprise.

Saint-Brieuc. La vague brisée ou la montagne renversée

Ségolène Royal juge-t-elle que la partie est déjà gagnée dans la première circonscription des Côtes-d'Armor ?
En tout cas, elle ne considère pas qu'il y a péril en cette demeure, rose depuis 1997. Hier, elle a fait savoir qu'elle ne viendrait pas aujourd'hui à Saint-Brieuc, comme annoncé, préférant réserver son soutien à des candidats plus en difficulté. L'anecdote est très révélatrice de l'état d'esprit de Danielle Bousquet et de son entourage : en recueillant près de 40 % des suffrages, dimanche, la députée pense avoir fait la moitié du chemin. Comme en 2002, Danielle Bousquet veut démontrer qu'elle peut tenir le cap à gauche contre vents et marées. Elle peut, de plus, compter sur le renfort du PC (5,37 %), sans doute des Verts et de l'UDB (4,50 %), et même de la LCR (3,8 %).
Mais à l'UMP, Alain Cadec ne raisonne pas uniquement sur un plan arithmétique. Il n'oublie pas de rappeler qu'en 1993, Christian Daniel, pourtant second au premier tour, avait finalement ravi le siège d'Yves Dollo, député socialiste sortant. Le premier adjoint au maire de Saint-Brieuc est persuadé que l'histoire peut se répéter. D'autant qu'il aime ce genre de challenge. Alors que la gauche était mathématiquement gagnante à Saint-Brieuc nord, à l'issue du premier tour des cantonales de 2001, il l'avait finalement emporté avec quatre voix d'avance.

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