30 décembre 2008 à 15h49
Pas de changement en Côtes-d'Armor. Comme en 2002, le département enverra quatre députés socialistes et un député UMP au Palais Bourbon. Mais si la répartition des sièges reste inchangée, la domination de la gauche en terme de voix, apparaît plus forte qu'il y a cinq ans.
Dès le premier tour, le Parti socialiste avait pris un sérieux avantage à Saint-Brieuc et à Guingamp. Hier, il s'est nettement imposé à Dinan et à Lannion. Une meilleure mobilisation de ses électeurs, de très bons reports de voix et sans doute, aussi, un sérieux coup de pouce du MoDem assurent ce succès sans discussion à la gauche.
55,74 % pour la gauche
Dans les quatre circonscriptions qu'il remporte, le Parti socialiste améliore son score d'il y a cinq ans. Il progresse de 7,5 points à Guingamp, 5 points à Lannion, 4,5 points à Dinan et 2,7 points à Saint-Brieuc. Sur l'ensemble du département, les candidats socialistes ont recueilli 166.986 voix, soit 55,74 % des suffrages exprimés. À Dinan et à Lannion, où le premier tour s'était montré serré, les électeurs du MoDem ont sans doute fait la différence. Michel Vaspart n'a récupéré que trois des sept points et demi qu'avait attirés sur elle Anne-Marie Crolais. Quant aux 10,97 % de Jean-Yves de Chaisemartin, ils ont eux aussi fait cruellement défaut à l'UMP Marie-Dominique F uret.
Seul Marc Le Fur a résisté
C'est à Lamballe-Loudéac que la vague rose a été la moins forte, même si, là aussi, Loïc Cauret enregistre un demi-point de mieux que Didier Chouat en 2002. Mais au final, c'est assez facilement que Marc Le Fur conserve son siège. Ce bon résultat, qui fait apparaître la seule petite note bleue sur la carte départementale, sera-t-il remarqué du côté de l'hôtel Matignon, lorsque, demain, il s'agira d'attribuer les maroquins des secrétariats d'État ?
La première femme députée dans la circonscription de Lannion-Paimpol s'appelle Corinne Erhel. La candidate socialiste, âgée de 40 ans, prend la succession d'Alain Gouriou, élu depuis 1997 et dont elle a été l'assistante parlementaire. Corinne Erhel a été largement élue hier, avec plus de 56 % des voix, un score inattendu après un premier tour qui laissait prévoir un scrutin plutôt serré avec Marie-Dominique Furet (UMP). Il y a une semaine, Corinne Erhel était arrivée en deuxième position, avec 33,72 % des voix, contre 34,16 % à son adversaire. Mais, hier, la candidate socialiste a bénéficié d'excellents reports de voix. Des voix de gauche d'abord, grâce à une alliance très claire entre les deux tours avec le PC, les Verts, l'UDB et le PRG. Et aussi d'une bonne proportion des électeurs du MoDem, qui s'étaient portés sur Jean-Yves de Chaisemartin, crédité de près de 11 % des voix au premier tour. La hausse de la participation (68,6 % contre 66,6 %) a sans doute aussi été défavorable à la candidate UMP, distancée de plus de 8.000 voix. Arrivée récemment à Lannion, Marie-Dominique Furet, 49 ans, n'a pas réussi la percée de Jacques Saleün, l'ancien maire de Paimpol, qui avait failli ravir ce siège à la gauche en 2002.
Corinne Erhel (PS) : 56,08 % . Marie-Dominique Furet (UMP) : 43,92 %.
En 2002, elle avait été élue députée avec 55,82 % des voix. Hier, Marie-Renée Oget (PS) a obtenu 63,22 % des voix dans la 4 e circonscription. Elle conserve son siège de députée. Marie-Elisabeth Bague (UMP) n'empoche que 36,78 % des voix. La droite recule. La gauche fait par contre mieux qu'en 2002 et améliore son score de 7,4 %. Depuis le 10 juin dernier, la défaite de la droite paraissait inéluctable. Au soir du premier tour, la gauche pesait un peu plus de 57 %. Hier soir, la victoire du PS a été bien au-delà de ce chiffre. Entre les deux tours, la droite n'a pas réussi à renverser la vapeur. La droite devait récupérer toutes les voix de l'UDF (10,22 %) pour espérer un miracle, qui ne s'est pas produit. Le PS s'est imposé dans les trois communes ayant mis en tête l'UDF au soir du premier tour. Les voix espérées de l'UDF ne sont jamais venues. Les votants ont été un brin plus nombreux : 53.971 contre 53.200 au premier tour. L'UMP n'a pas apparemment bénéficié du réveil des abstentionnistes. En 2002, Jean-Pierre Le Goux (UMP) perdait la bataille électorale avec 44,18 % des voix. La droite recule aujourd'hui de 7,4 %. Une cuisante défaite qui va au-delà de ce que l'on pouvait attendre.
Marie-Renée Oget (PS) : 63,22 % . Marie-Elisabeth Bague (UMP) : 36,78 %.
Avec 52,02 % des suffrages recueillis, l'UMP Marc Le Fur conserve son siège de député. Il tord ainsi le cou à une tradition d'alternance, qui durait depuis 1981. Au soir du premier tour, avec 48,02 % des voix, la victoire face au maire socialiste de Lamballe, Loïc Cauret, semblait presque annoncée pour le sortant. Elle est donc confirmée, mais le vote du second tour a permis au candidat du PS de grappiller de nombreuses voix, passant de 34,70 % à 47,98 %, pendant que Marc Le Fur gagnait quatre points. Son adversaire a profité d'une participation en hausse, passant de 68,42 % à 70,39 %. Au fil des résultats, une progression de plus de 10 % pour le candidat PS est remarquée dans les deux principales villes, Lamballe et Loudéac. À la suite du premier tour, Loïc Cauret ne disposait pourtant que d'une faible réserve de voix de gauche. Hier soir, celui-ci affichait une certaine satisfaction, estimant même que « ce résultat est un vrai avertissement pour Marc Le Fur ». Ce dernier, qui emporte deux tiers des communes de la circonscription, reconnaît lui-même que le résultat de la consultation finale aurait pu être meilleur au regard du premier tour.
Marc Le Fur (UMP) : 52.02 %. Loïc Cauret (PS) : 47.
Cette fois, le score est sans appel en faveur de Jean Gaubert. Vainqueur avec un petit 50,12 % - seulement 157 voix d'écart - face à l'UMP Michel Vaspart, en 2002, le député sortant s'impose nettement, hier soir, en recueillant 54,68 % des suffrages ; soit près de 6.000 voix d'écart. Un résultat d'autant plus marquant que seules deux voix séparaient les deux candidats à l'issue du premier tour. Non content de résister à la vague bleue, Jean Gaubert s'offre même le luxe de devancer son adversaire, d'un souffle, il est vrai, sur ses propres terres, dans le canton de Dinan-Est. La percée du socialiste est encore plus sensible dans la ville de Dinan (52,59 %), détenue traditionnellement par la droite, centriste, toutefois. À cet égard, si la personnalité du député sortant a sans doute pesé sur les résultats, il apparaît tout aussi évident qu'il a bénéficié du report d'une bonne partie des voix qui s'étaient exprimées en faveur de la candidate du MoDem, Anne-Marie Crolais, dimanche dernier (7,5 %). À l'issue de son premier mandat de plein exercice, le député sortant s'impose donc désormais comme le digne successeur de Charles Josselin, figure politique emblématique des Côtes-d'Armor.
Jean Gaubert (PS) : 54,68 %.
Michel Vaspart (UMP) : 45,32 %.
Une troisième victoire consécutive : on ne peut guère parler d'usure du pouvoir pour la députée briochine. D'autant que Danielle Bousquet retrouve un pourcentage comparable à celui de 1997, quand elle avait ravi à l'époque le siège de député à Christian Daniel (RPR) avec 57,79 % des suffrages. Mais il y a dix ans, l'élue avait profité d'une vague rose au plan national, ce qui n'est pas le cas cette fois-ci, même si la gauche a retrouvé, hier soir, quelques couleurs. Danielle Bousquet peut donc dire que si la circonscription briochine est un fief socialiste depuis maintenant dix ans, c'est en grande partie grâce à elle. Pourtant, le candidat UMP, Alain Cadec, n'aura pas ménagé ses efforts lors de ces législatives. Et à huit mois des prochaines municipales, on gardera en tête le bon score du premier adjoint au maire de Saint-Brieuc... Lors du premier tour, le 10 juin dernier, il n'était alors devancé que de 460 voix sur les bureaux briochins. Mais dans le cadre de ces législatives, le candidat de l'UMP n'a convaincu que 4.200 électeurs de plus par rapport au premier tour. Alors que Danielle Bousquet recueille 10.400 suffrages supplémentaires. Le report de voix, qui a parfaitement fonctionné à gauche, est bien sûr l'une des clés de ce scrutin, marqué par une participation de 65,4 %.
Danielle Bousquet (PS) : 57,72 %. Alain Cadec (UMP) : 42,28 %.
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