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Législatives 2007

Côtes d'Armor. Enjeux & candidats officiels

30 décembre 2008 à 15h49

Une élection en chasse une autre. À peine vidées les urnes présidentielles, voilà que l'on prépare celles des législatives. Dans le département, les résultats des 22 avril et 6 mai donnent un net avantage à la gauche. Si l'on s'en tenait aux seuls résultats nationaux, on pourrait imaginer - comme ce fut le cas en 1988 et 1997 - un « cinq sur cinq » de gauche. Toutefois dans ces élections « de terrain », la personnalité des candidats, leur implantation, leur bilan... priment sur la seule arithmétique électorale. Autre élément qui jouera, le poids du centre et des alliances. Cinq triangulaires appartiennent aussi au domaine du possible. Un scénario qui serait fatal à la droite.

Analyse réalisée le 7 mai à l'issue du second tour de la Présidentielle et publiée dans le Télégramme du 8 mai 2007. Liste officielle des candidats déposée au 18 mai 2007, 18h.



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5e circonscription

Treize candidats :

Marie-Dominique Furet (Majorité présidentielle) ; Jean-Pierre Déria (sans étiquette) ; Marie-Pierre Menguy (LO) ; Emile Robert (Alliance patriotique MNR) ; Lary-Jacques Casteret (MPF) ; Claudine Féjean (PC) ; Corinne Erhel (PS) ; Catherine Génie (FN) ; Isabelle Métayer (Verts) ; Philippe Couleau (Régions et peuples solidaires) ; Thibaud Saint-Michel (LCR) ; Mireille Canuet (CPNT) ; Yves de Chaisemartin (UDF Modem).

Dimanche soir, dans les permanences UMP et PS, à Lannion, les commentaires s'accordaient sur un point : l'effet Sarkozy n'a pas joué sur les électeurs de la 5 e circonscription, où la tendance semble plus favorable à la gauche. Sur le total des neuf cantons concernés, Ségolène Royal a totalisé, dimanche, 55,41 % des voix, contre 44,59 % à Nicolas Sarkozy. La candidate socialiste est en tête dans huit des neuf cantons, avec plus de 64 % dans celui de Lannion et plus de 55 % dans celui de Perros-Guirec, qui représentent 40 % des inscrits. Nicolas Sarkozy n'est placé en tête que par les électeurs du canton d'Etables-sur-Mer, à l'extrémité sud-est de cette circonscription découpée « en banane ». De quoi rendre optimistes les socialistes sur les chances de Corinne Erhel, qui brigue la succession d'Alain Gouriou, élu depuis 1997 et qui ne se représente pas à l'occasion de ce scrutin. La candidate, conseillère régionale depuis 2004, devra toutefois combler un déficit de notoriété. Mais c'est un handicap qu'elle partage avec ses deux principaux adversaires : Marie-Dominique Furet (UMP), qui arrive de région parisienne, et Jean-Yves De Chaisemartin, le jeune candidat UDF. Cinq autres candidatures (Verts, PRG, UDB, PC et FN) sont déclarées à ce jour.

4e circonscription

Douze candidats :

Marie-Elisabeth Bague (UMP) ; Gérard Lahellec (PC) ; Yves Thoraval (LO) ; Myriam de Coatparquet (FN) ; Michel Priziac (Radicaux de gauche) ; Margaret Studler (MPF) ; Marie-Françoise Droniou (UDF Modem) ; Mona Bras (Verts) ; Marie-Renée Oget (PS) ; Sylvie Guillou (LCR) ; Hélène Borel (PT) ; Carole Le Forestier (CPNT).

Sur la 4 e circonscription des Côtes-d'Armor, on vote à gauche. Marie-Renée Oget (PS), députée sortante, en sait quelque chose, elle qui fut élue haut la main il y a cinq ans, avec 55,82 % des suffrages. Pour autant, les législatives 2007 seront-elles un copier-coller de 2002, après la vague bleue de dimanche ? Sur le terrain des chiffres, en s'appuyant sur le vote de ce week-end, on se dit que la maire de Treffrin a peu à craindre de la droite. Pas un seul des treize cantons de la circonscription n'a, en effet, voté Sarkozy (la palme de la « bravitude » à celui de Bégard avec 66,42 % de votes Royal) ! Dans le détail, 98 des 106 communes du territoire ont voté à gauche, avec un pic tellurique de 83,48 % dans la petite bourgade de Trémargat. Est-ce à dire que Marie-Renée Oget peut se reposer sur ses rosiers ? Pas si sûr. Primo, la socialiste, tendance Strauss-Kahn, a dit oui au référendum sur la Constitution européenne. En terres rose foncé, voire rouge, ayant voté non à environ 55 %, cela peut questionner. Secondo, elle trouvera six autres candidats sur sa route, dont trois de son propre bord. Sur sa droite, côté UMP, elle devra compter avec la discrète Marie-Elisabeth Bague (Plestin-lès-Grèves) qui rempile après avoir été suppléante de Daniel Pennec. Pour l'UDF, Marie-Françoise Droniou veut, elle aussi, jouer les trouble-fête, portée par la performance locale de Bayrou à la présidentielle. Enfin, sur sa gauche, Marie-Renée Oget devra s'accommoder du PRG Michel Priziac, de la candidate de l'UDB Mona Bras et du communiste Gérard Lahellec qui n'entendent pas vraiment faire tapisserie. Et quand on sait que ce dernier, balayé en 2002 (bien que poulain de l'ancien député Félix Leizour), est devenu, depuis, vice-président de la Région, on se dit que c'est sur le terrain, encore peu labouré, que se fera la décision.




3e circonscription

Treize candidats :

Marc Le Fur (UMP) ; Annie Gouardin (PC) ; Gilles Boulin (sans étiquette) ; Martial Collet (LO) ; André Ollivro (Verts) ; Laurence Duvernay (MPF) ; Pierre-Marie Launay (FN) ; Loïc Cauret (PS) ; Armand Zvenisgorodsky (LCR) ; Nicole Poences (Mouvement républicain citoyen) ; Maurice Le Forestier (CPNT) ; Claude Jégouic (La France en action) ; Geoffroy de Longuemar (UDF modem).

En 2002 , dans la foulée de la présidentielle, Marc Le Fur (UMP) a récupéré le fauteuil que Didier Chouat lui avait repris en 1997, pour un peu plus de cinq points. Au vu des résultats de Ségolène Royal, le rapport est aujourd'hui inversé. Sur la ligne de départ des législatives, la gauche dispose d'un avantage de 4,5 points. Elle s'est imposée dans les villes de Lamballe et Loudéac, et arrive en tête dans dix des treize cantons. Loïc Cauret, le maire de Lamballe, candidat PS, a enregistré avec satisfaction ces résultats. Il a pu constater les bons reports de la gauche. C'est un point rassurant, pour lui, car dans la prochaine bataille, c'est au sein de cette grande famille que les concurrents seront les plus nombreux. Pour l'instant ils sont cinq (PC, Verts, MRC, Lutte ouvrière et un divers gauche). Autre constat, qui ravit le PS, le petit coup de pouce apporté par les électeurs de François Bayrou. Marc Le Fur n'est toutefois pas trop inquiet. Il compte sur son bilan et sur l'effet Sarkozy. Quant à l'éventualité d'une primaire avec le centre, sur ses terres, il n'ose l'imaginer. Il a d'ailleurs demandé à rencontrer Bruno Joncour, le patron breton de l'UDF, pour lui expliquer que dans le département, « la division n'est pas permise ». Une exception à la règle imposée par Bayrou sera-t-elle possible à Loudéac ? En tout cas, pour l'instant, l'UDF ne dispose pas sur le secteur d'un candidat qui semble avoir une chance de se maintenir au second tour.

2e circonscription

Onze candidats :

Philippe Guéguen (LO) ; Alain Guérin (PC) ; lldiko Letellier (Mouvement pour la France) ; Christophe Ollivier (PT) ; Anne-Marie Crolais (UDF modem) ; Tiphaine Marcais (FN) ; Jean Gaubert (PS) ; Marion Doucet (LCR) ; Véronique Méheust (Chasse, nature, pêche et tradition) ; Michel Vaspart (UMP) ; Anne-Marie Bodou (Verts).

Après « l'effet Ségolène », « l'effet Anne-Marie » ? En tout cas, l'annonce probable de la candidature d'Anne-Marie Crolais (*), sous les couleurs du futur Mouvement des Démocrates de François Bayrou, va pimenter la campagne législative dans la circonscription de Dinan. L'ancienne responsable syndicale agricole risque, en effet, de compliquer la tâche de Michel Vaspart. Le candidat de l'UMP misait sur la dynamique de la présidentielle pour récupérer le siège de député, occupé depuis trente ans par la gauche. Un objectif qu'il estime à sa portée. Le député sortant, le socialiste Jean Gaubert, ne l'a, effectivement, emporté que de 147 voix (sur 61.000 votants) en juin 2002. Le maire de Pleudihen-sur-Rance, conseiller général, revendique également son travail en tant que président de la commission économique de la Communauté d'agglomération de Dinan (CODI) pour conquérir la circonscription. Mais une triangulaire au second tour le mettrait en difficulté. Ce dont profiterait assurément Jean Gaubert, qui considère qu'Anne-Marie Crolais est une « bonne candidate ». Le socialiste, tout en affichant une prudence de rigueur, exprime néanmoins une confiance certaine, basée sur les résultats de Ségolène Royal à l'élection présidentielle, avec 52,11 % dans la circonscription. Il souligne, par ailleurs, que la candidate socialiste est arrivée en tête à Dinan, un résultat quasiment historique. De fait, c'est la seconde fois, seulement, que la gauche s'impose dans cette ville de droite. La première fois, c'était en 1988, à la présidentielle également, avec un candidat qui s'appelait François Mitterrand.

* L'option définitive sera connue jeudi. Anne-Marie Crolais en première ligne, Didier Lechien en suppléant, ou l'inverse. La première hypothèse devrait être la bonne, Didier Lechien préférant viser les municipales à Dinan.

1re circonscription

Onze candidats :

Kingsley Okunwendia (Union des républicains radicaux) ; Jean-Claude Bourva (Front national) ; Alain Le Fol (Lutte ouvrière) ; Jean-Guy Le Bère (Parti communiste) ; Alain Cadec (UMP) ; Sylvie Furlan (Parti des travailleurs) ; Danièle Bousquet (Parti socialiste) ; Pierre-Yves Lopin (Mouvement pour la France) ; Marc Boivin (Verts) ; Samuel Burlot (Ligue communiste révolutionnaire) ; Alice Cherbonel (Génération écologie).

Certes, au plan national, on peut s'attendre à une vague bleue lors des prochaines législatives. Mais en 2002, la vague était déjà bleue et Danielle Bousquet (PS) avait su y résister. Élue en 1997, en surfant alors sur une vague rose, la députée de Saint-Brieuc a donc de la ressource. Et les 58,40 % de suffrages enregistrés par Ségolène Royal rappellent, si besoin était, que Saint-Brieuc reste un bastion de gauche : la candidate y gagne cinq points par rapport au score de Lionel Jospin en 1995 ! Bien sûr, Alain Cadec, premier adjoint au maire de Saint-Brieuc, n'entend pas rendre les armes. Mais il va avoir fort à faire s'il veut menacer la députée sortante. À Saint-Brieuc, Nicolas Sarkozy, avec 41,6 % des voix, a perdu cinq points par rapport à Jacques Chirac, lors du second tour de 1995 (46,21 %). Et même si le territoire de la circonscription est plus vaste que celui de la ville, Danielle Bousquet l'avait aussi emporté, en 2002, à Plélo, Plerneuf, Châtelaudren, Boquého, Tréméloir, Cohiniac et Plouvara, n'étant devancée par Mireille Dubois (UMP) qu'à Trégomeur. Mireille Dubois, la première adjointe de Plérin, avait, à l'époque dénoncé la désunion : Yves Le Faucheur, maire de Plérin, s'était présenté sous l'étiquette UDF et avait recueilli 12,9 % des voix. Or, il y a quinze jours, François Bayrou a enregistré 22,1 % des suffrages exprimés sur la circonscription. On comprend que le porte-parole régional UDF et maire de Saint-Brieuc, Bruno Joncour, se soit donné jusqu'à jeudi pour réfléchir à une éventuelle candidature.




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