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Elections européennes 2009

Europe. Elle vous accompagne au quotidien

20 mai 2009

Distante, abstraite, l'Europe? Certainement pas! Vous n'en avez pas forcèment conscience, mais ses décisions nous accompagnent tous les jours. Comprendre mieux l'Europe, c'est aussi aller voter le 7 juin prochain.

  • Elections le 7 juin :  irez vous voter ?
  • Ce matin-là, Madame Toutlemonde accompagne son fils à la gare. Derrière sa voiture, nulle trace des fumées noires que laissait, jadis, sa vieille guimbarde. Aiguillonnés par les directives européennes, les constructeurs ont fait d'incroyables progrès techniques. Et ce n'est pas fini. Les eurodéputés ont voté, en 2008, un nouvel abaissement des émissions de carbone des voitures. Benjamin commence, dans une semaine, un master de physique à l'université de Bonn, au bord du Rhin. Il reviendra bilingue, sans pour autant compromettre son diplôme à l'université de Rennes. Voilà qui aurait été inimaginable avant Erasmus, le programme européen d'échanges universitaires, financé par le budget européen.

    L'euro, une évidence

    Sa carte européenne de santé, une innovation introduite par la Sécurité sociale à la suite de plusieurs arrêts de la Cour de justice de Luxembourg, lui permettra de se faire soigner en Allemagne, tout en restant assuré en France par ses parents. Il ne s'est même pas posé la question de savoir s'il doit changer de l'argent avant de partir: l'euro est pour lui une évidence. Sa mère, elle, n'a pas oublié l'attente aux bureaux de change qui jouxtaient, il y a encore quinze ans, les baraques douanières le long des frontières. L'Union économique et monétaire et l'«Espace Schengen» sont passés par là. Elle lui fera bientôt un virement sur son compte bancaire à Bonn, sans verser les 20€ ou plus dont elle aurait dû s'acquitter avant qu'un règlement de 2001 n'oblige les banques à ne plus faire de différence entre virements domestiques et transfrontaliers.

    Les cartels en échec

    En entrant de la gare, elle passe chercher des vitamines pour son aînée, qui vient d'accoucher. Leur prix a baissé depuis que la Commission européenne a infligé 800millions d'euros d'amende à un cartel mondial qui bloquait toute concurrence. Claire profite de son congé maternité. Seize semaines, ce n'était pas trop. Pour son second, elle peut en espérer deux de plus, si la proposition faite par la Commission, cette année, est adoptée par le prochain Parlement.

    Téléphonie mobile moins chère

    Sur le chemin du retour, MmeToutlemonde passe aussi chez le primeur. Elle trouve aux concombres une allure inhabituelle. C'est, encore une fois, «la faute à l'Europe». En 2008, la Commission a abrogé sa réglementation sur la courbure du «cucumis sativus». A présent, on en trouve d'étrangement tordus. Dans la soirée, le numéro de Benjamin s'affiche sur son portable. Par la vertu d'un règlement européen, les appels venant de l'étranger ne peuvent plus être facturés plus de 24 centimes par minute, bientôt moins si les nouvelles propositions sont votées. Elle décroche sans hésiter. Depuis le Thalys, dont la ligne entre Paris et Cologne a été en partie financée à hauteur de 20millions d'euros sur les crédits du réseau de transport transeuropéen, il lui dit qu'elle lui manque déjà un peu. Mais cela, «Bruxelles» n'y peut rien.

    • Florence Autret

    Parlement : ce qui reste et ce qui change

    «Pour qu'on ne puisse pas abuser du pouvoir, il faut que, par la disposition des choses, le pouvoir arrête le pouvoir». Ainsi parlait Montesquieu, il y a 250 ans. Si un système politique s'améliore quand ses pouvoirs, autrement dit ses institutions, s'équilibrent mieux, alors, certainement, l'Europe est en progrès.

    Le Parlement européen grignote du pouvoir

    Les élections du 7juin, doublées de la (possible) entrée en vigueur du traité de Lisbonne à la fin de cette année, participent de ce perfectionnement. Depuis sa première élection au suffrage universel, il y a tout juste 30ans, le Parlement européen a grignoté du pouvoir à chaque nouveau traité. Si bien qu'aujourd'hui, dans de nombreux domaines, les élus européens jouent à armes égales avec les ministres des gouvernements européens, qui forment l'autre bras du pouvoir législatif européen. Maîtres de l'exécutif chez eux, les ministres se retrouvent, à Bruxelles, ravalés au rang de «sénateurs» face à des députés aux alliances imprévisibles... ce à quoi les nouveaux venus mettent parfois du temps à s'habituer. ??quilibre au sein du pouvoir législatif, donc, mais équilibre aussi entre pouvoir législatif et pouvoir exécutif qui, pour les questions économiques, appartient, dans l'Union européenne, à la Commission.

    Un budget de 104milliards d'euros

    Ce dont le Parlement décide sur un pied d'égalité avec le conseil des ministres: toute la réglementation des entreprises sur le marché européen, les règles environnementales (comme le CO2 des voitures), la recherche, les réseaux transeuropéens, la protection des consommateurs, et, surtout, le budget de l'Union de 140milliards d'euros par an (une paille, toutefois, par rapport au budget de l'Etat français, dont le seul déficit prévu, en 2009, est de.... 104milliards !).

    Immigration, énergie politique agricole

    Avec le traité de Lisbonne, le Parlement renforce également ses compétences en matière de politique d'immigration et d'asile, de politique spatiale et de l'énergie, dans les services financiers et surtout l'agriculture. La prochaine réforme de la Politique agricole commune ne se fera pas sans les députés. Une première depuis 1963. Ce pour quoi le Parlement n'est que consulté: les affaires étrangères, la défense et la sécurité. Mais le premier acte d'autorité du nouveau Parlement sera d'approuver... ou de contester le choix du président de l'exécutif, la Commission européenne, proposé par les vingt-sept chefs d'??tat et de gouvernement. L'actuel président, José Manuel Barroso, probablement reconduit, devra donc faire allégeance.

    • F.A.

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