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Cyclisme. Amateurs : tous en selle en Bretagne

30 décembre 2008 à 15h45

Melrandaise samedi, Route Bretonne, Plaintel - Plaintel, Penn-ar-Bed dimanche... Le vélo amateur repart sur le grand braquet le week-end prochain en Bretagne. Une nouvelle saison démarre mais elle dégagera un agréable parfum rétro en raison du retour au classement des coureurs (et des courses) par catégories comme au bon vieux temps.

  •             Cyrille Noël, Jérôme Frémin, Guillaume Blot, Fabrice Jeandesboz et Julien Gonnet (de gauche à droite) montrent ici leurs nouvelles couleurs au Circuit des Plages vendéennes, avant de les arborer sur les routes bretonnes dès ce week-end. (Photo Fabrice Lambert)
  • Au moment où le cyclisme professionnel est encore une fois plongé dans la tourmente (affaires de dopage, conflit UCI - organisateurs des grands Tours), on veut espérer qu'un bol d'air sera offert par les coureurs amateurs. Onze équipes bretonnes ont obtenu un label national et le haut de la pyramide sera occupé par Côtes-d'Armor - Maître Jacques, Super Sport 35 - AC Noyal-Châtillon (DN1), le BIC 2000 et l'AC Lanester 56 (DN espoirs).

    • Jérôme Le gall, Philippe Priser. 27/02/2007.

    Le retour aux catégories


    RÉFORME SALUTAIRE ? 2007 est l'année d'une réforme qui devrait être salutaire pour le cyclisme amateur. Après s'être fourvoyée dans des appellations qui ne parlaient pas aux coureurs (et encore moins aux foules...), la Fédération française de cyclisme est revenue aux bonnes vieilles catégories. Les coureurs redeviennent classés en 1 r e , 2 e ou 3 e catégorie et les juniors ont la possibilité de courir avec leurs aînés.
    DES COURSES DE 1, 2, 3 ET JUNIORS. Jo Guéguen, le président du Comité de Bretagne, se réjouit en constatant que « les organisateurs ont plutôt bien joué le jeu. Ceux qui, l'an passé, mettaient sur pied des courses de Nationaux et Régionaux sont, dans l'ensemble, passés à des épreuves de 1 r e , 2 e , 3 e catégories et juniors ». Il ajoute : « La réforme a été plutôt bien acceptée et le calendrier est équilibré. On espère désormais que les clubs qui ont des labels de DN1, DN espoirs et DN2 joueront le jeu en alignant leurs coureurs dans les épreuves fédérales ».
    COMMISSION DE LA FFC : GUÉGUEN DÉMISSIONNE. Le président du Comité de Bretagne regrette que seuls sept clubs bretons (au lieu de quatorze la saison passée...) aient obtenu le label DN2. « Les règles du jeu ont été définies trop tard pour permettre à certains clubs de répondre au cahier des charges. Au départ, la réforme devait être établie en 2007 et appliquée en 2008. Comme la feuille de route n'a pas été respectée, j'ai démissionné de la commission "refonte structurelle et catégorielle" ».
    DN2 : DEUX NOUVEAUX. On note l'arrivée de deux nouveaux parmi les sept clubs bretons de DN2 : le VC Rennais et le COC Fougerais. « Notre leader sera Stéphane Corlay et notre objectif consiste à disputer les plus belles courses du calendrier », explique André Le Blay, président du VC Rennais. Ce club compte une très riche histoire et quelques très belles pages furent notamment écrites par Marc Gomez, champion de France et vainqueur de Milan - San Remo. Quant au COC Fougerais, il se retrouve en DN2 par la volonté de ses coureurs. « Ils nous ont poussés à déposer une candidature et ils sont très heureux de constater qu'elle a été retenue », précise Jean-Louis Piette.
    À L'EXTÉRIEUR. Les Bretons sont de plus en plus nombreux à évoluer à l'extérieur du Comité de Bretagne. On les retrouve sous les couleurs de Nantes-Atlantique (Lucas, B. Monnerais, Naulleau, Cheval, Folgar et Chopin), de Vendée U (Quémeneur et Jeandesboz), du VC Rouen (les frères Ravaleu), de Sainte-Autreberthe (Blot et Frémin), de l'UC Sablé (Danion) ou encore du CC Etupes (Lebreton)...
    LES REVOILÀ ! Certains ont mis un terme à leur carrière à l'intersaison ; d'autres, et non des moindres, ont décidé de la reprendre : c'est le cas de Jean-Louis Conan qui reprend du service au VS Scaër mais aussi de Marc Feipeler, Samuel Le Gallais et Yann Vigouroux, tous anciens élites 2, qui ont signé au nouveau club de Saint-Carreuc, dans les Côtes-d'Armor. Attention à eux !
    UNE PENSÉE POUR LAURENT MARTIN. La saison va débuter sans Laurent Martin, l'un des leaders de l'EC Landerneau, fauché à 28 ans au retour d'une séance d'entraînement. Les coureurs vont beaucoup penser à lui dans les pelotons bretons ce week-end.

    • J. L. G. et Ph. P.

    L'EFFECTIF

    Julien Fouchard (21 ans, ex-EC Mayenne), Régis Geffroy (23 ans, ex-Lotus MBK), Yann Guyot (21 ans, ex-Véloce Vannes), Mathieu Halléguen (19 ans, ex-VS Scaër), Maxime Hardy (21 ans), Romain Hardy (19 ans, ex-Côtes-d'Armor juniors), Nathan Jones (25 ans, arrive d'Australie), Arnaud Madec (21 ans, ex-Véloce Vannes), Gaël Malacarne (21 ans, ex-UC Briochine), Joël Pearson (Aus, 24 ans), Mitchell Pearson (20 ans, arrive d'Australie), Ludovic Poilvet (24 ans, ex-Bretagne - Jean Floc'h), Vincent Quéguiner (19 ans, ex-Côtes-d'Armor juniors), Vincent Ragot (24 ans, ex-Lotus-MBK), Yann Rault (21 ans, ex-VCP Lorient), Nicolas Rosello (19 ans, ex-Côtes-d'Armor juniors), Filip Rudenstam (21 ans, arrive de Suède), Julien Sauvé (25 ans, ex-AC Lanester).

    DN ESPOIRS. BIC 2000. Une nouvelle étape

    « Formation espoirs 29 », la sélection hybride du Comité départemental, a quitté la route après deux petites saisons mais le Finistère figure toujours dans le peloton de la DN espoirs : le Brest Iroise Cyclisme 2000, ragaillardi par son retour remarqué en DN2, en a obtenu le précieux label. Le Bic... 2007, au propre comme au figuré, est plein d'espoirs.

    Le Bic renaît à l'ambition. Relancé par son retour en Division Nationale 2 l'an dernier, le club de la ville du Ponant a profité des vents portants monter son équipe de DN espoirs dès l'intersaison.
    Structure de proximité
    Un gage de crédibilité, une référence indispensable, selon Yvon Caër, l'homme providentiel à Brest. « Comme sur l'Essor breton, l'équipe a déjà réalisé de belles choses la saison dernière mais dans l'esprit des gens, je me suis rendu-compte qu'elle manquait encore de crédibilité au haut niveau, qu'elle n'était pas assez reconnue, tout simplement. Le Bic 2000, pourquoi le cacher, avait du mal à se faire un nom dans le peloton. L'obtention de ce label, j'en suis convaincu, va lui permettre de franchir ce pas », confie l'ancien directeur sportif de la DN1 espoirs de Haguenau (67), revenu au pays apporter son savoir-faire. Ses idées, aussi. « Notre orientation s'apparente vraiment à la philosophie des équipes de DN espoirs. Autrement dit, à celle d'une équipe intermédiaire. Au Bic 2000, contrairement à certaines DN1 comme Côtes-d'Armor - Maitre Jacques ou Super Sport 35, les coureurs ne font pas le métier à 100 %. Ils travaillent ou sont encore à l'école. Nous leur proposons donc une structure de proximité pour toucher le haut-niveau. Un peu comme un tremplin », explique Yvon Caër en ajoutant qu'il a, paradoxalement, rencontré davantage de soucis à recruter des coureurs qu'à obtenir des moyens pour les faire venir à la pointe du Finistère. « On manquait de crédibilité, je l'ai dit... »
    Formation et ambition
    Le directeur sportif brestois, pas découragé pour un sou, est parvenu à ses fins pour batîr un groupe de 14 hommes, savant mélange entre expérience (Michot, Simon, Laureau...) et jeunesse (Mahé, Jeannes, Le Gac, Roger...). « On a constaté, la saison passée, l'apport de nos capitaines de route. Ce sont nos porte-parole », poursuit Yvon Caër, éducateur et compétiteur dans l'âme. « Formation et ambition, à mes yeux, ne sont pas incompatibles. Je veux donc gagner des courses avec mes coureurs. Le Bic 2000 s'est donné les moyens d'exister et, comme l'an dernier, j'ai envie que l'on continue de surprendre ». Le Bic, aucun doute, va écrire une nouvelle page.

    • Ph. P.

    DN ESPOIRS. AC LANESTER 56. Du sang neuf

    Comme ces dernières saisons, l'AC Lanester 56, pensionnaire de la DN Espoirs, a présenté ses effectifs dans les salons de l'hôtel de ville. L'occasion de faire le point avec le président Jean-Yves Le Gall et le directeur sportif Rodolphe Henry, tous deux optimistes à quelques jours du lever de rideau.

    Les sept départs, compensés il est vrai par neuf arrivées et non des moindres, ont de quoi permettre aux dirigeants d'avoir confiance en l'avenir. « Notre structure se veut formatrice. Et dans ce registre, les motifs de satisfaction ne font pas défaut. Le système mis en place voici cinq ans fonctionne au-delà de nos espérances. De l'école de cyclisme à l'équipe fanion, nous sommes représentés dans toutes les catégories. Le travail en profondeur a porté ses fruits. L'an passé, on a enregistré 25 victoires et 50 podiums. On signe tout de suite pour un tel bilan cette année. Je dirai aussi, pour mettre l'accent sur la vitalité du club, que l'AC Lanester possède un savoir-faire en matière d'organisation. Nous avons en charge le Grand Prix de Lanester, le Tro Div Ster disputé en trois étapes, et la Melrandaise », où seront donnés précisément les trois coups, samedi, dans le fief de Jean-Claude Perron, l'adjoint avisé de l'ancienne terreur des pelotons lors des arrivées au sprint.
    On remet la gomme
    Rodolphe Henry, qui va entamer son quatrième exercice avec l'ACL 56, mesure le chemin parcouru. « Petit à petit, il y a eu une sorte de montée en puissance. Les preuves du bon boulot accompli sont les départs de Frémin, Sauvé, Folgar et de Le Corre pour des formations d'un niveau supérieur. Tout cela est normal, ça fait partie des règles du jeu. On ne repart cependant pas de zéro, mais nous serons obligés de rester concentrés sur le travail », souligne le responsable, ravi d'enrôler l'Australien Edmunds, le Canadien Nichol, champion junior de son pays, et le Néo-Zélandais Haydock, champion national du contre-la-montre. Outre ce trio d'étrangers, les prometteurs costarmoricains, Antoine Budet et Benjamin Le Montagner ont accepté de poursuivre leur apprentissage dans le club du Morbihan, destiné à figurer à plus ou moins long terme dans la cour des grands.

    dn1. CÔTES-D'ARMOR - MAÎTRE JACQUES. Un nouveau cycle

    Deux coureurs, pas un de plus. Sur les 19 garçons qui portent beau le maillot bleu azur de l'équipe Côtes-d'Armor - Maître Jacques en 2007, seuls deux d'entre-eux roulaient déjà sous les couleurs costarmoricaines la saison passée. Les autres, tous les autres, sont partis exercer leur talent ailleurs et pas moins de 17 recrues sont arrivées. Pour le début d'un nouveau cycle.

    « Six ou sept de nos coureurs espéraient passer professionnels en fin de saison ; certains ont réussi (Cyril Gautier, Arnaud Lesvenan), d'autres (Guillaume Blot, Fabrice Jeandesboz...) non. Ils ont donc souhaité rebondir dans un autre club, ce que je peux parfaitement comprendre », confie Yannick Botrel, l'un des directeurs sportifs costarmoricains, pour expliquer une intersaison plutôt mouvementée (12 départs) du côté de la maison Côtes-d'Armor - Maître Jacques.
    Trois ans de formation
    « Il n'y a rien d'illogique à cela. L'équipe de l'an dernier était arrivée à la fin d'un cycle de formation. La nouvelle, à son tour, va en débuter un. Comme avec la précédente, on se donne trois ans pour emmener certains coureurs vers le professionnalisme. Trois ans, le temps de les laisser mûrir... », poursuit celui qui collabore désormais avec Léonard Cosnier, transfuge du Comité régional où il s'occupait des meilleurs espoirs bretons. Côtes-d'Armor - Maître Jacques, par la force des choses, en a récupéré plusieurs pour porter son jeune groupe (21 ans de moyenne d'âge) à 19 coureurs (contre 13 l'an passé). « Il s'agit d'un nouveau challenge. On n'a pas la prétention d'être l'équipe dominante mais je pense que l'on parlera de nous en 2007. J'ai confiance, je suis convaincu que l'on va réussir à faire des coups. Pour y parvenir, nous allons nous appuyer sur le collectif. Notre force, comme souvent, sera collective », ajoute Yannick Botrel, déjà séduit par sa nouvelle promotion.
    Une année d'apprentissage
    La promo 2007 ne manque, il est vrai, pas de charme et elle aura le temps d'en abuser. « La saison à venir, compte tenu de la moyenne d'âge du groupe, ne sera pas déterminante. Pour la plupart des garçons, il s'agira surtout d'une année d'apprentissage. Dès l'an prochain, en revanche, certains d'entre eux devraient déjà monter en puissance », reprend Jean-François Rault, le manager général d'une équipe qui, comme sa devancière, aura à coeur de briller sur les différentes manches de la Coupe de France de DN1, les classiques bretonnes et le championnat de Bretagne. Le rapide Maxime Hardy et l'Autralien Joël Pearson, les deux rescapés de l'an dernier, en connaissent déjà les subtilités.

    • Ph. Priser

    DN1. SUPER SPORT - AC NOYAL-CHÂTILLON. Super Sport monte d'un cran

    Super Sport a changé de division, a changé de coureurs mais a gardé la même philosophie. « C'est tout simplement le début d'un nouveau cycle », résument les directeurs sportifs, Stéphane Heulot et Lylian Lebreton.

    Après trois saisons en DN espoirs, Super Sport 35 a donc franchi une nouvelle marche en accédant à la DN1. « Cela va nous donner accès à des courses comme la Classic Loire-Atlantique ou le Circuit des Ardennes où on va se frotter aux pros mais cela ne va pas changer grand-chose à notre mode de fonctionnement », explique Lylian Lebreton.
    Rolland pour exemple
    Avec son compère Stéphane Heulot, il s'efforce avant tout d'être un formateur et la plus belle réussite des deux anciens pros se nomme Pierre Rolland. Toujours licencié à Super Sport, l'Orléanais est devenu, cette saison, professionnel au Crédit Agricole et ses débuts au sein de l'élite sont très prometteurs. « Cela ne l'empêche pas de nous téléphoner toutes les semaines », se réjouissent Lebreton et Heulot, qui ont également vu trois autres de leurs coureurs passer pros : Guillaume Le Floch a été embauché par Bretagne - Armor-Lux et Florian Guillou et Jean-Marc Bideau ont rejoint la réserve d'Unibet.com. Ces quatre départs, ajoutés à quelques autres, ont amené Super Sport à recruter. Dix nouveaux sont arrivés dans le club sponsorisé par Pierre Le Duff et présidé par Alain Heulot.
    Perles rares
    Et il pourrait bien y avoir quelques perles rares dans le tas. Comme le Moldave Denis Cioban, par exemple. « C'est le plus gros moteur de l'équipe et il sait tout faire », commente Lebreton, qui compte aussi beaucoup sur le Canadien Fairall et le Normand Houanard, catalogués comme de grands rouleurs L'équipe a donc des rouleurs, des grimpeurs (Cioban sera bien épaulé par Le Yondre dans cet exercice) mais aussi des sprinters : Julien Gonnet et Cyrille Noël sont arrivés en provenance de Côtes-d'Armor - Maître Jacques. Gonnet a déjà glané des places d'honneur aux Plages vendéennes et Noël est bien le capitaine de route annoncé. « Il nous simplifie la vie », reconnaissent Heulot et Lebreton. Elle pourrait être très belle en 2007, d'autant que le partenariat avec l'équipe pro du Crédit Agricole sera le meilleur des aiguillons pour leurs jeunes pousses. La simple perspective d'un stage avec Hushovd, ça peut donner des ailes...

    • Jérôme Le Gall

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