30 décembre 2008 à 15h45
20.000EUR à Rennes, 13.000 à Guingamp, 8.500 à Lorient et
Brest : si on en croit les dirigeants des équipes bretonnes de
Ligue 1 et Ligue 2, voilà les salaires moyens mensuels brut des
joueurs évoluant dans leurs clubs respectifs. Les footballeurs
bretons, eux, restent très discrets concernant leurs revenus.
Des revenus qui flambent - surtout en L1 - depuis 2000 et ll'explosion des droits télé. « Sans cela, les joueurs gagneraient la moitié moins », souligne Noël Le Graët, président d'En Avant Guingamp et vice-président de la Fédération française de foot.
« C'est délicat d'en parler », « je préfère rester discret » ou encore « je n'ai pas très envie de dévoiler mon salaire » : interrogés sur leurs revenus, les footballeurs professionnels
bretons que nous avons pu contacter se sont poliment abstenus de répondre, utilisant leur joker sur la question. Certains, tout simplement parce qu'ils ont jugé que c'était quelque chose de personnel. D'autres ont refusé par pudeur ou par crainte de la jalousie, tant les gains des footeux attisent les convoitises.
Charte. Ce qu'elle prévoit pour les footballeurs
Dans le monde des footballeurs, il ne fait pas bon être « à la charte ». C'est ainsi qu'on appelle la convention collective qui fixe les salaires mensuels (brut) minimums des joueurs. Autrement dit, le Smic du footballeur qui ne s'applique qu'aux tout jeunes joueurs, en L1 et en L2. Ce salaire minimum n'est pas identique pour tout le monde : il est progressif sur les trois premières années de contrat et dépend du cursus (un joueur issu des rangs amateurs ne perçoit pas autant qu'un autre formé dans un centre de formation de L1).
- En National, un joueur signant un contrat ne peut percevoir moins de 1.560EUR la première année, 1.950 la deuxième, 2.340 la troisième.
- En L2, les valeurs sont les suivantes : 2.015EUR la première année, 2.470 la seconde, 2.990 la troisième.
- En L1, les valeurs sont de 2.600, 3.250 et 3.900 les années 1, 2 et 3 pour un joueur issu des rangs amateurs. Pour un joueur qui a suivi un cursus « élite », elles sont respectivement de 4.160, 4.680 et 5.200.
On peut être titulaire au Stade Rennais et gagner «seulement » 4.000EUR brut (3.200EUR net). On utilise le terme « seulement », car quand on voit les revenus pharaoniques des stars du ballon rond, ou même le salaire moyen d'un footballeur de Ligue 1 (34.600EUR, source Union financière de France, Sport conseil), on ne s'imagine pas forcément qu'un joueur, aussi jeune soit-il, puisse démarrer avec 3.200EUR en L1.
« 20.000EUR de moyenne »
Mais qu'on se « rassure » : à Rennes (8e budget de L1 avec 37 millions d'euros), ils sont nombreux à grimper bien plus haut. « Nous avons 27 pros. Chez nous, un joueur gagne environ 20.000EUR brut en moyenne (soit à peu près 16.000EUR net) », annonce Pierre Dréossi. Soit... Quant à connaître le montant du plus gros salaire... « C'est beaucoup », admet le manager du club breton, après avoir hésité avant de répondre. « On est quand même loin des 100.000EUR », affirme-t-il. Mais sûrement pas très loin des 70.000EUR net pour les quelques stars de l'équipe, auxquels il faut ajouter les revenus des sponsors. « Aujourd'hui, Rennes ne peut pas faire signer un seul joueur du PSG. Ils sont trop chers », selon le manager rennais. « Quant à Christian Vieri, par exemple, son salaire était plus élevé que celui de toute notre équipe réunie quand on a joué contre Monaco ».
1.000EUR la victoire
Le salaire, c'est une chose, les primes, c'en est une autre. A commencer par les primes de match. « C'est 1.000EUR la victoire en championnat, 500EUR le match nul », reconnaît le manager rennais. De l'argent de poche (ou presque) pour les joueurs à très gros revenus de l'équipe. Un joli complément pour les plus jeunes quand on sait que le Stade Rennais, en fin de saison, a aligné huit succès en à peine deux mois. « Dans tous les contrats, il y a un fixe plus une prime d'objectif en fonction du classement en fin de championnat. Elle correspond à un pourcentage du montant total des primes de la saison », indique encore Pierre Dréossi. De quoi ajouter une louche de caviar pour certains, mettre un peu de beurre dans les épinards pour les autres...
FC LORIENT. DE 3.000 À 12.000EUR.
Au FC Lorient, une chose est certaine : avec la montée du club en Ligue 1, les salaires vont forcément faire un bon en avant la saison prochaine. En attendant, les joueurs qui ont participé à cette accession se sont partagé l'enveloppe globale qui avait été déterminée à l'entame du championnat en cas de podium. Toujours concernant les primes, une victoire rapportait cette saison 675EUR (le nul 225EUR) à chacun des 16 joueurs inscrits sur la feuille de match, qu'il entre en jeu ou pas. Si un 17e joueur était écarté au dernier moment, il touchait une demi-prime. Un système de prime spéciale avait également été mis en place lorsque les joueurs réalisaient une série de quatre matchs avec trois succès et un nul à l'extérieur. Dans ce cas, la victoire valait 900EUR, le nul 300EUR (les Lorientais ont réalisé cette série à deux reprises). Mais c'est bien sûr le salaire qui était le principal revenu des joueurs : il s'est étalé de 3.000EUR à peine pour un jeune pro comme Morel à 12.000EUR et environ pour les mieux payés.
GUINGAMP. EN HAUT DE L'ÉCHELLE.
Avec son budget de 15 millions d'euros, Guingamp faisait figure de mastodonte cette saison en Ligue 2. Un budget qui, automatiquement, a eu des répercussions sur les revenus. Sans compter les plus jeunes ni les contrats privés avec Adidas dont disposent une quinzaine de joueurs, un Guingampais gagne aujourd'hui 5.500EUR net par mois minimum. Soit à peine plus que ce que touchait un certain Didier Drogba à son arrivée à Guingamp. « Il était à environ 5.000EUR par mois », se souvient Noël Le Graët, avant de revenir sur cette saison 2005-2006 : « Le salaire le plus haut ? 21.000EUR brut (17.000EUR net environ) », répond le président guingampais, en ajoutant : « Il n'y a jamais eu chez nous un salaire à plus de 30.000EUR ». Si les émoluments étaient en haut de l'échelle, les primes de match étaient quant à elles au ras des pâquerettes. « Au minimum syndical. Par contre, si on était monté, chaque joueur aurait reçu une prime substantielle », indique Noël Le Graët, sans révéler son montant. Enfin, aucune prime à la signature, qui équivaut selon Le Graët à 2-3 mois de salaire, n'a été accordée l'an passé. Pas plus que des avantages en nature.
BREST. RIBÉRY AVAIT 2.350 EUR !
Si on excepte Matthieu Dinet, payé à la charte car c'était son premier contrat pro, les salaires net mensuels se sont étalés de 3.000 à 12.000EUR environ au Stade Brestois lors de la saison qui vient de s'achever (salaire moyen : 7.000EUR net; 6.000EUR en 2004-2005). A titre de comparaison, lors de son passage à Brest en 2003-2004, Franck Ribéry, devenu depuis superstar à Marseille, ne touchait « que » 2.350EUR net par mois. Il est vrai que l'équipe stadiste évoluait alors en National, la troisième division française. « Cette année, la plupart gagnaient entre 8 et 10.000EUR brut », confie Michel Jestin, le président du club finistérien, soucieux de ne pas avoir trop d'écarts de revenus entre ses joueurs. Comme partout, les primes de match sont monnaie courante. A Brest, elles étaient distribuées en fonction du classement de l'équipe. Prévues pour aller du simple au double, elles n'ont dépassé les 550EUR par victoire du fait de la saison médiocre, alors que les joueurs se sont partagé 50 % des recettes de chaque tour franchi en coupe.
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