17 avril 2009
Les sudistes ont commencé à toucher les fruits de leur option et reviennent aux avant-postes. Au nord et au centre, on fait de la résistance à l'image de Nicolas Troussel toujours leader.
Cette fois, la bulle anticyclonique qui barre la route des Antilles a nettement freiné les solitaires sous son influence et redistribué les cartes sur l'Atlantique. Si Nicolas Troussel conservait encore le fauteuil de leader hier, la menace sudiste se faisait pressante avec un rapproché spectaculaire au fil des classements du trio Tabarly, Morvan, Gabart.
Troussel combatif
«Je ne m'attendais pas à ce qu'on ait si peu de vent ici mais on fait avec et on essaie de bien faire avancer le bateau même si on voit qu'au sud ils vont plus vite. Ils ont plus de vent mais même s'ils reviennent ça reste raisonnable», confiait, hier, Nicolas Troussel qui ne s'affolait pas. Sous spi, dans des petits airs instables, le skipper de Financo, qui barre énormément en raison d'une girouette défaillante, fait de la résistance: «C'est le moment de tout donner, de mettre du charbon pour retrouver de l'air au plus vite», lâchait-il. Indéniablement le différentiel de vitesse était en faveur des sudistes qui touchent les fruits de leur option mûrement choisie il y a plusieurs jours. Les dividendes se traduisaient en milles avidement grignotés et en places gagnées au classement. «Le décalage au sud a été très payant la nuit dernière et cela devrait l'être encore aujourd'hui je l'espère du moins. Les fichiers de vent montrent que je devrais avoir plus de pression pendant trois à quatre jours», confiait Erwan Tabarly tenté de pousser encore son option. Naviguant trois noeuds plus vite que les nordistes au cours de la nuit, le skipper d'«Athema» pouvait savourer la première récompense de son décalage sur le plan d'eau. Une quarantaine de milles repris à ses adversaires, le gain était appréciable. Mais il ne versait pas pour autant dans une euphorie prématurée. «Je ne m'enflamme pas non plus. La route est encore longue et il y aura encore beaucoup de coups à jouer. Il y a les fichiers météo et il y a la réalité... », analysait-il avec prudence. À mi-parcours de cette transat Belle-Ile - Marie Galante, les dés sont loin d'être jetés et les protagonistes sont sur la réserve. Si les nordistes sont assaillis par le doute, les sudistes se gardent bien de crier victoire.
Morvan sur le podium
Mais outre les milles repris depuis 24heures, ces embusqués du Sud ont marqué des points importants au niveau psychologique. Ils devaient bénéficier encore pendant plusieurs heures d'un vent supérieur en moyenne de 30% à leurs concurrents plus positionnés au Nord. Ce scénario devrait encore favoriser un resserrement des positions en tête de la flotte. Hier, en fin d'après-midi, le grand Gildas Morvan avait hissé son «Cercle Vert» en troisième position à 28,5 milles du leader et moins d'un mille de Gérald Véniard. Erwan Tabarly, le plus rapide de la flotte, était sur le point de déposséder Thierry Chabagny de la quatrième place. Ce grand retour des sudistes aux avant-postes devrait donc se confirmer ce matin. Au onzième jour de course, la bataille bat son plein sur l'Atlantique et le jeu reste très ouvert.
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