« Je reviens de très loin, lance-t-elle. On pense toujours que ça n'arrive qu'aux autres, il faut balayer rapidement cette idée et se dire que le dépistage est indispensable ». Assise dans le salon de son coquet pavillon, aux côtés de son mari Raymond, Thérèse Cosseron nous raconte son accident de santé dans le détail, sans jamais sombrer dans le récit plaintif. Elle veut tout simplement dire à tout un chacun qu'il faut « laisser son appréhension ou sa pudeur au vestiaire » et se rendre régulièrement aux centres d'examen.
Une bonne hygiène de vie Le couple Cosseron a passé l'essentiel de sa vie professionnelle dans la capitale. « Nous avons toujours eu une bonne hygiène de vie et un suivi médical régulier », explique Thérèse. En revenant dans leur pays natal en 1982, Thérèse et Raymond n'ont pas changé leurs habitudes. Des voisins, devenus des amis, font un check-up complet tous les cinq ans au centre d'examen de santé de Saint-Brieuc et leur conseillent d'en faire autant.
Un 13 décembre « La visite complète dure toute la matinée, on passe dans les différents services, rien n'est laissé au hasard », raconte Thérèse Cosseron. Pas de souci, jusqu'à cette visite de contrôle d'octobre 1999, où les analyses de selles révèlent la présence de sang. Le verdict tombe le 13 décembre. Le spécialiste lui annonce un cancer du rectum. « Le ciel m'est tombé sur la tête, je n'avais aucune douleur, raconte-t-elle. Je suis allée une semaine chez les enfants ».
Le moral, c'est 50 % 35 séances de rayons, une longue opération de plus de cinq heures à la clinique de Dinan en mars 2000, une poche provisoire servant d'anus artificiel pendant trois mois... « Je n'ai jamais perdu le moral, il compte à 50 % dans la lutte contre la maladie et la bataille pour la guérison ». Le naturel revient au galop. Dès le mois de juillet 2000, elle revient à sa passion, la danse de société, et va esquisser quelques pas avec Raymond. Des premiers pas qui comptent et vont en appeler d'autres. Aujourd'hui, elle a repris une vie tonique, pratiquant la marche, le vélo, la gymnastique. Et elle a retrouvé, deux fois par semaine, le chemin des bals avec son mari, s'adonnant aussi bien à la valse qu'au tango, au paso-doble ou à la country. « Je fais une prise de sang tous les ans, une visite au centre d'examen tous les cinq ans. Je fais aussi un peu attention à ce que je mange, mais je peux vous dire que la vie est belle, lance Thérèse. Sans l'examen de dépistage, je ne serais pas là aujourd'hui. Dites à tout le monde d'en faire autant ».
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