Même s’il tue moins que sur l’ensemble de la France, le cancer du poumon, des bronches et de la trachée est la première cause de mortalité de cancer chez les hommes, et la troisième chez les femmes, en Bretagne. Pour ce cancer, comme pour beaucoup d’autres, la situation régionale recouvre d’importantes
disparités avec une mortalité beaucoup plus élevée dans le Finistère qu’en Ille-et-Vilaine.
Prostate : une surmortalité de 20 %
Le cancer des voies aéro-digestives supérieures (bouche, pharynx, larynx, œsophage) reste en Bretagne, malgré une décroissance, très fréquent chez les hommes. Une étude de l’Observatoire régional de la santé montre que sur les 21 pays bretons, 19 présentent une surmortalité pour ce cancer. Les taux de mortalité les plus élevés sont dans la région de Brest et dans le Centre-Bretagne, tandis que le pays de Rennes affiche la mortalité la plus faible, plus de deux fois moins élevée qu’à Brest. Le cancer de la prostate est une autre spécificité bretonne avec une nette surmortalité, de l’ordre de 20 %. Seul le Morbihan connaît une mortalité proche de la moyenne nationale. Concernant le cancer du colon et du rectum, les chiffres de la mortalité sont devenus assez proches de la moyenne française. Il existe cependant là aussi des écarts importants, mais cette fois en faveur de l’ouest de la région. Dans le pays de Brest on observe chez les femmes une sous-mortalité de 14 %, alors qu’au sud-ouest de Rennes on constate une surmortalité de plus de 50 %.
Cancers du sein : l’est de la région plus touché
Le cancer du sein tue moins en Bretagne qu’ailleurs (- 14 %) même s’il reste la première cause de mortalité par cancer chez les femmes. Mais ce que l’on remarquera c’est la très forte augmentation du nombre de nouveaux cas lors de la dernière décennie : + 48 %. Sans que l’on sache vraiment pourquoi, la partie est de la région est beaucoup plus touchée que l’ouest par cette tumeur. Tous les pays situés à l’ouest d’une ligne Saint-Brieuc-Lorient se trouvent dans une situation favorable par rapport à la moyenne nationale. Le nombre de cas est également en nette augmentation pour le cancer du mélanome : + 84 % entre 1990 et 2000. Ces tumeurs représentent chez la femme 5 % des nouveaux cas de cancers.
Yvon Corre.