9 octobre 2008
Le départ de la 5 e et dernière étape, qui mènera la flotte à Istanbul, a été donné hier à 16 h 48. Une ultime bataille pour désigner le vainqueur de cette Transméditer-
ranéenne en solitaire.
Clin d'oeil symbolique de l'histoire : la flotte, qui a quitté l'île de Bozcaada au milieu de la nuit, a déposé les armes le temps de sillonner, au moteur, le détroit des Dardanelles où il est interdit de régater en raison du trafic maritime intense.
Cette trêve de la compétition, dans un haut lieu et des eaux qui gardent le souvenir de combats sans merci, a été appréciée par les 27 solitaires qui ont eu le temps d'apprécier des paysages incroyables. « Je suis dans les Dardanelles, entre l'Europe et l'Asie, c'est sympa de se dire cela, j'ai un peu impression de voyage et d'exotisme. Il y a des minarets le long de la côte, on sent qu'on a fait quelques milles depuis Nice... », confiait notamment François Gabart, le jeune skipper d'« Espoir Région Bretagne », actuel troisième du général.
Vent faible
Pour autant, après les Dardanelles, pas d'armistice qui tienne ! Après cette trêve de 60 milles au moteur, l'heure des dernières hostilités a de nouveau sonné. Au large des plaines arides et désertes de la Thrace, cinq milles dans l'est de Gelibolu, les 15 préparateurs ont débarqué des monotypes pour rejoindre les bateaux accompagnateurs. À 16 h, les jaugeurs ont entamé leur grande campagne de plombage. Quant au comité de course, il cherchait le vent perdu pour mouiller la ligne de départ et donner le coup d'envoi de ce cinquième parcours d'une centaine de milles en direction d'Istanbul. A 16 h 48, les 27 solitaires ont enfin pu s'élancer dans un léger flux d'est nord est de 6 à 7 noeuds.
De l'attaque dans l'air
Cette étape, la plus courte de cette Transméditerranéenne de 1.650 milles, s'annonce aussi la plus nerveuse et la plus tendue. Au-delà des entourloupes du vent, il faudra compter avec les ambitions de chacun. Au louvoyage, sur une mer encore mal connue, tous les coups tactiques seront permis. Gildas Morvan (« Cercle Vert »), François Gabart (« Espoir Région Bretagne »), Gildas Mahé (« Le Comptoir Immobilier »), Marc Emig (« Capitol ») ou encore Thierry Chabagny (« Suzuki Automobiles ») se tiennent tous en 1 h 10. Il y a de l'attaque dans l'air. Si le leader Nicolas Bérenger semble à l'abri d'une mauvaise surprise, derrière, c'est très ouvert. Les trois plus proches poursuivants du premier progressent, eux, dans un mouchoir de 30'. Ils vont donc disputer une dernière régate style chaises musicales pour se partager le podium dans les eaux du Bosphore
Le dénouement est prévu ce jeudi à la mi-journée avec en toile de fond les minarets et les coupoles d'Istanbul, ville symbole jetée comme un pont entre l'Orient et l'Occident. Un décor de rêve offert aux Figaristes pour conclure une saison 2008 vraiment intense.
