23 avril 2009
Comment Brest a-t-il pu laisser filer, mardi soir à Reims, un succès qui lui tendait les bras, et qui aurait rendu bien moins stressante sa fin de saison? La manière dont l'équipe stadiste a perdu ce match qu'il ne fallait surtout pas perdre dépasse l'entendement.
Passe encore de rater une occasion (De Carvalho de la tête, 18e). Mais deux (Masson servi idéalement face au but, 24e), ça commence à faire beaucoup dans un match d'un tel enjeu. Ensuite, ne pas profiter de l'expulsion de Deaux pour asseoir encore plus sa domination, laisser Kermorgant sans surveillance sur le flanc gauche de la défense pour inscrire le premier but comme à la parade et, pour couronner le tout, être aux abonnés absents à nouveau sur deux coups de pied arrêtés, là ça devient franchement énorme, voire grotesque.
Les 15e et 16e buts endurés sur coups de pied arrêtés!
En moins d'une heure, on a eu un condensé de toutes les lacunes relevées dans le jeu brestois au cours de la saison. Pour Gérald Baticle, le match aurait pu être découpé en trois parties correspondant chacune à un manque important pour son équipe: «L'efficacité offensive dans la première partie où on avait le match en mains sans avoir pu, par maladresse, par malchance, par l'absence d'un instinct de tueur, convertir les occasions les plus nettes. La solidité défensive au cours du second tiers, où nous avons manqué de rigueur et de concentration, notamment sur les coups de pied arrêtés. Enfin, le petit brin d'énergie supplémentaire en fin de match pour aller arracher le match nul, alors que nous avons joué le tout pour le tout en recourant à six joueurs offensifs pour tenter de contrer le passage des Rémois à cinq défenseurs.» Mais le plus hallucinant est que Brest ait concédé trois buts en vingt minutes à une équipe subitement réduite à dix joueurs et qui était auparavant au troisième sous-sol. Dont deux sur coups de pied arrêtés, ce qui est, cette saison pour Brest, une tare rédhibitoire. Sur les 41 buts encaissés en championnat depuis le 1eraoût, 16 l'ont été en effet sur coups de pied arrêtés (soit plus d'un tiers), dont 12 depuis la trêve hivernale! Des chiffres suffisamment évocateurs de la faiblesse de Brest dans un secteur de jeu aujourd'hui si décisif.
Rebondir dès vendredi
«Dans le pire des cas, on aurait dû repartir avec le match nul. J'y ai cru jusqu'au bout, même après avoir frappé sur la transversale. La déception est vraiment énorme», confesse Basile De Carvalho. «On rate, François (Masson) et moi, deux belles occasions d'ouvrir le score. Or, le football, c'est avant tout le réalisme, comme l'avait déjà montré notre match à Bastia, où je parviens à marquer juste après le beau réflexe de Julien (Lachuer) face à Mendy.» Le match face à Sedan vendredi, avant deux déplacements compliqués à Châteauroux et à Vannes, prend du coup un caractère capital. Brest ne pourra plus se rater. «Il faudra prendre les trois points coûte que coûte», mesure De Carvalho. «Et cela peut être une bonne chose de rejouer trois jours seulement après une telle déception.» Mais les Brestois auront-ils récupéré physiquement et mentalement des efforts fournis à Reims et de cette amère désillusion, comme les y invitait très fortement leur entraîneur à l'issue du match de mardi? De la réponse à cette question dépendra pour beaucoup leur salut en Ligue 2.
en vue du match de vendredi contre Sedan a été perturbée par le brouillard qui sévissait sur la région rémoise mardi soir et qui a remis à hier matin le décollage de l'avion du retour, obligeant les Stadistes à passer la nuit à l'hôtel. Du coup, la séance de relaxation en piscine prévue hier a dû être annulée, pour laisser place à une séance d'entraînement à 17h. sont restés aux soins hier après-midi: Guégan (coup sur un tibia), Brou Apanga (cuisse douloureuse) et Poyet (pied douloureux). qui a porté les couleurs de Brest en 2004-2005, puis celles de Reims de 2005 à 2007, avant d'émigrer à Boulogne où il a joué jusqu'en décembre, a profité de l'occasion pour rendre une visite amicale aux Brestois à leur hôtel après le match.
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