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Vannes ville

Rue St-Guénhaël. Un patrimoine à restaurer

6 mai 2009

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C'est l'une des plus anciennes maisons de Vannes. Vieille deprès de six siècles, cette vaste demeure des 17 et 19 rue Saint-Guénhaël va être restaurée par un propriétaire privé. Tout y est à refaire.

L'acheteur se nomme SCI des Lavoirs. Une société civile immobilière au sein de laquelle l'on trouve Georges Grégoire. L'ancien adjoint à l'économie est celui qui a voulu cette restauration. Et qui a fini par s'associer avec un partenaire pour faire face à l'ampleur financière du projet. La ville, qui en était le propriétaire, a cédé en 2005 l'ensemble immobilier pour un montant de 245.000 EUR. Il abritait jusque-là quelques associations et le comité des fêtes. En apparence, il s'agit de deux maisons distinctes. Mais en réalité, «pour le cadastre, c'est une seule propriété», confirme Georges Grégoire.

Un patrimoine exceptionnel

Une cave commune et un sas de communication à l'étage confirment l'unité architecturale du bâtiment. L'archive la plus ancienne, trouvée par l'historien du patrimoine Gérard Danet, date de 1476. Certains détails laissent à penser que, parmi les 170 maisons à pans de bois encore existantes, celle-ci est bien l'une des plus anciennes de la ville. Les façades et toitures des deux bâtiments sont inscrites ou classés à l'inventaire des Monuments historiques. Jean-Pierre Leconte est l'architecte du patrimoine (*) qui mène les opérations de restauration pour le compte de la SCI. Selon ce spécialiste, «si le nº 19 est assez classique, le 17 est déjà beaucoup plus exceptionnel. Les deux premiers étages sont en pierres et non en bois, comme cela se faisait à l'époque. Et puis il y a cet intrigant arc en pierres à l'entrée. Des recherches sur les archives privées pourraient révéler des surprises...»

Un an de travaux minimum

Selon lui, elles pourraient permettre de découvrir que la date de la construction est encore antérieure au XVesiècle. Au mieux, les travaux de restauration ne commenceront pas avant la fin de l'année. Le montant estimé s'élève à 600.000 EUR. Une somme qui est à la hauteur d'un chantier où tout est quasiment à reprendre. «Le bâtiment intérieur est dans un très mauvais état. Tout est à refaire. Il y a eu des travaux de consolidation dans les années 50. Mais dans ces années-là, on faisait à l'économie». Des armatures métalliques ont été posées pour maintenir la structure. Elles seront supprimées. S'agissant du nº 17, un tiers des poutres en bois doit être remplacé. Pour cela, l'ossature de l'étage sera mise à nu. C'est par cette maison que devraient débuter les travaux. Avant la fin de l'année espère Georges Grégoire. Le chantier, s'il suit l'échéancier espéré, ne sera pas bouclé avant fin 2010.

  • Loïc Berthy

Appartements et commerce «dans l'esprit de la rue»

«Cet achat, c'est un coup de coeur. Aucun investissement n'est rentable quand on s'attaque à du patrimoine classé ou inscrit aux Monuments historiques. Le seul intérêt, c'est le plaisir de restaurer une très belle demeure, qui est l'une des plus photographiées de la ville». C'est dans cet état d'esprit que Georges Grégoire s'était lancé dans l'acquisition des 17 et 19 de la rue Saint-Guénhaël. Ce qu'il réalisait moins, c'est le temps que mettent de tels projets pour aboutir. Les travaux ne débuteront, au mieux, que quatre ans après l'achat de la propriété. «Les Bâtiments de France sont très exigeants et cela prend donc beaucoup, beaucoup de temps pour obtenir toutes les autorisations nécessaires». Reste que le bout du tunnel est en vue. Dans trois ans, l'intérieur vétuste et complètement dénaturé aura laissé la place à des appartements et des locaux commerciaux. «L'intérieur a dû pas mal souffrir. On sait que l'escalier et les cheminées ont été détruits. Des cloisons et des faux plafonds cachaient tout de l'aspect d'origine». Ces aménagements ont été réalisés dans les années 50, après le rachat des bâtiments par la ville. La remise au jour du cadre naturel s'apparente à une remontée dans le temps. Sur les murs, des couches successives de tapisseries témoignent des occupations passées. Aux étages supérieurs, qui datent du XVIIesiècle, le sol en terre battue et les cloisons en torchis, remplies de fuseaux de châtaignier trempés dans l'argile, sont d'origine. L'étude de la façade a aussi montré que le niveau de la rue était auparavant beaucoup plus élevé. Il a été rabaissé d'environ 70cm, lorsque la rue, dont la pente était très irrégulière, a été nivelée. Des marches ont donc été rajoutées pour accéder au rez-de-chaussée. C'est cet étage qui sera destiné à une activité de commerce. «En harmonie avec l'esprit de la rue», indique Georges Grégoire, qui verrait bien une galerie artistique s'y installer.

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«Le bâtiment intérieur est dans un très mauvais état. Il y a eu des travaux de consolidation dans les années 50. Mais à l'époque, on faisait à l'économie».

  • Jean-Pierre Leconte, architecte du patrimoine.

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