23 avril 2009
Les Tréteaux lyriques populaires, association vannetaise, ne chôment pas, avec deux spectacles en préparation, dont un opéra féerique de Haendel pour les 14es Créneaux de Suscinio.
Réalisé dans du bois de palette recyclé et se présentant comme une grande vis sans fin, l'imposant décor mesure neuf mètres de haut. «C'était un défi, il me fallait adapter mes connaissances du bâtiment aux contraintes du spectacle», explique Fred Kermel, l'artisan elvinois qui l'a conçu. C'est le metteur en scène Érik Krüger, président des Tréteaux lyriques populaires, qui lui a passé cette commande un peu folle: «Je l'ai pensé pour les deux productions à venir: "L'Opéra des Gueux" et "Alcina"». Après «Richard Coeur de Lion» l'année dernière, c'est en effet cet opéra féerique de Haendel qui sera coproduit, avec l'ensemble instrumental strasbourgeois «Le Parlement de Musique» de Martin Gester, du 5 au 12août pour les quatorzièmes Créneaux de Suscinio. Point commun de ces deux oeuvres: elles ont été créées à Londres dans les mêmes années, vers 1720. Là s'arrête la comparaison. «L'Opéra des Gueux», comédie musicale de Benjamin Britten, s'inspire de l'oeuvre de John Gay, qui avait fait un tabac à l'époque. John Gay l'avait conçu en réaction aux opéras de cour, dont «Alcina» est une parfaite illustration. «D'où l'intérêt de recréer les deux simultanément, avance Érik Krüger. On remet au goût du jour la confrontation».
Démocratiser l'opéra
L'optique est inchangée: «Monter des oeuvres du grand répertoire, en privilégiant la dimension visuelle et théâtrale, pour les rendre attrayantes au grand public et démocratiser l'opéra». Les rôles sont déjà distribués. Avec des chanteurs des quatre coins d'Europe pour «Alcina»: une Autrichienne, deux Espagnols, un Bulgare, deux Italiennes et deux Français. Soit deux troupes de six chanteurs qui alterneront. Des répétitions publiques seront données en juin au château de Suscinio.
«Un crève-coeur»
Pour «L'Opéra des Gueux», des chanteurs professionnels ont été recrutés à travers la région. «Ce que l'on vise, c'est de constituer une troupe lyrique bretonne qui pourra faire d'autres spectacles», avance Érik Krüger. Le metteur en scène ne manque ni d'activités, ni d'idées, même si certains de ses projets ont été contrariés. Il avait acheté un local face à la gare pour 90.000EUR, où est actuellement entreposé l'imposant décor pour ses spectacles. «On s'est endetté pour acquérir ce hangar dans l'espoir d'en faire une scène alternative au Palais des arts, ce qui aurait permis de le désengorger et de faire la part belle aux associations locales, explique-t-il. Mais la Ville ne nous a pas suivis, alors qu'on aurait pu l'aménager pour un coût dérisoire: 500.000EUR. On vient de le revendre. C'est un crève-coeur de devoir le quitter. Et une nouvelle preuve que la vie culturelle ne décolle pas à Vannes».
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