17 avril 2009
Le service de réanimation de la clinique Océane cessera de fonctionner à partir du 1ermai. Le 30juin, ce sont les urgences qui fermeront. Médecins et personnel invitent la population à marcher contre ces suppressions.
Ouverture de la clinique en 2004
La clinique Océane a ouvert ses portes sur le site du Ténénio en 2004, née de la fusion des cliniques Sainte-Claire, le Sacré-coeur et le Parc, ainsi que du centre de radiologie Saint-Yves. Elle est rachetée en octobre2007 par le groupe Vitalia présidé par le docteur Christian Le Dorze.
Personnel et médecins
La clinique dispose de 380 lits et places. 650 salariés y travaillent (CHBA: 2.761 agents). Clinique Océane: 120 praticiens (CHBA: 228 médecins de tous statuts et 47 internes).
Activités 2008
Clinique Océane: 88.016 journées d'hospitalisation (CHBA: 42.093hospitalisations à temps complet et 30.544 hospitalisations à temps partiel). Océane: 25.000 interventions chirurgicales (CHBA: 10.715 interventions chirurgicales). Océane: 15.000passages au service de soins urgents (CHBA: 65.787 passages). Océane: 1.348 naissances (CHBA: 2.329). Océane: 2.100journées de réanimation.
Soins urgents
En 1999, la clinique Sainte-Claire avait fait une première demande de service d'urgences. En 2004, à la fusion des cliniques, un service de soins urgents est ouvert à la clinique Océane. Les responsables espéraient que le service serait reconnu par l'Agence régionale de l'hospitalisation (ARH) et bénéficierait ainsi du financement. Cinq ans plus tard et après deux recours auprès du tribunal administratif, le service n'est toujours pas intégré dans le Schéma régional de l'organisation sanitaire (SROS). Première conséquence, il y a un an, en mai2008, les médecins décident de ne plus fonctionner la nuit. Finalement, le 19mars dernier, le patron de Vitalia, Christian Le Dorze, annonce que faute de reconnaissance le service va fermer, expliquant que «le groupe perd 900.000EUR par an pour les urgences». Antoine Perrin, directeur de l'ARH explique que «Vitalia a voulu passer en force». Il précise qu'«il n'est pas question de payer pour des urgences qui n'ont pas d'existence officielle. Le SROS a été établi sur la base des conclusions des comités techniques régionaux de réanimation et des urgences qui rassemblent les réanimateurs et les urgentistes. Ces médecins ont estimé qu'il existe déjà un service par territoire et qu'il n'est pas nécessaire d'en créer un autre». Désormais, les cinq médecins du service réfléchissent à une nouvelle organisation de type maison médicale. Reste la question du personnel: infirmières (cinq temps plein), deux aides-soignantes, deux secrétaires et un agent.
La réanimation
En 2005, lors de l'élaboration du SROS, le directeur de la clinique s'inquiétait du maintien de son service de réanimation de huit lits. Lorsqu'il a pris ses fonctions au début de l'année 2009, le nouveau directeur, Stéphane Farjat, indiquait que «le service est toujours en activité mais le problème vient de la contrainte tarifaire. Il nous faut l'autorisation de l'ARH avec qui nous sommes toujours en discussion. On ira jusqu'au bout des démarches pour avoir cette reconnaissance». En mars, Christian Le Dorze a annoncé que la réanimation qui coûte 1 MEUR par an à la clinique fermera pour être transformée en unité de suivi.
Non. La décision prise par Vitalia de fermer est définitive, puisque l'ARH ne veut pas reconnaître l'utilité d'un service de réanimation et d'urgences à la clinique pour le secteur de Vannes.L'idée d'une marche a été lancée car, si l'Agence régionale de l'hospitalisation campe sur ses positions, je veux que les gens sachent quelle sera alors la situation sanitaire dans le secteur de Vannes. Il faut savoir qu'il n'y aura plus que quatre lits de réanimation pour 100.000 habitants, pour une moyenne nationale de 9,6 lits pour 100.000 habitants: un des taux les plus bas de France. Par ailleurs, le service de réanimation de l'hôpital est déjà saturé à 90%. Lorsque le SROS (NDLR: Schéma régional de l'organisation sanitaire) a pris la décision qu'un seul site était nécessaire pour le secteur de Vannes, deux recours ont été faits au niveau national, au CNOS (Comité national de l'organisation sanitaire). ?? chaque fois, les avis étaient favorables, mais ils ne sont que consultatifs, au maintien du service de la clinique; justifiés par le fait que la disparition de la réa entraînerait une saturation et pourrait poser des problèmes au service de l'hôpital.Pour moi, la démonstration est faite qu'il y a une utilité publique à conserver ces deux services, la réanimation et les urgences. On peut donc espérer que l'ARH nous accorde une enveloppe pour tenir jusqu'à l'élaboration du prochain SROS en 2010. Contre la fermeture de la réanimation et des urgences de la clinique, les médecins et le personnel des services appellent l'ensemble du corps médical et tous les services, les usagers, ainsi que les professionnels de santé des secteurs public et privé à la mobilisation, demain samedi 18avril à 10h30, place de la mairie. Le cortège devrait passer par le marché pour se rendre jusqu'à la préfecture.
François Goulard, maire de Vannes, accueillera les participants à la marche contre la fermeture des urgences et de la réanimation, demain samedi matin à 10h30, place de l'hôtel de ville. Ledéputé-maire de Vannes a écrit un courrier à la ministre de la Santé, Roselyne Bachelot, qui lui a répondu qu'elle demandait àl'un de ses services de faire une enquête dans le secteur deVannes.
Près de 3.000 signatures ont été réunies et des pétitions circulent toujours en ville. «Des généralistes de Vannes et des environs nous ont spontanément téléphoné ou écrit pour nous apporter leur soutien», indique le Dr Belle-Croix, urgentiste. «Je suis pour que les urgences de la clinique perdurent parce qu'elles sont indispensables; elles permettent de désengorger les urgences de l'hôpital qui sont très souvent débordées. ?? la clinique, l'attente n'est que d'environ une demi-heure quand il faut parfois attendre jusqu'à sixheures à l'hôpital», constate un médecin généraliste de Séné. «Pour les très grosses urgences, comme de graves accidents de la route et des problèmes cardiaques, il vaut mieux qu'un patient aille à l'hôpital, ajoute-t-il. Mais pour ce qui est chirurgical, pour les grosses plaies ou des intoxications alimentaires, le patient sera bien plus vite pris en charge à la clinique. 90% des pathologies des urgences peuvent être aussi bien traitées à la clinique qu'à l'hôpital».
«Je me suis préoccupé de vérifier une fois de plus que les conditions d'exercice d'un seul service permettent de répondre aux besoins. J'ai eu l'assurance des professionnels sur ce point», indique Antoine Perrin, patron de l'ARH. «Il ne faut pas céder aux sirènes alarmistes qui laissent penser que la population sera lésée», ajoute-t-il, en observant que «les urgences d'Océane ont fermé la nuit sans retentissement» sur celles de l'hôpital. «Le schéma de santé prévoit un seul service d'urgence et de réanimation par ville-pivot. ??a marche dans les autres territoires. Il n'y a aucune raison que ce soit différent à Vannes», ajoute Antoine Perrin qui précise que ce ne sont pas 15.000 passages de la clinique Océane qui vont être transférés vers l'hôpital dans la mesure où ceux-ci comprennent nombre de consultations médicales. «Si on laissait des services d'urgence se développer on ruinerait nos capacités financières aux dépens d'autres activités nécessaires», déclare Antoine Perrin. «Je ne peux déroger à ce principe et je préfère travailler à l'amélioration d'un seul service d'urgences». Le directeur de l'ARH indique qu'«un travail est en cours pour l'amélioration des urgences au centre hospitalier». Notamment en ce qui concerne l'accueil de manière à diminuer les temps d'attente. «La solution n'est pas de multiplier les urgences», dit-il.
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