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Pontivy

Sécurité. Des caméras ou pas ?

3 juillet 2009

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Évoquée lors du conseil municipal qui s'est tenu mercredi soir, la décision d'installer ou pas des caméras de surveillance dans le centre-ville n'a pas encore été arrêtée. Elle a, en revanche, déjà suscité des avis bien tranchés.

Y-aura-t-il des caméras de surveillance dans le centre-ville de Pontivy? Le sujet est particulièrement sensible et dans la cité pontivyenne comme ailleurs, il divise autant la population que les élus.

«Ne pas aller vers le tout sécuritaire»

S'il n'est pas question donc de se précipiter sur ce dossier, la volonté de «lutter contre les incivilités et les violences, en particulier en centre-ville», était toutefois inscrite dans le programme de l'équipe municipale en place qui entend bien honorer ses engagements. Pour tenter d'y parvenir, un groupe de travail spécifiquement dédié aux questions de sécurité sur la voie publique avait été mis en place à la fin de l'année dernière. Sa mission était claire: «établir un diagnostic et faire des propositions en s'appuyant, notamment, sur les témoignages des riverains et des plaignants, ainsi que sur les constatations de la police municipale et de la gendarmerie». Au fil des rencontres et des réunions, le groupe de travail présidé par le premier adjoint au maire, Henri Le Dorze, a donc arrêté des conclusions et proposé des axes de travail. Elles ont été présentées, mercredi soir, aux élus, lors de la séance du conseil municipal. S'ils y affirment leur volonté de «ne pas aller vers le tout sécurité et de continuer à développer des actions de préventions et de sensibilisation», ils préconisent, en revanche, la mise en oeuvre de la vidéo protection. Particulièrement prudent, le groupe propose, ainsi, «d'expérimenter des caméras dans deux ou trois secteurs sensibles (1), en concertation avec les riverains et pour une durée limitée de deux ou trois ans».

Une charte d'éthique

Bien conscient de ne pas connaître l'impact réel d'un tel dispositif, le groupe «tient à ce que cette démarche s'accompagne de la mise en place d'un comité de pilotage chargé d'élaborer une charte d'éthique et de veiller à son application (2)». Ce choix d'une «expérience test» semble satisfaire le groupe de l'opposition.

Deux ans d'essai

«Cette période de deux ans permettra de faire un choix ultérieur de maintien, d'extension ou de retrait, se réjouit Gérard Derrien. Un choix qui sera beaucoup plus objectif car basé sur le vécu des habitants et sur les résultats obtenus et non pas comme aujourd'hui, sur des positions trop tranchées, parfois dogmatiques, souvent peu objectives».

Les communistes veulent un référendum

Du côté des communistes, on émet en revanche des réserves concernant l'utilisation de caméras «qui peuvent porter atteinte à la vie privée et dont l'efficacité n'est toujours pas prouvée à ce jour». Conscients de la nécessité de trouver une solution adaptée, Marie-Madeleine Doré-Lucas se demande «s'il ne serait pas opportun de consulter la population par référendum, au nom de la démocratie locale et participative».

Décision le 23 septembre

Entre les «pros» et les «anti» caméras... le débat devrait donc, très largement, dépasser les traditionnels clivages entre la gauche et la droite. Mais mercredi, l'heure n'était pas encore au débat d'idées! «A ce stade, il est bien entendu que les conclusions du groupe de travail, et plus précisément les axes de travail qu'il préconise, sont des propositions soumises à notre réflexion, a tenu à rappeler le maire, Jean-Pierre Le Roch. Nous déciderons de la suite à leur donner en septembre, à l'issue de notre débat». Pour savoir si la ville décide ou non d'expérimenter la vidéo protection, il faudra patienter jusqu'à la prochaine séance du conseil municipal, programmée pour le 23septembre.

(1) À déterminer parmi ceux identifiés: rue Nationale, rue du Pont, place Bisson, rue d'Iéna, rue duCaire, rue Lammenais, rue Saint-Jory. (2) Les enregistrements des caméras ne pourront être consultés qu'en cas de dépôt de plainte ou de délit constaté par des personnes assermentées et seront détruits dans un laps de temps limité à moins d'un mois.

  • Dominique Perrot
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