6 mai 2009
La SBFM vit toujours. Hier, le tribunal de commerce de Lyon a prolongé de six mois la période d'observation et a reporté la date de dépôt des offres de reprise. Plus que jamais, l'Espagnol CIE Automotive est dans la course.
Le 5mai 2009 restera peut-être comme une date importante dans l'histoire de la SBFM. Celle qui a marqué un virage dans la vie chaotique de la fonderie caudanaise. Hier, le tribunal de commerce de Lyon a suivi les administrateurs dans leur demande et a repoussé la période d'observation de six mois. Il a également fixé au 15juin la date de dépôt des offres de reprise avec une décision intervenant le 30juin. Jusqu'ici, les Espagnols de CIE Automotive étaient les seuls candidats à la reprise. Hier, des représentants de la direction du groupe industriel basque étaient présents à Lyon, tout comme Renault qui avait fait le déplacement. Faut-il y voir le signe d'une réelle volonté de s'engager plus en avant? Richard Hervé de la CFE-CGC veut y croire. «CIE Automotive demande à Renault un engagement sur sept ans. Par ailleurs, il prévoit un investissement de 60MEUR, 20MEUR cette année et les 40 autres investis sur les quatre prochaines années. C'est un soulagement».
Prudence de la CGT
Pierre Le Ménahès de la CGT n'a pas tout à fait la même lecture. Il reste prudent et se souvient que l'arrivée de l'actionnaire italien Garro avait également été suivie d'un cortège de promesses toutes plus alléchantes les unes que les autres. Pour lui, l'industriel espagnol n'a peut-être pas les reins suffisamment solides pour reprendre la SBFM. «C'est un groupe endetté qui accuse une baisse d'activité de 50% cette année. Ce n'est pas rassurant». Mais dans le contexte actuel quel est l'industriel présent dans l'automobile qui n'accuse pas le coup?
Stratégique pour CIE Automotive
Il est vrai qu'annoncer 60MEUR d'investissements pose question. N'est-ce pas encore un effet d'annonce? Pour autant, CIE Automotive se présente comme un groupe stable. Présent dans tous les secteurs de l'automobile (du biocarburant à la fabrication de pièces de plastique) l'industriel basque compte 13.000 salariés répartis sur 57 sites dans le monde entier (Brésil, Mexique, États-Unis, Slovaquie...). Aujourd'hui, sa seule fonderie est au Brésil. En reprenant la SBFM, il en aurait une seconde en Europe (*). Si hier, il a demandé à Renault de s'engager à ces côtés sur sept ans, ce n'est pas anodin. Les deux industriels travaillent ensemble. Très clairement, CIE Automotive a le soutien de Renault, ce qui n'était pas le cas de l'Allemand Fritz Winter, un temps sur les rangs des repreneurs de la SBFM.
Renault joue la montre?
Pierre Le Ménahès aimerait croire en ces arguments, mais pour l'instant il se demande si le constructeur automobile français qui injecte chaque mois 1,5MEUR dans les caisses de la SBFM, n'est pas en train de jouer la montre. «Une dizaine de pièces que nous réalisons pour lui arrive en fin de vie cette année. Ensuite il pourrait être tenté de les faire construire ailleurs». Assurément, ce serait un coup dur pour la fonderie caudanaise. Et quand bien même l'industriel espagnol reprendrait la SBFM, cela ne pourrait pas se faire, selon le représentant de la CGT, sans un plan social. Ce qui est certain, c'est que la fonderie est encore en sursis.
(*) CIE Automotive a également fait une proposition de reprise de l'entreprise New Fabris, usineur, implanté à Châtellerault et propriété du groupe Garro, auquel appartenait la SBFM.
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