23 février 2009
Sera-t-il possible, dans les mois qui viennent, de continuer à déambuler sur les pontons des ports de plaisance lorientais ? C'est la question que l'on peut se poser après l'installation sur les pontons de l'estacade d'une barrière à code.
L'association des pêcheurs plaisanciers a fini par avoir gain de cause. La Sellor, le syndicat mixte chargé de la gestion des ports de la rade de Lorient (1), vient d'installer à l'entrée des pontons flambant neufs, tout juste posés au bout de l'estacade, à l'entrée du port de Lorient, une barrière flanquée d'un digicode. Installée en janvier, la barrière sera mise en service après la réception officielle des pontons en mars. Pour la première fois dans l'histoire des ports de plaisance de la rade, les pontons ne seront plus accessibles au commun des mortels.
Rassurer
Une décision destinée à sécuriser les voiliers qui y sont amarrés et à rassurer leurs propriétaires toujours prompts à s'inquiéter devols ou d'effractions éventuelles. Mais qui pose la question de l'accès à la mer. A la Sellor, on relativise la portée de cette nouveauté. «La décision a été prise, il y a plusieurs années, à la suite d'une série de vols qui ont eu lieu en 2004», explique Thierry Fréchier, directeur de la Sellor. Àl'époque, nous avions étudié, en liaison avec les services de police et les plaisanciers, les différentes possibilités permettant de sécuriser les pontons. Installer des caméras de surveillance? Du gardiennage? Il nous a semblé qu'un portail d'accès avec un code était la solution la plus légère.Elle semble rassurer les plaisanciers, même si, à titre personnel, je suis très réticent à ce genre d'installation. Les pontons font partie de l'espace public.Et des gens qui se baladent sur un ponton ne constituent pas une gêne.» Même réserve du côté du directeur des ports Brieuc Morin. L'installation d'une barrière à code à l'entrée des pontons de l'estacade est pour lui un système expérimental, en rien définitif. «Ces pontons sont certes situés dans le centre-ville, mais suffisamment à l'écart pour devoir être placés sous une surveillance particulière. En plus de la barrière à code, ils ont été équipés d'un système de projecteurs qui s'allument la nuit, grâce à une cellule détectant la chaleur d'un corps. La nuit, une forte lumière est tout aussi dissuasive qu'une barrière à code», pense Brieuc Morin.
«Convivial»
Lui aussi se défend de vouloir interdire l'accès des pontons au public. «Un port doit rester un endroit convivial,» plaide-t-il. «Le public y a toute sa place. Les gens doivent pouvoir s'approcher des bateaux et on doit leur permettre de le faire. Le papi qui a envie de lancer sa ligne du bord d'un ponton à l'estacade doit pouvoir continuer de le faire.» Aussi a-t-il décidé que, dans un premier temps, le code d'accès ne sera activé que la nuit. Le jour la barrière restera ouverte.
Seulement la nuit
Une réunion avec les plaisanciers sera organisée pour tirer le bilan de cette première. Il n'est pas certain qu'elle soit généralisée à l'avenir, à l'ensemble des ports de la rade. D'autres ports de la côte Atlantique ont sacrifié eux aussi aux besoins de sécurité des plaisanciers. Il suffit seulement de trouver le bon équilibre pour ne pas transformer les pontons lorientais en camps retranchés réservés pour des happy few.
(1) Lorient, Kernével, Base des sous-marins, Port-Louis, Gâvres et Guidel.
«Un port doit rester un endroit convivial. Le public y a toute sa place»
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