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L'idylle vire au cauchemar: deux mois avec sursis

6 mars 2009

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Un militaire se retrouvait, hier, devant le tribunal. Son ex-compagne avait porté plainte à plusieurs reprises pour violences conjugales. Lui s'en défend. Il a été condamné à deux mois avec sursis.

Trois plaintes en trois semaines

À la barre, le prévenu est calme, posé comme le militaire qu'il est. Il conteste être un homme violent. «Depuis que je suis adolescent, je me suis toujours interposé pour mettre fin aux bagarres». Sa compagne aurait imaginé toutes les violences. Cela faisait deux ans que le couple de jeunes quadragénaires se connaissait. En juillet2008, il s'installe dans une maison de Ploemeur avec leurs enfants respectifs. Très vite, la vie commune vire au cauchemar. En l'espace de trois semaines, la femme dépose plainte à trois reprises. Elle affirme que dans la soirée du 15août, il lui aurait coincé les doigts dans une porte et mis des coups de pied. Le 22août, il l'aurait poussée. Le 7septembre, elle aurait reçu un réfrigérateur sur les pieds... A l'appui des dépôts de plainte, elle fournit des certificats médicaux des urgences faisant état d'hématomes, d'une anxiété majeure, de grand stress, d'insomnies...

Un cauchemar au quotidien

Pour autant, le couple continue à cohabiter... jusqu'au 1erdécembre «pour des raisons financières». La femme raconte le cauchemar vécu avec ses enfants durant cette période. «On était tellement terrorisé qu'on allait tous ensemble aux toilettes!». Elle évoque aussi deux autres scènes se soldant par de nouvelles plaintes en novembre. La première femme du prévenu confirme, à la barre, avoir également été victime de violence de sa part. «La première fois, j'étais enceinte de notre fils, j'ai mis ça sur le compte de l'alcool... » Selon elle, leurs dix ans de mariage auraient été émaillés de claques, coups de pied, rapports sexuels imposés...

Un climat de haine

«Atterrant, affligeant, sidérant...», le président du tribunal est édifié. Il décrit «la ligne Maginot» tracée pour se partager la maison et la cloison en contre-plaqué installée pour délimiter le territoire respectif de chacun. L'avocate de la femme voit dans le prévenu «un grand manipulateur la faisant passer pour quelqu'un qui n'est pas bien psychologiquement». De l'autre côté, l'avocate du militaire parle «d'une femme hystérique et fragile». Elle plaide la relaxe de son client estimant qu'il y a «une cabale montée contre lui». Pour la substitut du procureur, «on est dans un climat intenable empreint d'une grande haine réciproque». Pour autant, elle n'en conclut pas à des violences physiques. «Une chose est sûre, c'est qu'il y a eu au moins des violences psychologiques vu la grande souffrance de la victime».

  • Christine Le Moing
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