6 juillet 2009
Vendredi, en fin de soirée, à la librairie Le Bateau à Lire, la pianiste Marie-Astrid Arnal Domingo et son complice, le comédien Erwan Badin, étaient Clara Wiek et Robert Schumann, tout au long d'un «concert lecture».
Les deux artistes ont lu les lettres échangées dans les années 1832-1838 par cet homme et cette femme qui n'ont qu'un désir: s'épouser envers et contre tout. Ils le feront, en 1840, à la majorité de Clara, contre l'avis obstiné du père de celle-ci. Clara Wiek est la fille d'un célèbre professeur de piano. Elle a 8 ans quand elle rencontre Robert Schumann qui en a 17. À 16ans, elle tombe amoureuse du compositeur. Son père Friedrich Wiek n'apprécie guère cette idylle, jugeant Robert indigne de sa fille. Dès lors s'engagera une vraie bataille, douloureuse pour les amoureux. Ils en sortiront vainqueurs mais à quel prix. Cet épisode douloureux accentuera sans doute la fragilité nerveuse de Robert, qui mourra à 46 ans. Entre1832 et1838, Clara et Robert échangent une émouvante correspondance teintée d'espoir et de désespoir. Clara, pianiste virtuose depuis sa plus tendre enfance, se produit sur les scènes allemandes. Robert, fils de libraire, écrit des romans, traduit des oeuvres, donne dans la critique littéraire et bien entendu compose. De tout cela, les amoureux parlent dans leurs lettres respectives. Mais le chagrin, le désespoir, de Robert en butte aux interdictions du père de Clara revient tel un leitmotiv dans pas mal de missives.
En costume d'époque
Dans la librairie quimpéroise, pianiste et comédien ont revêtu des costumes d'époque. Marie-Astrid Arnal Domingo, au piano, a joué une petite composition, sans doute, de Clara. Erwan Badin, lui, lisait les lettres du compositeur avec foi. Profitant du décor qui rappelait celui de Robert Schumann dans son enfance, les interprètes ont dissimulé des lettres entre les livres. De temps à autre, le comédien a tiré une missive d'un rayon sur lequel figurait parfois un portrait de Clara ou de Robert.
Des mots
«Aujourd'hui, je compose toute la musique que j'ai dans la tête», confie Robert. Plus loin, il avoue: «Je ne suis plus qu'une branche sans feuilles». «Je me consume et je n'en peux plus, avançons calmement». Le 8novembre 1837, Clara est fâchée «prenons patience», écrit-elle dans une lettre pleine de sagesse, étonnante pour une si jeune fille. Une heure et demie durant, on est sous le charme du piano qui égrène des musiques aux accents romantiques ou passionnés. Les deux interprètes ont un visible plaisir à faire exister leurs personnages et ils nous touchent vraiment. À noter Les deux comédiens cherchent des lieux pour jouer leur spectacle. Contact: akma-art@gmail.com
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