18 novembre 2008
La première quimpéroise du « Petit Chaperon Rouge », mis en scène par Tiphaine Piffault, a attiré, dimanche, à la MPT de Penhars, un très nombreux public, venu assister à cette nouvelle version du texte de Joël Pommerat.
Sur le plateau, Tiphaine Piffault et Vijaya Tassy interprètent respectivement la mère et la fille. Pour le moment, il est question des délicats rapports mère-fille. La maman, haut perchée, s'entoure d'un grand tissu rouge. Elle domine sa petite fille, qui comme tous les enfants du monde, gémit, râle sur son sort et, les jours de gros temps, se blottit dans un pan du tissu comme pour retrouver un instant la sécurité du ventre maternel.
Voici que quittant ce giron, Chaperon Rouge obtient, enfin, l'autorisation de visiter sa grand-mère.
Dans le bois, chemin faisant, elle « rencontre » son ombre. On sent chez la petite fille, lâchée dans cette nature peuplée de grands arbres, un brin d'inquiétude. Soudain, le loup est devant elle, noir de chez noir, mais accommodant. Plus qu'un animal prêt à dévorer la grand-mère et la petite fille, celui-ci est un symbole. Il représente, quelque part, l'inconnu qui fait peur, celui qui toute sa vie va mendier son pain. Il habite du côté noir et miséreux du monde, alors que la petite fille toute de blanc vêtue vit dans un confort certain. Leur rencontre est celles de deux mondes.
Les rapports au monde
Ce Chaperon Rouge met en avant les rapports mère-fille, parle de l'évolution d'une jeune enfant qui peu à peu conquiert sa liberté et découvre les dangers qui s'y rattachent. Le décor est d'une grande et belle simplicité. Trois couleurs y dominent, le rouge figurant le sang, la violence, le ventre maternel, le blanc symbole d'innocence, de pureté et le noir évoquant la crainte, la peur, l'inconnu.
Ce cadre aux lumières changeantes va comme un gant à Tiphaine Piffault et Vijaya Tassy, très justes dans leur jeu. À l'issue de la représentation, quelques parents, quelques enfants, demeurent dans la salle et engagent avec les comédiennes une intéressante discussion. Même si les mamans ont plus d'interrogations et de certitudes que les enfants, on devine l'émotion, le plaisir ressenti par tout le public. Finalement, cette pièce, si simple au premier abord, pose une foule de questions.
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