30 avril 2009
Festival Yakayalé, les 11 et 12avril à Quimper: 8.000 festivaliers investissaient le Pavillon, et prenaient leurs aises alentour, au grand dam des riverains et des commerçants. La municipalité, qui n'avait rien anticipé, réfléchit désormais à la gestion de tels événements.
Stationnements anarchiques, détritus jonchant les pelouses, restes de feux de camps, excréments dans les moindres recoins... Au lendemain du week-end des 11 et 12avril, le parc des expositions semblait se réveiller d'une rave-party. À la différence qu'il ne s'agissait pas d'un site désaffecté ou mis à disposition par la préfecture, mais bel et bien d'un lieu de vie et de travail, fortement perturbé par le joyeux capharnaüm. Les plaintes des riverains n'ont pas manqué et, lors du conseil municipal de vendredi dernier, l'opposition, par la voix de Marcelle Ramonet, s'en est fait l'écho: «Quelles mesures allez-vous prendre après les déprédations commises aux abords des commerces de Penvillers?», a questionné l'élue.
«La ville ne doit pas être hostile aux jeunes»
Armelle Huruguen, adjointe à la jeunesse et à la cohésion sociale et urbaine, qui s'était rendue sur place les deux soirs du festival, ainsi que le dimanche matin, n'a pas cherché à esquiver: «Je crois qu'il faut savoir reconnaître que ces dernières années, nous n'avons pas été en ordre de marche pour accueillir des événements de cette nature. Nous avons été défaillants. Nos interventions ont été davantage techniques, plutôt que de nous demander: que veut dire accueillir des jeunes dans cette ville quand ils ont à y dormir? Nous avons à y réfléchir. On ne peut laisser un organisateur privé seul sur ces questions». Bernard Poignant a renchéri: «Il faut améliorer notre collaboration, y compris avec la police. La ville ne doit pas être hostile aux jeunes. Cela suppose aussi une amélioration pour les riverains, pour que la population soit rassurée».
«Organiser la réponse publique»
À l'aune de ces prises de position, une quinzaine de personnes, élus et personnels municipaux, se sont réunies, hier, en mairie. Un principe y a été réaffirmé: «La Ville veut continuer à accueillir des manifestations comme Yakayalé. Et pour cela, il faut travailler l'accueil. Cela aura un coût. Ça peut mixer plusieurs approches, avec les commerçants, le monde économique... Il faut conjuguer le tout au mieux», pose Armelle Huruguen. La table ronde a également permis d'esquisser quelques pistes de travail internes: «Nous devons mettre la direction de la culture, de l'environnement, de la voirie au même niveau d'information. Il y a eu des défaillances», reprend-t-elle. D'autres projets ont été évoqués, notamment une volonté de partenariat avec les organisateurs privés. «Je sais qu'ils sont en attente». Des dispositifs de prévention vont être étudiés. «Par exemple, des propositions alternatives à l'alcool que proposent les marchands ambulants. Il faut tisser des relations avec des acteurs qui interviennent sur les conduites à risques». Quant à la propreté des lieux, Armelle Huruguen veut inventer de nouvelles réponses: «La balayeuse ne pourra jamais slalomer entre les voitures... mais les jeunes que nous avons rencontrés nous demandaient des sacs poubelles... Peut-être pouvons-nous envisager de déposer un sac devant chaque voiture, avec un mot de bienvenue. La réponse publique doit être organisée pour que les nuisances soient moindres».
«Ces dernières années, nous n'avons pas été en ordre de marche pour accueillir des événements de cette nature»
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