13 mai 2009
Une journée pour rien pour la CGT. Le syndicat majoritaire de Cummins Filtration a quitté hier après-midi la réunion de travail organisée par la direction. Elle maintient le blocage du site, malgré la demande de levée et annonce un durcissement des actions.
10h. Les délégués du comité d'entreprise (CE) de la CGT, de la CFE-CGC et de la CFDT entrent dans les locaux de l'entreprise pour participer à la réunion de travail annoncée la veille au soir par la direction. 11h10. Les délégués CGT interrompent la séance et sortent. «Il n'y a rien. La direction nous endort», annonce Franck Couton. Le syndicat se réunit en salle syndicale, «nous avons invité les autres syndicats», explique-t-il. 11h15. CFE-CGC et CFDT sortent à leur tour. «La direction a demandé la levée du blocage du site à 16h», annonce le syndicat de l'encadrement. «La direction ne veut pas revenir sur le nombre des 58 licenciés, elle compte sur les départs volontaires et le temps partiel. Elle parle d'une indemnisation moyenne de 50.000 EUR par personne et se dit prête à revoir certaines indemnités. On ne se fait pas trop d'illusions», poursuit-il. Les divisions syndicales se font jour. La CGT maintient sa revendication d'une prime de 2.000 EUR pour tous au titre de la «flexibilité et de la polyvalence demandée depuis six mois avec le départ de 120 intérimaires». CFE-CGC et CFDT ne soutiennent pas cette demande. 11h30. Soixante à 80 salariés d'Asteel (Douarnenez) arrivent sur le site. En manifestant, ils scandent «Cummins-Asteel, même combat». Peu à peu arrivent des délégués CGT de l'Union locale, de la fédération des métaux, de Jabil (Brest), Livbag (Pont-de-Buis), Serop (Briec) et des militants. Midi. Les syndicats jugent de façon unanime «totalement insuffisantes» les propositions de la direction. Selon le cabinet d'expertise Syndex, la somme globale allouée pour le plan social est de 2,9MEUR dont 1,2MEUR consacré à l'indemnisation des licenciements. Selon les syndicats, le plan nécessite une enveloppe de 7MEUR. Ils demandent à la direction de préciser le montant global. 12h30. Moment de flottement et de conciliabules en petits groupes. En aparté, des responsables CGT proposent la séquestration du directeur. Jean-René Mouttet ne le sait pas, mais il échappe à cette action grâce au refus de Franck Couton, le délégué CGT de l'entreprise. 14h. La réunion reprend. 15h05. Les élus CGT quittent la réunion de travail. «La direction a annoncé une enveloppe de 3,4MEUR, soit 62.000EUR en moyenne par personne. Elle n'a rien annoncé de plus que jeudi dernier», tempête le leader CGT. «Elle dit qu'elle ne bougera pas cette enveloppe. Elle propose éventuellement une répartition différente entre les indemnités de licenciements et celles de reclassements. La CGT refuse de continuer à discuter avec cette direction, elle est odieuse», lance-t-il. «Avec ce qu'elle propose, les gens vont être dans la rue dans deux mois», ajoute un délégué. «Il nous faut les moyens pour les licenciements, pour les formations et les reclassements, c'est ça, un plan de sauvegarde de l'emploi. La direction veut se séparer du personnel sans octroyer de moyens», précise Séverine Bourlas, secrétaire adjointe du comité d'entreprise. 15h30. «La CGT considère qu'il faut maintenir le blocage», annonce au personnel F.Couton. Deux votes a main levée entérinent la poursuite de la grève et du blocage sans attendre [EMPTYTAG]16h. [/EMPTYTAG]«Le blocus met la pression à la direction, il risque d'y avoir d'autres actions. Il va falloir qu'on soit plus virulent», précise-t-il. 16h30. Restées à la réunion de travail, la CFE-CGC et la CFDT quittent la salle pour une interruption de séance. «Les syndicats ont demandé à la direction des simulations précises des indemnités selon les postes de travail», explique la CFDT. 18h. C'est l'heure prévue de la reprise de la réunion.
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