5 mai 2009
Nº3 français du saumon fumé, nº1 en marque de distributeur, Meralliance (Armoric) à Quimper s'est lancé dans le poisson sauvage fumé fin 2008. Avec le label MSC (Marine Stewardship council) pour une pêche durable et responsable.
Respecter la biodiversité des espèces, prendre en compte les méthodes de pêche et les bonnes pratiques. Tels sont les critères de gestion de la ressource édités par MSC, créé par l'ONG WWF en association avec le géant agroalimentaire, Unilever. «Nous ne prélevons pas de poissons qui se raréfient et les stocks sont évalués tous les ans», explique Aurélie Davenel, responsable matières premières et laboratoire. La société a ainsi déréférencé le flétan. «La pêche se fait à la ligne comme pour l'églefin. Nous travaillons avec des pêcheries industrielles norvégiennes et espagnoles. Sauf le saumon rouge du Pacifique qui se pratique au filet avec une pêcherie certifiée», complète Gilles Charpentier, le P-DG de Meralliance (1).
Renoncement à certaines espèces
La société a ajouté trois autrescritères. D'abord la toxicologie et la prise en compte du risque mercure. «Nous sélectionnons les zones de pêche voiredes sous-zones selon les informations de la FAO», explique-t-il. Meralliance a aussi renoncé à certaines espèces comme l'espadon et le marlin selon des recommandations de l'AFFSA (Agence française de sécurité alimentaire). Le premier a été remplacé par le wahoo, le second par le marlin rayé. L'entreprise a encore ajouté un contrôle de la fraîcheur et la congélation des poissons à bord des navires de pêche. «Cela nous a demandé un an de mise en place. Notre démarche a été reconnue en septembre2008 et est certifiée par le cabinet Véritas», commente-t-il. 400 tonnes de poissons sauvages sont ainsi transformées dans l'unité quimpéroise. Une petite production donc au regard des 4.300 tonnes de saumon fumé, dont 200 tonnes en Label rouge (2). «Le poisson sous toutes ses formes a sa place, il y a un marché pour le poisson sauvagesi on le revisite. Nous, on l'a modernisé», affirme G.Charpentier. Et la démarche n'est pas philanthropique. «Je ne vends pas un produit, je vends un concept durable. Quand je vais voir la grande distribution, je ne lui vends pas un poisson mais une gamme certifiée Véritas. Je lui dis de la mettre sous son emballage, toute la sélection a déjà été faite par nous».
«Pas pour faire plaisir»
«D'avoir toujours un cran d'avance, c'est aussi notre façon de rendre l'entreprise durable. C'est un business qui tombe bien car il se fait sur des principes éthiques», ajoute-t-il. Tout comme le saumon fumé d'élevage n'a aucun lien avec la pêche cornouaillaise ou bretonne, cette gamme sauvage est-elle vouée à vivre sans contact avec la filière? «Nous sommes en train de mettre en place des références de merlu, de julienne, de lieu jaune, de sardine à la bolinche pour compléter notre gamme. C'est une perspective de deux ans au minimum. Je ne le fais pas pour faire plaisir mais parce que les consommateurs sont sensibles à la façon dont le poisson a été pêché localement. Cela se travaille dès aujourd'hui avec des gens qui accepteront nos critères».
(1) Meralliance compte un site de production à Quimper, un de logistique à Landivisiau et une usine en Pologne pour le saumon premier prix. Le groupe emploi 530 personnes pour un chiffre d'affaires de 80millions d'euros. (2) Meralliance a créé une nouvelle référence «Label rouge» reconnue par les pouvoirs publics.
«Je ne vends pas un produit, je vends un concept durable...»
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