6 juillet 2009
Vingt-deux monstres d'acier se sont affrontés hier, pour une manche du championnat de France de tracteur-pulling à Pouldreuzic.
Le Redoutable, le Dominator, le Foudroyeur... Non, ce ne sont pas les nouveaux sous-marins nucléaires de la Marine française, mais bien trois des machines qui participaient, hier, à une manche du championnat de France de tracteur-pulling à Pouldreuzic. Des machines ou des engins plutôt que des tracteurs à proprement dit, car beaucoup en ont complètement perdu l'aspect, tant ils ont été modifiés. Leur plus gros changement réside sous le capot. Des moteurs surpuissants (jusqu'à 9.000 chevaux), parfois remplacés par des turbines d'hélicoptère, des moteurs de chars ou même d'avion. Dans le public, un cache oreilles vissé sur la tête, Théo, 10 ans, est impressionné: «Ça me fait un peu peur parce que ça fait beaucoup de bruit et quand le tracteur passe, le sol bouge!» À chaque passage d'un de ces engins venus d'ailleurs, c'est le même rituel: le pilote s'avance et se prépare à se lancer, on attache la remorque de plusieurs tonnes à l'arrière de la machine infernale, le moteur ronronne, gronde, vrombit, crache parfois quelques nuages de fumée... Et c'est parti pour un sprint de cent mètres. Pour certains, la course s'arrête avant même d'avoir commencé. Les plus puissants avalent la piste sans sourciller, sans un vacarme assourdissant et réalisent alors un full-pull. Il y a 20 ans, quand la discipline est apparue en France, la plupart des pilotes étaient issus du milieu agricole, «de moins en moins désormais», atteste Émile Fontaine, président de la Fédération française de tracteur-pulling, qui assurait, hier, l'animation de l'événement. Aujourd'hui, les pilotes roulent des mécaniques partout en France pour le simple plaisir de la compétition. «Il y a une des machines qui a fait une course hier, en Hollande, et qui est arrivée ce matin», s'amuse Yves Cohan, président du comité des fêtes de Pouldreuzic, organisateur de l'événement. Le comité des fêtes attendait 4.000 personnes, un peu plus de 3.000 sont venues, «c'est tout de même une vraie réussite, c'était vraiment du grand spectacle», conclut, un sanglot dans la voix, Yves Cohant, lui qui a pris sa retraite à l'issue de cet événement.
À noter qu'en fin de journée, un pilote a été légèrement blessé et pris en charge par la Croix-Rouge.
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