5 mai 2009
Malmenées par les plans de casse, les entreprises de réparation navale résistent. À Treffiagat, la société Mao a fait le choix de la diversification vers la plaisance.
Le bâtiment a permis de lancer des bateaux pour la pêche, il y a déjà bien longtemps. Depuis quelques semaines, l'ancien chantier des charpentiers associés revit à Treffiagat. Les pieds dans l'eau au bord de l'arrière-port, il vient d'être rénové par l'entreprise de peinture de Dominique Mao. Un investissement en forme de pari sur l'avenir. Comme la majorité de la trentaine d'entreprises de construction et de réparation navale du Pays bigouden, celle de Dominique Mao enregistre une baisse de son activité. «Toute la filière pêche est touchée. Cela représente une baisse du chiffre d'affaires de près de 10% pour nous», témoigne le chef d'entreprise. Conséquence: le recours à l'emploi intérimaire n'est plus que ponctuel.
400m² pour la plaisance
«Il faut pourtant savoir investir dans les moments difficiles», poursuit-il. Sans attendre le projet de réhabilitation de l'arrière-port pour la plaisance, l'entreprise vient d'ajouter à ses spécialités le carénage et l'hivernage de bateaux de plaisance. Une activité développée dans les 400m² du nouveau bâtiment. Elle répond à l'étude lancée par les deux municipalités de Treffiagat et du Guilvinec qui avait fait du développement de la plaisance un argument de leurs campagnes électorales. Pour l'entreprise, le principal objectif est de maintenir ses treize emplois. «Dans le cas contraire, la profession risque de perdre son savoir-faire», souligne le chef d'entreprise, également président de l'interprofession des ports bigoudens.
La pêche d'abord
La pêche conserve d'ailleurs sa position de pilier de l'économie de ces entreprises. Pour Dominique Mao, «elle représente près de 80% de notre chiffre d'affaires». Sous-traitant de plusieurs chantiers de construction et de réparation navale, l'entreprise y maintient pour l'heure un bon niveau d'activité. Et pas seulement pour les navires de transports de passagers de chez Gléhen. Elle participe actuellement aux deux chantiers de transformations de chalutiers en caseyeurs, chez Gléhen comme au chantier de Saint-Guénolé. Un niveau d'activité que le nouvel élévateur de Treffiagat pourrait contribuer à maintenir l'an prochain. Peut-être pas suffisamment à la basse saison d'hiver. L'entretien et l'hivernage de bateaux de plaisance pourraient alors apparaître comme un bon choix de diversification.
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