14 novembre 2008
La poignée de producteurs laitiers rassemblée aux portes d'Entremont, hier, n'a pas caché sa colère.Ce sera donc 285 . C'est le prix fixé, mardi par Entremont, pour 1.000 litres de laits achetés en octobre. Loin des 350 du mois de septembre, loin des espérances des producteurs centre-bretons. « Ça représente 1.950 de perte, sur un mois, pour quelqu'un qui produit 30.000 litres. C'est énorme, inacceptable », tonne François Le Bihan, producteur à Maël-Carhaix.
Il regrette la faiblesse de la mobilisation d'hier. « Si ces chiffres ne font pas réagir, on est mal. Mais c'est quand la paie va tomber que ça fera vraiment mal. Là, les producteurs seront devant le fait accompli, et ça sera autre chose ».
Ils n'étaient en effet qu'une poignée, hier midi, à se rassembler devant l'usine Entremont. Un mouvement qui prolonge celui de lundi, où une trentaine de producteurs s'était mobilisée. Leurs revendications restent les mêmes : le refus de cette baisse de 300 à 285 , et le paiement des 27 pour 1.000 litres promis pour le deuxième trimestre 2008.
« Des drames humains
à craindre »
« Les autres laiteries tablent sur plus de 300 pour octobre : Lactalis promet 311, Coopagri 306. Mais Entremont, lui, a retiré sa production principale, l'emmental, de son barème d'achat, ce qui conduit à un prix injuste. Les centrales d'achat ont aussi leur responsabilité dans cette situation, en faisant des marges énormes sur les produits transformés. Résultat, on ne pourra bientôt plus vivre et faire vivre notre entreprise, s'émeut Martine Mell, représentante de la coopération rurale.
« 40 % des producteurs ont jusqu'à la fin décembre 2009 pour réaliser des mises aux normes obligatoires. Avec ces prix, ils ne pourront pas y arriver ». « Beaucoup vont devoir jeter l'éponge, il y a des drames humains à craindre », prolonge François Le Bris.
Cette colère, les producteurs ont pu l'exprimer directement aux administrateurs d'Entremont, aux portes de l'entreprise. Le ton est vite monté, et l'échange d'arguments s'est perdu en dialogue de sourds. « On achète à 285 à cause du marché, du prix de vente du produit. En un an, le prix de vente du beurre a diminué de moitié. Et c'est pareil partout », défend Jacques Miniou, responsable du service production.
Une grève de livraison ?
Les producteurs n'en démordent pas, ils reviendront prochainement sur le site carhaisien. Hier, aucune nouvelle action n'était encore programmée. « Je suis prête à faire une grève de livraison s'il le faut », avance Martinen Mell.
« Notre seule réponse, c'est le dialogue, pour leur faire entendre la situation », explique quant à lui Pierre Le Corre, directeur de l'usine. Il espère ne pas revivre les débordements d'août dernier : « Les outils de transformation sont aussi leurs outils ».
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