6 mars 2009
C'est sous les applaudissements qu'ils ont fait leur entrée dans le lycée. Emmanuel Quéméner et Emilie Le Gaz rentraient tout droit du Maroc et du 4 L Trophy.
La pluie, sur les routes du retour, avait effacé les dernières traces du sable du Maroc sur leur «bolide», à peine fatigué. Mais hier, vers 13h30, quand les deux lycéens engagés sur le 4L Trophy ont franchi les portes de leur établissement, c'est en héros tout droit sortis du désert qu'ils ont été accueillis.
L'embrayage lâche
Pourtant, le retour a été plutôt homérique. À 40km de Madrid, à Aranjuez, l'embrayage lâche. Les deux lycéens ne parlent pas espagnol et sortent d'un rallye des plus éprouvants. «On a fini par trouver un garagiste très sympa, souffle Emmanuel Quéméner, pilote de la 4L. Il ne parlait ni français ni anglais, mais on a réussi à se comprendre avec des gestes. Il a vu que notre démarche était humanitaire, du coup, il s'est débrouillé pour avoir la pièce en quatre heures». Et même fait une ristourne sur la facture. C'était le dernier incident d'un périple qui a gardé le goût d'une aventure inoubliable. Lancé le 19février, le rallye-raid engageait plus de 2.000 étudiants sur un parcours de quelque 6.000km, dont une partie dans le désert du Maroc.
Plus gros kilométrage du peloton
Sur la ligne de départ, l'équipage carhaisien fait presque figure de parent pauvre. «Notre 4L était celle qui affichait le plus gros kilométrage, avec 195.000 bornes», sourit Emmanuel. Mais grâce au coup de main des étudiants section mécanique auto, le véhicule en paraissait moitié moins. À leurs côtés, certains avaient installé de véritables moteurs de voiture de courses sous le capot! Mais les Carhaisiens n'ont pas été ridicules, loin de là, terminant à la 286e place, sur 1.044 voitures au départ.
80kg de dons aux enfants
Pourtant, les Carhaisiens n'ont pas été épargnés par les galères. Crevaisons à répétition, amortisseurs, cardan et carburateur morts... La 4L a souffert. «Je ne pensais pas qu'elle résisterait à autant de chocs dans les dunes», s'étonne encore Emmanuel. Sur le plan de la générosité, le duo avait également sa place dans le peloton de tête. «On a livré 80kg de fournitures pour les enfants défavorisés, contre 60 en moyenne pour les autres», témoigne Émilie Le Caz, copilote émérite. Elle ne retient «que du positif», de cette «aventure unique, humaine avant tout». Plus que la course en elle-même, les deux lycéens garderont en mémoire les rencontres qui ont jalonné l'aventure. «On a rejoint un village, éloigné de 159km de la ville la plus proche. Il fallait six heures de voiture pour faire cette distance. Arrivé là-bas, j'ai proposé des bonbons à un enfant. Il m'a répondu qu'il aurait préféré une bouteille d'eau», se souvient Emmanuel. Une histoire parmi tant d'autres qu'il aura à peine le temps de digérer et raconter. Car ce matin, une autre aventure reprend: les cours au lycée.
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