11 mai 2009
L'Association départementale des amis et parents de personnes ayant un handicap mental (Adapei) organise une réunion inédite d'information, demain à Saint-Martin-des-Champs.
François Cueff, a
dministrateur de l'Adapei, Anne Uguen, militante et Noël Derrien, délégué de l'antenne morlaisienne, expliquent ce qui les a motivés à proposer cette rencontre, organisée en présence de Marie Le Bihan, une jeune maman elle-même concernée par le handicap mental de son enfant.
Pourquoi ce besoin de réunir de jeunes parents «d'enfants différents», comme vous l'écrivez sur l'invitation? On s'est aperçus dans nos contacts respectifs avec les familles concernées par le handicap, que les jeunes parents étaient bien souvent désarçonnés. Il y a ceux qui assument tout de suite l'idée de la différence et deviennent immédiatement revendicatifs, se basant sur la loi de 2005 (qui donne le droit à une scolarisation, accompagnée, en milieu ordinaire). Mais il y en a beaucoup d'autres qui, avant qu'un diagnostic ne soit clairement posé, restent isolées et manquent souvent d'informations. Ce sont elles, bien entendu, que l'on souhaite toucher en priorité.
Échanger est à vos yeux prioritaire pour pouvoir faire face? François Cueff: je crois même que c'est essentiel. Je suis maintenant le (vieux!)
père d'un enfant trisomique de 38 ans. Je suis venu travailler à Morlaix aux ans de mon fils pour qu'il soit pris en charge au CAMSP de Kérozal. Pendant quatre ans, il a passé ses journées dans la structure, qui n'existe plus en tant que telle aujourd'hui. Ma femme et moi avions beaucoup apprécié cette solution, à l'époque, car elle nous avait notamment permis de rencontrer d'autres parents. Désormais, les prises en charge se font davantage en milieu ouvert, ce qui présente d'autres avantages. Mais les approches étant plus individuelles, les parents - qui plus est jeunes et découvrant le handicap - ont moins souvent l'occasion d'être confrontés aux expériences des autres.
Quel message délivreriez-vous, avec le recul? Noël Derrien: on ne vient surtout pas en donneurs de leçon, on ne peut pas répondre à tout et avançons, en la matière, avec prudence. Nous serons là, en revanche, pour fournir quelques informations et bons conseils. Le témoignage de Marie Le Bihan, une autre maman directement concernée par le handicap et adhérente de l'Adapei, peut également éclairer les jeunes générations, dont nous ne sommes plus! Mon fils a aujourd'hui 40ans. Il est né avec une déficience légère. Mais à force d'éviter le mot de handicap, et de me dire que son état pourrait s'améliorer à l'âge adulte, j'ai mis beaucoup de temps à admettre la réalité. C'est seulement le jour de ses 20ans que j'ai réalisé qu'il n'intégrerait pas un milieu professionnel ordinaire. Avec le recul, j'aurais préféré qu'on me le dise clairement bien plus tôt...
Pratique Rencontre de l'Adapei à destination des jeunes parents, demain à 20h30, salle de l'OMS (derrière le collège Tanguy-Prigent) à Saint-Martin-des-Champs. Entrée libre. Renseignements: tél.02.98.88.62.85
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